L’iPad Air M4 embarque un M4… mais pas celui que tu crois. Apple a collé dans l’Air la variante la moins musclée de sa puce, avec un CPU 8 curs (3 curs performance et 5 curs efficacité) et un GPU 9 curs. Sur le papier, ça reste costaud. Dans la hiérarchie Apple, c’est quand même le M4 « binned », celui où il manque des curs par rapport aux versions plus haut de gamme.
Les premiers benchmarks le confirment noir sur blanc. En single-core, l’Air s’en sort très bien, avec une moyenne autour de 3 576 points, soit +17,3 % par rapport à l’iPad Air M3. Mais en multi-core, il plafonne autour de 12 591 points, +7,9 % seulement. Et surtout, il reste derrière l’iPad Pro M4, qui tourne plutôt vers 13 500 à 13 800 points. Tu sens l’écart quand tu empiles les tâches lourdes.
Le M4 de l’iPad Air n’est pas celui de l’iPad Pro
Apple a gardé le nom « M4 » pour tout le monde, mais les chiffres racontent une autre histoire. Dans l’iPad Air, tu as un CPU 8 curs, découpé en 3 curs performance et 5 curs efficacité. Le GPU, lui, est à 9 curs. C’est littéralement la plus petite déclinaison connue de M4 dans la gamme iPad récente. Et oui, c’est un choix produit, pas un accident.
En face, l’iPad Pro M4 peut monter jusqu’à 10 curs CPU et 10 curs GPU selon la configuration. Même sur des versions moins hautes, il y a eu des variantes avec plus de curs côté CPU et GPU que l’Air. Résultat, tu te retrouves avec deux appareils qui affichent « M4 » dans la fiche technique, mais qui n’ont pas la même réserve de puissance quand tout tourne en même temps.
Le truc c’est que cette pratique n’est pas nouvelle. Apple fait ça depuis des années avec le « binning »: certains dies sortent de production avec un ou deux curs qui ne passent pas les critères, ou bien Apple décide de segmenter. Du coup, ces puces finissent dans un produit moins cher, avec un nom identique mais des unités désactivées. Ce n’est pas un scandale en soi, c’est juste un détail qui change la lecture du marketing.
Marc, développeur iOS que j’ai eu au téléphone, résume ça simplement: « Quand je lis M4, je pense Pro. Là, on a un M4 Air. Pour du SwiftUI et des builds légers, ça ira. Pour compiler un gros projet, lancer un simulateur, exporter une vidéo, tu vas sentir que tu n’as pas le même plafond. » Ce n’est pas une question de fluidité au quotidien, c’est une question de marge.
Benchmarks Geekbench: très bon en single-core, moins sexy en multi-core
Les premiers passages sur Geekbench donnent un tableau assez clair. En single-core, l’iPad Air M4 tourne autour de 3 576 points en moyenne, avec des scores observés à 3 438 et 3 714. C’est une hausse de 17,3 % face à l’iPad Air M3, qui était à environ 3 048 points. Pour tout ce qui est réactivité, ouverture d’apps, petites tâches, c’est exactement le genre de chiffre qui se ressent.
En multi-core, l’histoire est moins spectaculaire. On parle d’une moyenne autour de 12 591 points, avec des scores relevés à 12 885 et 12 296. Face au M3, qui tournait à environ 11 667 points, ça fait +7,9 %. C’est une progression, oui. Mais ça ne ressemble pas au grand saut que certains attendaient en voyant « M4 » débarquer sur un produit plus abordable.
Le plus intéressant, c’est la comparaison interne. L’iPad Pro M4, lui, grimpe vers 13 500 points, parfois 13 800 selon les configs. On parle d’un avantage d’environ 10 % en multi-core, et aussi d’un petit plus en single-core, autour de 3 800 points. Dit autrement: l’Air est vif, mais le Pro garde l’avance dès que tu charges la mule. Et sur iPadOS, charger la mule arrive plus vite qu’on ne croit.
Une nuance importante, parce que les chiffres font parfois paniquer pour rien. Beaucoup d’actions iPad sont dominées par le single-core: navigation, UI, retouche légère, prise de notes, même une partie du montage simple. Donc tu peux très bien vivre avec un multi-core un peu derrière. Mais si ton usage, c’est export vidéo, rendu 3D, grosses sessions photo, ou multitâche agressif, le multi-core et le GPU deviennent ton quotidien, pas un cas rare.
GPU 9 curs: le gap se voit sur Metal, 3D et montage
Le GPU à 9 curs, c’est l’autre point qui pique. Sur l’iPad Pro, tu peux avoir jusqu’à 10 curs GPU. Un cur de moins, sur le papier, ça fait sourire. Sauf que sur des workloads Metal, sur des apps qui tapent vraiment le GPU, ça peut faire la différence entre « ça passe crème » et « ça passe mais ça souffle », surtout quand tu ajoutes des effets, des couches, ou du rendu temps réel.
Apple met quand même en avant des fonctions graphiques modernes, comme le ray tracing et le mesh shading, et des gains annoncés très forts face à l’iPad Air M1, avec des rendus 3D jusqu’à quatre fois plus rapides. Si tu viens d’un M1, tu vas voir un vrai bond, pas de débat. Le souci, c’est la comparaison à prix voisin dans la gamme: quand tu hésites entre Air et Pro, tu ne compares pas au M1, tu compares au Pro.
Prends un exemple concret. Sur Final Cut Pro ou Pixelmator Pro, tu peux monter une vidéo 4K, ajouter un étalonnage, un flou, deux titres animés, et un export. Sur l’Air M4, ça va tourner. Mais si tu fais ça tous les jours, la question devient: combien de temps tu gagnes, et combien de marge tu as avant que l’interface commence à être moins confortable quand tu empiles les effets. Un GPU un peu plus large, ça sert précisément à ça.
Autre cas typique: les applis 3D et les visualisations. Un architecte qui fait défiler un modèle, un étudiant en design qui teste des matériaux, un créateur qui bosse sur des scènes lourdes. Le GPU, c’est le nerf de la guerre. Et là, le « M4 » de l’Air te rappelle qu’il est placé juste en dessous. Ce n’est pas honteux, c’est juste segmenté, et Apple n’a jamais fait semblant de ne pas segmenter.
12 Go de RAM et 120 Go/s: le vrai boost pour iPadOS 26
Le détail qui change la vie, c’est peut-être moins le CPU que la mémoire. L’iPad Air passe à 12 Go de RAM unifiée, avec une bande passante annoncée à 120 Go/s. Pour beaucoup, c’est plus parlant que « un cur GPU de moins ». Parce que sur iPadOS 26, le multitâche multi-fenêtres, les apps lourdes ouvertes en même temps, et les gros fichiers, ça peut vite devenir le facteur limitant.
Concrètement, 12 Go, ça veut dire plus de marge avant que le système ne recharge des onglets, ne purge des apps, ou ne te fasse perdre le fil d’un projet. Tu as ton navigateur avec 15 onglets, un PDF de 300 pages, une app de notes, un outil de retouche, et un lecteur vidéo. Sur 8 Go, ça peut déjà passer, mais tu sens parfois les limites. Sur 12 Go, tu respires. Et ça, au quotidien, c’est tangible.
Il y a aussi l’angle IA. Apple pousse son Neural Engine à 16 curs et insiste sur des gains face au M1, avec une promesse de Neural Engine « trois fois plus rapide » que sur l’iPad Air M1. Sans rentrer dans le fantasme, ça colle à une réalité: les fonctions d’IA, même quand elles sont « assistées », bouffent de la mémoire et de la bande passante. Du coup, la RAM devient un argument presque plus sérieux que le multi-core Geekbench.
Sophie, monteuse freelance, m’a raconté son arbitrage: « Je m’en fiche d’avoir 10 % de moins en multi-core si j’ai 12 Go et que je peux garder mon projet ouvert, mes rushs, et mes apps sans rechargement. » C’est une phrase qui résume bien le dilemme. Apple te vend un Air plus polyvalent et plus stable en multitâche, mais garde le Pro comme machine de perf brute. Et ça se voit dans les choix de puce.
Pourquoi Apple castre l’Air: segmentation, prix et confusion
La raison la plus simple, c’est la segmentation. L’iPad Air doit rester un « milieu de gamme » dans l’écosystème, même avec une puce de génération récente. Apple garde le Pro comme vitrine technologique, et le prix comme barrière. Donc tu donnes à l’Air un M4 qui impressionne sur l’étiquette, mais tu limites assez la bête pour que le Pro garde une avance nette sur les tâches lourdes.
Le bénéfice pour Apple, c’est double. D’abord, tu récupères des puces qui ne rentrent pas dans les critères des modèles les plus rapides, ou tu organises la production de façon à avoir plusieurs paliers. Ensuite, tu simplifies le discours marketing: « Air = M4 ». Sauf que côté client, ça crée une confusion facile. Beaucoup de gens ne vont pas lire « 8 curs CPU, 9 curs GPU », ils vont lire « M4 », point.
Et c’est là que la critique est légitime. Pas parce que l’iPad Air M4 serait lent, loin de là. Mais parce que l’étiquette M4 devient un parapluie qui cache des variantes. Quand tu payes, tu compares, tu hésites, tu veux comprendre. Là, il faut aller gratter les specs, regarder des benchmarks, et réaliser que le « M4 » de l’Air est une marche en dessous. C’est un peu le jeu, mais c’est un jeu où Apple a les cartes.
Du coup, la vraie question pour toi, c’est l’usage. Si tu fais surtout du web, de la bureautique, de la prise de notes, du dessin, un peu de montage, tu vas profiter du single-core solide et de la RAM à 12 Go. Si tu vis dans Final Cut Pro, dans la 3D, dans des exports réguliers, ou si tu veux juste la machine qui garde de la marge pendant trois ans, l’iPad Pro M4 reste devant, et pas juste sur une fiche Geekbench.
À retenir
- L’iPad Air M4 utilise la variante la moins puissante du M4 : CPU 8 cœurs (3P+5E) et GPU 9 cœurs.
- En Geekbench, il progresse fort en single-core (+17,3 % vs M3) mais moins en multi-core (+7,9 %).
- Face à l’iPad Pro M4, l’Air reste derrière en multi-core, avec environ 10 % d’écart.
- Le passage à 12 Go de RAM et 120 Go/s peut peser plus lourd que le débat sur un cœur GPU.
- Apple segmente clairement : l’Air est polyvalent, le Pro garde la perf brute et la marge.
Questions fréquentes
L’iPad Air M4 est-il vraiment “castré” par rapport à l’iPad Pro M4 ?
Oui, sur les spécifications CPU/GPU. L’iPad Air M4 a un CPU 8 cœurs (3 performance, 5 efficacité) et un GPU 9 cœurs, alors que l’iPad Pro M4 peut monter jusqu’à 10 cœurs CPU et 10 cœurs GPU. En pratique, ça se voit surtout en multi-core et sur les tâches Metal/3D, beaucoup moins sur la réactivité quotidienne dominée par le single-core.
Est-ce que ça change quelque chose pour un usage classique (web, notes, streaming) ?
Pas vraiment dans le mauvais sens. Les actions courantes reposent souvent sur un ou deux cœurs rapides, et l’iPad Air M4 affiche d’excellents scores en single-core. Pour ce type d’usage, tu profites surtout de la fluidité et de la RAM à 12 Go, plus que d’un écart de multi-core avec l’iPad Pro.
Pourquoi Apple met une version moins puissante du M4 dans l’iPad Air ?
Pour garder une hiérarchie claire dans la gamme. L’iPad Pro doit rester le modèle le plus performant, et l’iPad Air doit offrir un gros niveau de puissance sans marcher sur les plates-bandes du Pro. Apple utilise aussi des variantes de puces avec des cœurs désactivés, une pratique courante dans l’industrie pour segmenter et optimiser la production.
Les 12 Go de RAM de l’iPad Air M4, c’est important ?
Oui, surtout pour le multitâche et les gros projets. Passer de 8 à 12 Go aide à garder plus d’apps et de documents en mémoire, avec moins de rechargements. Avec iPadOS 26 et ses usages multi-fenêtres, la RAM peut devenir un facteur de confort plus visible que quelques pourcents de CPU en multi-core.
Sources
- iPad Air M4 : les premiers benchmarks confirment un bond de …
- iPad Air's M4 is worse than base M4 iPad Pro's chip – AppleInsider
- Apple keeps the iPad Air fresh with M4 chip upgrade … – Ars Technica
- Apple lance un nouvel iPad Air plus puissant, sans toucher à son prix
- First M4 iPad Air Benchmarks Surface – MacRumors

