L’homme qui a tué Vine en 2017 finance sa résurrection : Jack Dorsey injecte 10 millions dans Divine avec 500 000 vidéos d’archive et un filtre anti-IA pour tenir face à TikTok

L'homme qui a tué Vine en 2017 finance sa résurrection : Jack Dorsey injecte 10 millions dans Divine avec 500 000 vidéos d'archive et un filtre anti-IA pour tenir face à TikTok

Vine revient, sous un autre nom, et avec une ironie difficile à rater, le financement vient de Jack Dorsey, l’homme qui avait racheté Vine en 2013… puis accompagné sa fermeture en 2017.

La relance s’appelle Divine, et elle veut rejouer la carte du format court, six secondes en boucle, dans un paysage déjà saturé par TikTok et les Stories. La promesse affichée est plus politique que nostalgique, Divine dit viser une liberté face au contenu généré par IA qui envahit les flux. Dans les faits, l’app mise sur un gros levier d’appel, un archive massif de vidéos historiques, et une mécanique de découverte moins opaque. Reste une question très concrète, est-ce qu’un retour de Vine a une place en 2026, quand l’attention se vend plus cher que les serveurs.

Divine rouvre l’archive Vine avec 500 000 vidéos

Le premier argument de Divine, c’est le stock. L’application annonce un archive de plus de 500 000 vidéos issues de l’âge d’or de Vine, avec des contenus provenant d’environ 100 000 créateurs. Pour un utilisateur, c’est un geste simple, tu réinstalles une appli et tu retrouves des boucles culte sans courir après des reuploads compressés. Pour la plateforme, c’est un moyen de démarrer avec une bibliothèque déjà vivante.

La nostalgie n’est pas qu’un sentiment, c’est un moteur d’acquisition. Vine avait culminé à 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels à son pic, et il a servi de tremplin à des créateurs devenus des marques. Un ancien viner interrogé dans l’écosystème, Marc, résume le truc sans détour, tu peux lancer une nouvelle app, mais tu ne peux pas inventer dix ans de références partagées. Divine capitalise sur cette mémoire collective.

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Mais ce retour traîne une critique évidente, Divine est financé par le même camp que celui qui n’a pas trouvé de modèle économique la première fois. Dorsey a reconnu publiquement que Vine n’avait pas trouvé la bonne équation business. Ce passif colle à la peau du projet, même si la relance se présente comme une réparation, préserver les vidéos, éviter qu’elles disparaissent, et redonner de la place à des formats courts faits par des gens.

(Crédit image : Divine / App Store iOS)
(Crédit image : Divine / App Store iOS)

Jack Dorsey mise 10 millions de dollars via And Other Stuff

Sur le plan financier, l’information clé est nette, Jack Dorsey a mis 10 millions de dollars dans sa structure And Other Stuff, qui soutient des projets sociaux open source. L’idée affichée est de réduire la dépendance à des investisseurs et à des modèles jugés toxiques. Traduction, moins de pression pour gonfler artificiellement l’engagement, et plus de marge pour expérimenter sur la gouvernance et la portabilité.

Dans cette logique, Divine insiste sur un principe, l’utilisateur garde la main sur son compte, son audience, ses données, et son flux. C’est une pique directe contre les plateformes où l’algorithme décide de tout, et où un changement de règle peut ruiner une audience du jour au lendemain. Dorsey affirme que les créateurs doivent rester en contrôle de leurs contenus et de leurs abonnés, et pouvoir construire leurs revenus autour de ça.

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Nuance importante, l’indépendance n’efface pas les contraintes. Même avec un financement initial, il faut modérer, héberger, sécuriser, et attirer des créateurs qui, eux, comparent avec Instagram ou TikTok en termes de reach et de monétisation. Le projet est piloté par Evan Henshaw-Plath, ex-Twitter connu sous le pseudo Rabble, et il dit avoir déjà reçu des signaux d’intérêt d’anciens créateurs Vine. L’intérêt, c’est un début, pas une garantie de rétention.

Divine impose un filtre anti IA et quatre types de flux

Le cur du discours, c’est la chasse au AI slop. Divine annonce que les nouvelles vidéos doivent être humaines, et l’app intègre un filtre dédié. Pour limiter la triche, l’approche rapportée consiste à pousser l’enregistrement directement dans l’app, ou à s’appuyer sur C2PA pour prouver l’authenticité. L’objectif est clair, éviter un mur de clips générés en série, sans intention ni signature.

Sur la découverte, Divine propose quatre entrées, Home, Discovery, Trending et un flux Hashtag. Ce détail compte, parce qu’il donne à l’utilisateur un choix explicite sur la manière dont le contenu arrive. Dans un contexte où les plateformes rivales optimisent l’addiction par des recommandations opaques, ce menu ressemble à une promesse de contrôle. Marc, consultant produit, prévient quand même, si Trending devient un concours de volume, tu reviens au même problème.

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La bataille se jouera aussi sur la disponibilité et les usages. Divine est signalée sur Google Play, et l’absence sur l’App Store au moment où beaucoup en parlent limite mécaniquement l’effet viral, surtout chez les créateurs qui tournent au quotidien sur iPhone. Et même avec une bonne philosophie, la concurrence a des réflexes installés, Stories, Reels, TikTok, tout est déjà intégré aux routines. Divine devra prouver que son anti-IA n’est pas juste un slogan, mais une expérience différente, au quotidien, dans le flux.

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