Ce drone sous-marin pulvérise tous les records parcourant 2 023 km sans remonter : une prouesse qui pourrait bouleverser l’industrie offshore

Ce drone sous-marin pulvérise tous les records parcourant 2 023 km sans remonter : une prouesse qui pourrait bouleverser l’industrie offshore

2 023 kilomètres, soit 1 257 miles, parcourus sous l’eau sans remonter, c’est le jalon revendiqué par Envoy, un drone sous-marin autonome développé par Cellula Robotics.

La performance a été réalisée en immersion continue, sur une mission d’essai de 385 heures, avec un profil de navigation qui visait à se rapprocher de conditions d’exploitation réelles. Le point clé, ce n’est pas seulement la distance, c’est l’énergie embarquée. Envoy est propulsé par une pile à combustible hydrogène conçue avec Infinity Fuel Cell and Hydrogen, une technologie présentée comme une alternative aux drones limités par des batteries, souvent cantonnées à des durées de mission de l’ordre de quelques dizaines d’heures. Ce test met sur la table une promesse simple, rester plus longtemps sur zone, avec moins d’interventions humaines.

Cellula Robotics teste Envoy sur 2 023 km en 385 heures

La mission d’essai met en avant un détail qui parle aux opérateurs, Envoy n’a pas suivi une trajectoire rectiligne facile. Le drone a réalisé plus de 4 000 manuvres pendant son parcours, avec des changements de cap et des ajustements répétés. Dans un environnement sous-marin, ces variations coûtent de l’énergie, ce qui rend le chiffre des 2 023 km plus représentatif d’un usage opérationnel qu’un simple aller tout droit.

Sur le plan industriel, le véhicule est loin du gadget. Envoy mesure 8,5 mètres et affiche environ 3,7 tonnes. Il est annoncé capable d’évoluer jusqu’à 2 000 mètres de profondeur, un ordre de grandeur qui correspond à de nombreux scénarios offshore, inspection d’infrastructures, relevés géophysiques, ou surveillance d’installations sous-marines. Dans ces métiers, chaque récupération du drone peut mobiliser un navire, une équipe et une fenêtre météo.

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Neil Manning, dirigeant de Cellula Robotics, insiste sur la valeur pratique de l’endurance, moins de récupérations et relances, plus de continuité, et une meilleure efficacité en mer. Dit plus crûment, si un drone passe davantage de temps à travailler qu’à être manipulé, la facture logistique baisse. Mais il y a une nuance, cette démonstration reste un test, pas une campagne commerciale documentée sur plusieurs sites, et les performances peuvent varier selon capteurs, charge utile et conditions de courant.

Envoy mesure 8,5 mètres de long, 1 mètre de diamètre et a un déplacement d'environ 3 700 kg. Crédit image : Cellula Robotics
Envoy mesure 8,5 mètres de long, 1 mètre de diamètre et a un déplacement d’environ 3 700 kg. Crédit image : Cellula Robotics

Infinity Fuel Cell mise sur l’hydrogène pour réduire les signatures

La propulsion repose sur une pile à combustible alimentée en hydrogène, un choix mis en avant pour l’autonomie et pour des caractéristiques utiles sous l’eau, comme une signature acoustique et thermique plus discrète. William Smith, président et CEO d’Infinity Fuel Cell and Hydrogen, présente ce résultat comme un signal fort sur la place possible des piles à combustible dans les opérations sous-marines longue portée, avec moins d’interventions et des missions plus capables.

Dans l’écosystème des drones, l’intérêt de l’hydrogène est déjà visible dans d’autres familles d’engins, notamment des drones aériens dédiés à l’inspection ou à la surveillance au-delà de la ligne de vue. Les plateformes à hydrogène sont souvent associées à l’endurance, au ravitaillement plus rapide que la recharge et à la capacité d’emporter davantage de charge utile. Sous l’eau, l’équation change, mais la logique énergétique reste la même, stocker plus d’énergie embarquée qu’avec des batteries seules.

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La comparaison avec les batteries est centrale, Infinity rappelle que beaucoup de drones sous-marins sont limités par l’énergie stockée, typiquement des durées de mission de l’ordre de tens of hours, sauf à être reliés par un câble à un navire, ce qui réduit l’autonomie réelle. L’hydrogène ouvre une piste, mais il ne règle pas tout, il faut gérer le stockage des réactifs, la sécurité, et toute la chaîne logistique de ravitaillement, surtout loin des ports équipés.

Inspection offshore et défense, les usages visés après ce record

Les cas d’usage cités tournent autour de besoins concrets, inspection d’infrastructures sous-marines, relevés géophysiques, et applications de défense. Dans l’offshore, une mission plus longue peut réduire le nombre de sorties navires. Un opérateur qui cartographie une zone ou contrôle une conduite n’a pas seulement besoin d’un drone performant, il veut de la continuité, surtout quand la météo impose des fenêtres courtes et que chaque jour en mer coûte cher.

Côté défense, l’hydrogène attire l’attention pour des missions non habitées où la discrétion compte. Les sources évoquent l’intérêt pour des plateformes offrant de longues portées et des signatures réduites, un point qui dépasse le seul sous-marin. Un exemple récent mentionné dans le secteur, un drone aérien de reconnaissance à pile à combustible déployé en contexte de guerre, montre que les armées testent ces architectures sur plusieurs milieux, air, surface et sous-marin.

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Il y a aussi une perspective plus large sur l’endurance des drones. Une publication scientifique récente sur les technologies hybrides à pile à combustible dans l’aérien insiste sur les arbitrages, batteries, piles, architectures hybrides, selon durée, charge utile et profils de mission. Transposé au sous-marin, le message est similaire, l’endurance est une variable d’ingénierie et d’exploitation, pas un slogan. Envoy vient d’établir un jalon chiffré, mais l’adoption dépendra du coût total, des procédures de sécurité et de la capacité à industrialiser des missions répétables.

Source :

  • Science direct

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