Tenergie et SMA France viennent d’achever le rétrofit de la centrale photovoltaïque de Valence-sur-Baïse (Gers).
Sur ce site de 8,8 MW, mis en service en 2010, l’opération a consisté à remplacer intégralement les onduleurs d’origine pour enrayer la baisse de performance liée à l’âge des équipements. Le gain annoncé est concret: près de 600 MWh par an supplémentaires, grâce à une amélioration de la disponibilité de plus de 5%. Pour donner un ordre de grandeur, cela correspond à la consommation annuelle d’électricité d’environ 123 foyers (hors chauffage) et à 143 tonnes de CO évitées en plus, selon les chiffres communiqués par les partenaires. Sur le terrain, c’est surtout un signal envoyé au parc solaire français de “première génération”, qui arrive à un âge où la maintenance ne suffit plus toujours.
Valence-sur-Baïse: une centrale de 2010 remise à niveau
La centrale de Valence-sur-Baïse fait partie des premiers grands parcs solaires déployés en France, avec plus de 40 000 panneaux installés pour une puissance de 8,8 MW. Quinze ans d’exploitation, ce n’est pas anodin, les composants électroniques vieillissent, les pannes se multiplient, et les indisponibilités finissent par se voir directement sur la production annuelle.
Dans ce type d’installation, l’indicateur suivi de près, c’est la disponibilité, le ratio entre le temps où la centrale peut produire et le temps où elle produit réellement. Ici, le rétrofit a permis de gagner plus de 5% sur cet indicateur. Dit autrement, le site passe moins de temps “à l’arrêt” ou dégradé, et plus de temps à injecter de l’électricité sur le réseau quand les conditions solaires sont bonnes.
Un point mérite une nuance, même si l’annonce est positive: améliorer la disponibilité ne “crée” pas du soleil. Les 600 MWh/an gagnés viennent surtout d’une meilleure conversion et d’une réduction des pertes liées aux pannes et aux arrêts. Ce n’est pas une hausse spectaculaire de puissance, c’est une optimisation d’un actif existant, qui peut être plus pertinente économiquement que de repartir sur un nouveau projet dans une zone déjà équipée.
96 onduleurs remplacés par des Sunny Highpower PEAK3
Le cur de l’opération, c’est le remplacement intégral des 96 onduleurs d’origine. L’onduleur, c’est la pièce qui transforme le courant continu des panneaux en courant alternatif compatible réseau, et qui participe à la régulation et à la stabilité de l’injection. Quand cette brique vieillit, les pertes augmentent, et les indisponibilités se répètent, même si les panneaux, eux, continuent de produire.
Le choix s’est porté sur des Sunny Highpower PEAK3 de SMA. L’intérêt mis en avant par les industriels, c’est la compatibilité avec l’architecture existante en courant continu, ce qui évite de lourds travaux de VRD (voiries et réseaux divers). Dans un rétrofit, ce détail compte: moins de génie civil, c’est souvent moins de délais, moins de coûts, et moins de risque de couper la production plus longtemps que prévu.
Le chantier a été lancé en septembre 2025 et réalisé en moins de quatre mois. Sur une centrale en exploitation, cette rapidité est un argument clé, car chaque semaine de travaux peut se traduire par une production perdue. David Danger, responsable retrofit chez Tenergie, résume la logique: prolonger la durée de vie des actifs tout en améliorant leur performance, sans transformer le site en chantier interminable, ce qui est souvent la crainte numéro un des exploitants.
600 MWh/an: un levier pour prolonger les parcs solaires français
Un gain de 600 MWh par an sur une centrale de 8,8 MW peut paraître modeste à l’échelle nationale, mais il illustre une tendance: le parc solaire installé au début des années 2010 arrive à un âge où le “tout maintenance” atteint ses limites. Le rétrofit devient un outil industriel pour récupérer des MWh sans artificialiser de nouveaux terrains et sans relancer des procédures longues.
Les partenaires traduisent ce gain en impacts concrets: environ 123 foyers alimentés en électricité (hors chauffage) et 143 tonnes de CO évitées en plus. Ce type de conversion parle au grand public, mais il sert aussi aux collectivités et aux acteurs réseau, qui cherchent des kWh additionnels “rapides” à mobiliser. De plus, l’opération s’inscrit dans une logique de prolongation de durée de vie, ce qui pèse dans les calculs de rentabilité d’un site existant.
Il faut garder une lecture lucide: un rétrofit ne règle pas tout, et il n’est pas automatiquement rentable partout. Le matériel neuf, la logistique, les arrêts de production, tout cela a un coût, et chaque centrale a son historique de pannes, sa configuration, ses contraintes d’accès. Mais le cas de Tenergie avec SMA France montre qu’en ciblant les composants les plus critiques, ici les onduleurs, on peut gagner des MWh mesurables et stabiliser l’exploitation, sans refaire l’installation de fond en comble.
Sources
- Tenergie achève le rétrofit d’une centrale solaire et gagne 600 MWh par an – pv magazine France
- Tenergie modernise une centrale solaire et gagne 600 mwh par an – PV Solaire Énergie
- Tenergie et SMA Solar Technology AG modernisent la centrale solaire de Valence-sur-Baïse : un projet de rétrofit au service de la performance et de la souveraineté énergétique française – Tenergie
- SMA et Tenergie modernisent la centrale solaire de Valence-sur-Baïse | SMA France
- Tenergie and SMA Solar retrofit French solar plant, boosting output 600 MWh/year | energynews.pro

