Le parquet de Taoyuan a perquisitionné le siège d’Unimicron à Guishan et une usine à Zhongli le 28 août 2026. Les procureurs soupçonnent que des circuits imprimés fabriqués en Chine ont été réétiquetés « Taïwan » avant exportation.
Perquisition à Unimicron à Guishan et Zhongli, 28 août 2026
Le vendredi 28 août, le parquet de Taoyuan a mené des recherches au siège social d’Unimicron Technology dans le district de Guishan et dans une usine du district de Zhongli.
Les équipes comprenaient des cadres du bureau du procureur, des enquêteurs de plusieurs bureaux d’investigation et une cellule cybersécurité pour saisir des documents et des preuves numériques.
Quatorze dirigeants et salariés ont été entendus. Le directeur général de la division circuits imprimés a été libéré sous caution; aucune charge formelle n’a encore été annoncée.
Les procureurs évoquent des infractions au code pénal liées au faux en écriture et aux fausses mentions d’origine des produits, ce qui motive la saisie d’échantillons et de registres d’expédition.
Modalités présumées de l’étiquetage: transfert et relabellisation
Les enquêteurs estiment qu’Unimicron aurait réceptionné des PCB fabriqués en Chine, les aurait transférés à Taïwan puis aurait remplacé les étiquettes d’origine par des mentions indiquant Taïwan comme pays d’origine.
Les procureurs ciblent des documents logistiques, des bons de livraison et des fichiers d’impression d’étiquettes, ainsi que des échanges internes sur les flux d’approvisionnement.
La pratique, qualifiée de « origin washing » par certains acteurs, soulève la question de la traçabilité dans une chaîne d’approvisionnement mondiale où les lignes de production sont fragmentées.
Les investigations cherchent à établir l’ampleur des lots concernés, le nombre d’exportations et les clients impactés, avec des demandes d’information adressées aux douanes et aux transitaires.
Risques commerciaux et droits de douane américains de 40 %
Le volet sensible pour les exportations porte sur l’application par les douanes américaines de droits supplémentaires de 40 % quand une marchandise est jugée détournée par transit via un pays tiers pour échapper aux taxes.
Depuis août de l’année précédente, Washington a durci sa position: ces pénalités s’ajoutent aux droits normaux et sont non négociables par l’administration.
Si la falsification d’origine est avérée pour des lots destinés aux États-Unis, les conséquences financières pourraient être lourdes pour Unimicron et ses clients.
Des grands donneurs d’ordre comme Nvidia, Intel, Google et Amazon figurent parmi les clients du groupe, ce qui accentue le risque réputationnel et contractuel.
Impact industriel: redistribution probable des commandes vers Kinsus et Nan Ya PCB
Sur le marché des substrats et des circuits imprimés, Unimicron est l’un des leaders mondiaux. Une perturbation de son activité peut provoquer délocalisations temporaires de commandes.
Les concurrents Kinsus et Nan Ya PCB sont identifiés par des analystes comme les bénéficiaires probables d’un report de commandes de clients soucieux de réduire le risque réglementaire.
Le transfert de volumes se ferait via des appels d’offres, des audits qualité et la vérification de la chaîne d’approvisionnement, opérations longues mais nécessaires pour les donneurs d’ordre.
La situation pourrait aussi pousser les clients à exiger des audits plus fréquents et des preuves documentées de traçabilité pour limiter l’exposition aux droits de douane et aux ruptures d’approvisionnement.
Procédure judiciaire en cours et enjeux pour la gouvernance d’entreprise
À ce stade, aucune inculpation n’a été formelle. Quatorze personnes ont été entendues et des cautions ont été fixées pour certains dirigeants; l’enquête se poursuit.
Les procureurs examineront la responsabilité pénale et la chaîne décisionnelle: contrats d’achat, autorisations de fabrication et politiques internes de conformité sont au cœur des investigations.
Sur un plan corporate, la crise interroge les procédures de contrôle interne d’Unimicron, la supervision des sous-traitants et la documentation douanière.
Les marchés et les clients surveillent la suite de l’affaire, la direction du groupe étant attendue sur des éclaircissements opérationnels et des mesures de conformité.
