Plus d’un million de cartes Nvidia pour joueurs réaffectées à l’IA en Chine, mais 3,5 millions de puces locales pour plus de 5 millions demandés

Carte graphique Nvidia GeForce RTX 5060 Ti à deux ventilateurs posée sur un fond clair

Les entreprises technologiques chinoises ont acheté plus d’un million de cartes graphiques Nvidia pour joueurs et pour stations de travail depuis le début de l’année, selon le Financial Times. La production intérieure de puces d’IA a pourtant doublé en 2026 : 3,5 millions d’unités attendues, pour une demande qui « dépasse de loin » 5 millions.

Un déficit de près de 1,5 million de puces

Le chiffre vient du Financial Times du 13 octobre 2026, qui s’appuie sur des sources industrielles, et que Tom’s Hardware a détaillé le même jour. La stratégie nationale chinoise pour l’intelligence artificielle a bien produit son effet sur l’offre : la production intérieure de puces d’IA a doublé cette année. Elle ne suffit pas. Le pays devrait en fabriquer 3,5 millions, alors que la demande de ses plus grandes entreprises technologiques « dépasse de loin » 5 millions, soit un déficit de près de 1,5 million de puces.

Des cartes conformes aux contrôles américains, achetées par défaut

Pour combler ce trou, les acheteurs chinois se tournent vers ce que Washington n’a pas interdit : des cartes destinées aux joueurs et aux stations de travail, réaffectées au calcul. Il s’agit « principalement », selon le rapport, des RTX Pro 6000D, des RTX Pro 5000 et des RTX 5090. Ces modèles respectent les contrôles à l’exportation américains, ce qui les rend légalement disponibles là où les accélérateurs de data center ne le sont plus.

Moins performantes que l’Ascend 910C, mais utiles au préremplissage

Le rapport ne les présente pas comme un substitut. Ces puces Blackwell ne peuvent rivaliser ni avec l’Ascend 910C de Huawei ni avec les autres puces chinoises haut de gamme. Elles servent à des « charges d’IA plus simples », au premier rang desquelles la phase de préremplissage de l’inférence, celle où le modèle lit la requête avant de produire sa réponse. Le mouvement décrit n’est donc pas une montée en gamme mais un rattrapage par le bas, et il entretient la dépendance au matériel américain que la stratégie officielle visait justement à réduire.

CUDA, l’argument qui retient les acheteurs

La raison n’est pas seulement matérielle. Le rapport souligne que la demande de cartes Nvidia est entretenue par CUDA, l’environnement logiciel du fabricant, qui reste plus favorable que l’alternative CANN de Huawei. C’est la part la moins visible et la plus difficile à remplacer de l’avantage américain : une puce se copie plus vite qu’un écosystème d’outils.

1 839 euros de prix conseillé, 6 623 euros en rayon

Cette demande détournée se lit sur les étiquettes. Le prix conseillé de la RTX 5090 est de 1 999 dollars, environ 1 839 euros. Tom’s Hardware ne la trouve plus que chez trois revendeurs tiers, à partir de 7 199 dollars, environ 6 623 euros, et la décrit comme pratiquement disparue du marché. Le média rappelle aussi avoir rapporté l’arrêt de la production de la 5090, qui doit être remplacée au sommet de la gamme par une RTX 5080 de 24 Go, contre 32 Go aujourd’hui. Pour les joueurs, le haut de gamme recule au moment où l’IA chinoise rachète les cartes existantes.

Puces d’IA en Chine en 2026Volume
Production intérieure attendue3,5 millions d’unités
Demande des grands groupes« dépasse de loin » 5 millions
Déficitprès de 1,5 million
Cartes Nvidia pour joueurs et stations de travail achetéesplus d’un million

Laisser un commentaire