La Chine construit 35 centrales nucléaires simultanément et pose un dôme de 228 tonnes sur le Hualong One de Shidaowan pour réduire de 27 millions de tonnes de CO2 par an

La Chine construit 35 centrales nucléaires simultanément et pose un dôme de 228 tonnes sur le Hualong One de Shidaowan pour réduire de 27 millions de tonnes de CO2 par an

Un bloc d’acier de 227,9 tonnes, levé et posé au millimètre, vient de changer le rythme du chantier nucléaire de Shidaowan, dans la province chinoise du Shandong.

Le dôme interne de sûreté de l’unité 1 a été installé le 25 avril au sommet des parois de l’enceinte de confinement, une opération qui mobilise grues lourdes, équipes de soudage et contrôles qualité en continu. Le message derrière cette manuvre est très concret, le projet bascule de la phase de génie civil vers l’installation des équipements. L’unité 1 est un Hualong One de 1100 MW, premier d’une série de quatre réacteurs annoncés sur le site. Au total, Shidaowan vise 4,8 GWe et une réduction annuelle annoncée de 27,6 millions de tonnes d’émissions de carbone.

China Huaneng pose 70 panneaux pour former le dôme interne

Le dôme installé à Shidaowan 1 a une forme hyperboloïde, il est composé de 70 panneaux assemblés pour constituer une pièce unique, pesant 227,9 tonnes. Sur ce type d’opération, la difficulté n’est pas seulement de lever lourd, c’est de lever juste. La mise en place se fait au-dessus des murs de confinement, avec une tolérance qui se joue sur des détails d’alignement et de stabilité.

Le rôle de ce dôme interne est directement lié à la sûreté. Le design HPR1000 prévoit une double enceinte de confinement, pensée pour garantir l’intégrité et l’étanchéité du bâtiment réacteur. Dans les faits, c’est une barrière majeure contre toute fuite de substances radioactives, et c’est aussi un élément structurant qui conditionne la suite du calendrier, parce qu’il verrouille une étape architecturale avant d’installer des systèmes.

A lire aussi :  Ce test géant du CERN pourrait multiplier par 10 les collisions de particules et ouvrir une nouvelle ère scientifique

Une nuance importante, ce genre d’annonce met en avant la prouesse industrielle, mais dit peu sur les contrôles détaillés derrière. Sur le terrain, les équipes doivent enchaîner contrôles dimensionnels, inspections de soudures et validations qualité, sans quoi la suite du chantier se grippe. Côté planning, l’exploitant China Huaneng présente cette pose comme le passage officiel vers la phase équipements, ce qui veut dire plus de tuyauteries, de modules et de composants lourds à intégrer.

La Chine a achevé l'installation du dôme intérieur du réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Zhangzhou. /China Media Group
La Chine a achevé l’installation du dôme intérieur du réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Zhangzhou. /China Media Group

Shidaowan 1 passe du béton aux équipements après le 25 avril

La pose du dôme interne est décrite comme le moment où le chantier bascule du civil vers l’installation d’équipements. Concrètement, tant que l’enceinte n’est pas suffisamment fermée et structurée, difficile d’orchestrer l’arrivée de certains composants, de sécuriser des zones de travail, ou de planifier des montages qui demandent des points d’ancrage et des accès stables. Là, l’unité 1 entre dans une autre logique de production.

Le calendrier public donne quelques repères. La construction des unités 1 et 2 a été approuvée par le Conseil d’État en juillet 2023. Le premier béton de l’unité 1 a été coulé en juillet 2024, celui de l’unité 2 en mai 2025. Ce rythme, à l’échelle d’un chantier nucléaire, sert aussi de signal aux fournisseurs, parce qu’il indique quand les lots mécaniques et électriques doivent être prêts à entrer en scène.

A lire aussi :  Framatome décroche un feu vert historique du NRC : ces réacteurs vont produire beaucoup plus sans s’arrêter

Si tu veux une comparaison simple, c’est un peu le moment où un immeuble passe du gros uvre aux corps d’état techniques, sauf qu’ici chaque étape est documentée et encadrée par des exigences de sûreté. La critique à garder en tête, c’est que transition ne veut pas dire ligne droite. Les phases d’équipements concentrent souvent des risques de coordination, entre tuyauteries, génie électrique, ventilation et instrumentation, et c’est là que les retards se fabriquent quand les interfaces sont mal gérées.

La Chine multiplie les dômes, de Shidaowan à Xudapu et Changjiang

Shidaowan n’est pas un cas isolé, la Chine enchaîne les jalons de construction sur plusieurs sites. Sur la centrale de Xudapu (Liaoning), un dôme interne en acier d’environ 780 tonnes a été levé sur l’unité 1, un réacteur CAP1000, dérivé domestique de l’AP1000. Là encore, le développeur explique que cette opération ouvre la voie à la phase d’installation des équipements, même logique, autre gabarit.

À Changjiang (Hainan), c’est l’unité 4, un Hualong One d’environ 1200 MW de puissance brute, qui a franchi l’étape du dôme externe en acier. Ce dôme fait partie d’un bâtiment à double confinement, conçu pour résister à des pressions internes et externes et limiter les rejets en cas d’accident. Sur ce site, deux réacteurs CNP-600 sont déjà en exploitation commerciale depuis 2015 et 2016, ce qui donne un contexte industriel plus mature.

A lire aussi :  Ce drone sous-marin pulvérise tous les records parcourant 2 023 km sans remonter : une prouesse qui pourrait bouleverser l’industrie offshore

À l’échelle nationale, les chiffres donnent la mesure, l’Agence internationale de l’énergie atomique recense 60 réacteurs en exploitation en Chine et environ 35 en construction, tandis qu’un autre suivi évoque 36 unités en chantier. Ce décalage rappelle un point très terre-à-terre, selon les bases de données et les dates de démarrage, les totaux bougent. Ce qui ne bouge pas, c’est la cadence, et Shidaowan s’inscrit clairement dans ce mouvement d’industrialisation des chantiers.

Source : World Nuclear News

Laisser un commentaire