BT transforme un passif en trésorerie : l’opérateur cède près de 200 000 tonnes de cuivre récupéré lors du remplacement du réseau cuivre par la fibre. La hausse historique des cours du cuivre combinée à une demande soutenue des centres de données et des projets d’électrification porte la valeur estimée de l’opération à environ 2,7-2,8 milliards de dollars.
Accord BT-EMR : volumes, échéances et premier acompte encaissé
BT a conclu un accord avec EMR, l’un des plus grands recycleurs britanniques, pour la reprise d’environ 200 000 tonnes de câbles cuivre sur quatre ans. La transaction concerne le cuivre extrait des désengagements du réseau cuivre lors du déploiement de la fibre optique par Openreach.
Sur l’exercice clos fin mars 2026, BT indique avoir déjà récupéré près de 10 000 tonnes de cuivre, contre 5 600 tonnes en 2025 et 3 400 tonnes en 2024, signe d’une montée en cadence opérationnelle. L’opérateur aurait reçu un paiement anticipé de 99 millions de livres (≈134 millions de dollars) pour plusieurs milliers de tonnes déposées et excédentaires, améliorant la trésorerie à court terme.
Le calendrier de reprise sur quatre ans permet d’échelonner la revente, tout en offrant à BT une couverture partielle contre la volatilité des prix. Les modalités détaillées du prix unitaire et des clauses de révision n’ont pas été rendues publiques par les deux parties.
Pourquoi le cuivre cote si haut : la demande IA, renouvelables et contraintes d’offre
Le cuivre atteint des niveaux records, dépassant 14 000 dollars la tonne métrique début 2026, sous l’effet d’une demande accrue pour les centres de données d’intelligence artificielle, les infrastructures d’énergies renouvelables et l’électrification des transports.
Sur l’offre, des perturbations dans des mines au Chili, en Indonésie et en République démocratique du Congo ont réduit les disponibilités, aggravant la tension sur le marché. Parallèlement, des décisions commerciales et des risques géopolitiques ont poussé à la constitution de stocks, en particulier aux États-Unis, comprimant l’offre disponible.
Cette configuration a fait monter les primes sur les métaux de base, rendant économiquement attractif le recyclage de cuivre contenu dans les réseaux urbains et industriels, avec des marges substantielles par rapport aux coûts de récupération et de traitement.
Impact financier et stratégique pour BT : couverture partielle du coût de la fibre
La vente potentielle de ce cuivre pourrait rapporter entre 2,7 et 2,8 milliards de dollars, soit près de 2 milliards de livres. Ces recettes viennent compenser une fraction du programme de remplacement estimé à environ 15 milliards de livres pour acheminer la fibre à 25 millions de foyers au Royaume-Uni.
Sur le plan comptable, les encaissements anticipés améliorent la liquidité et réduisent l’exposition nette aux coûts d’investissement. D’autre part, la valorisation dépend fortement du maintien des cours du cuivre ; BT a limité le risque en échelonnant les volumes sur quatre ans et en négociant des avances.
L’opération illustre une logique d’économie circulaire : BT réduit des actifs obsolètes tout en créant une source de revenus non opérationnels, et EMR sécurise des matières premières recyclées dans un marché tendu.
Risques, durabilité et perspectives du marché métallurgique
Le principal risque réside dans la volatilité des prix du cuivre. Une détente des marchés ou une accélération de l’offre minière réduirait l’estimation de 2,7-2,8 milliards. À l’inverse, une poursuite de la demande IA ou de l’électrification accroîtrait la valeur récupérable.
Sur la durabilité, le recyclage limite l’extraction primaire, diminue l’empreinte carbone liée à la production minière et répond aux attentes des investisseurs ESG. Le traitement des câbles exige néanmoins des capacités industrielles importantes pour séparer, purifier et revaloriser le métal à grande échelle.
Enfin, la réussite de l’opération BT-EMR peut servir de modèle pour d’autres opérateurs télécoms européens déployant massivement la fibre, en transformant des réseaux cuivre en matières premières valorisables.
| Exercice | Cuivre récupéré (tonnes) | Commentaires |
|---|---|---|
| 2024 | 3 400 | Phase initiale de démontage |
| 2025 | 5 600 | Accélération des travaux |
| 2026 | 9 800 | Montée en cadence visible dans les comptes |
