Une bactérie résistante repérée dans une station d’épuration a coûté à Meta son permis de rejet à Cheyenne

Contrôle d'un centre de données près d'une rivière et station d'épuration

Des dizaines de centres de données américains sont pointés pour des rejets d’eaux usées contenant des biocides, des métaux lourds et des bactéries rares. Les autorités locales ont infligé des amendes et révoqué des permis, ce qui soulève des questions sur le contrôle des prélèvements et des rejets hydriques.

Meta stoppe les déversements à Cheyenne après découverte de Cupriavidus gilardii

À Cheyenne, Meta a interrompu les rejets provenant du chantier de son campus de 960 acres (environ 388 hectares) après la détection de la bactérie Cupriavidus gilardii dans une station locale. Le conseil des services publics a infligé une amende, révoqué le permis de rejet et interdit certains types d’eaux usées provenant de centres de données pour toute la ville. Cette décision illustre la portée réglementaire que peut acquérir un incident sanitaire local.

166 projets de data centers gelés en Thaïlande, dont 49 chantiers que l’État n’a pas le pouvoir juridique d’arrêter

Les analyses ont montré une présence bactérienne résistante à plusieurs antibiotiques, ce qui a motivé la suspension immédiate des rejets. Les responsables municipaux évoquent un risque de contamination des réseaux d’eau potable et ont demandé des plans de gestion améliorés au promoteur. Le chantier, vaste par sa taille, utilise des systèmes de refroidissement massifs susceptibles de produire des flux d’eau traitée non conventionnels.

Sur le plan juridique, l’affaire ouvre la voie à des contrôles renforcés sur les permis de rejet et sur les modalités de traitement en sortie de chantier. Des experts indépendants recommandent la surveillance périodique des stations d’épuration voisines et la traçabilité des effluents. Les riverains, informés partiellement, exigent désormais plus de transparence sur la qualité réelle des eaux rejetées.

Eaux à 42 °C s’écoulent dans le lac Seneca et menacent la faune

Dans l’État de New York, un site de données rejette des eaux dont la température atteindrait 42 °C (108 °F) directement dans le lac Seneca. Ces effluents chauds modifient le métabolisme des poissons et favorisent les proliférations d’algues toxiques qui consomment l’oxygène dissous.

Les biologistes aquatiques montrent par des prélèvements localisés une augmentation d’organismes favorisés par la chaleur, et des déclins ponctuels des populations de certaines espèces sensibles. Les autorités environnementales locales ont lancé des campagnes de surveillance de la température et de la qualité chimique, ciblant notamment les biocides et les métaux dissous.

Du point de vue réglementaire, la cible prioritaire reste la limitation des rejets thermiques et chimiques. Les opérateurs sont appelés à installer des refroidisseurs complémentaires ou à renvoyer leurs eaux vers des réseaux d’assainissement municipal capables de réduire la charge thermique et polluante. Les pêcheurs et les gestionnaires de lacs surveillent désormais les débits et la température au fil des saisons.

Prélèvements non transparents sur la Chattahoochee inquiètent les associations locales

En Géorgie, plusieurs nouveaux centres de données ont obtenu des autorisations pour prélever de l’eau dans la rivière Chattahoochee, sans que les associations de protection n’aient accès aux volumes exacts demandés. Le manque d’information publique sur les quotas de prélèvement suscite des craintes quant à l’impact sur l’écoulement et la disponibilité pour les usages agricoles et domestiques.

Des ONG locales demandent que les plans d’usage et les bilans hydriques soient rendus publics, avec des estimations mensuelles des prélèvements. Les opérateurs, pour leur part, invoquent la sécurité opérationnelle et l’efficacité énergétique pour justifier des besoins élevés en eau. Les experts hydrologues rappellent que la soutenabilité dépend du cumul des prélèvements, et non d’autorisation isolée.

Plusieurs municipalités exigeront désormais des évaluations d’impact hydrique et des engagements sur la réutilisation des eaux de refroidissement. Pour limiter les prélèvements, certaines solutions techniques existent, comme les systèmes de refroidissement air-assisté ou les boucles fermées, mais elles augmentent les coûts d’investissement et d’exploitation.

902 000 déclenchements sur deux Nikon d’entrée de gamme et une vitre de photocopieur : comment trois Pakistanais ont numérisé 1 800 livres en ourdou

Biocides, cuivre et zinc : la triple menace éco-toxique des circuits de refroidissement

Les circuits de refroidissement des data centers utilisent couramment des biocides pour lutter contre bactéries, algues et biofilms. Quand ces agents ne sont ni captés ni traités, ils rejoignent les écosystèmes aquatiques. Les métaux lourds comme le cuivre et le zinc, parfois du plomb, s’ajoutent à la charge polluante lors de corrosions ou d’additions chimiques.

Les impacts constatés comprennent mortalités locales d’invertébrés, accumulation de métaux dans les sédiments et perturbations des chaînes alimentaires. Dans des cas documentés, les biocides ont tué des microfaunes essentielles à l’autoépuration naturelle des eaux. Les stations d’épuration municipales peuvent traiter partiellement ces effluents, mais pas toujours suffisamment face à des rejets directs.

Des recommandations techniques préconisent la filtration dédiée des circuits, le recyclage interne des boucles de refroidissement et le recours à des biocides moins persistants. Les régulateurs envisagent d’imposer des limites plus strictes sur les rejets directs et d’exiger des plans de gestion des produits chimiques pour chaque site.

Laisser un commentaire