Micron propose une prime en espèces de 1 000 000 TWD aux salariés taïwanais recrutés avant le 29 août 2025, soit environ 31 650 USD. Le syndicat de Taoyuan a rejeté l’offre et réclame un modèle pérenne de partage des bénéfices, intensifiant le conflit sur fond de profits liés à l’intelligence artificielle.
Prime unique : 1 000 000 TWD pour les employés avant le 29 août 2025
Micron propose une prime forfaitaire de 1 million de dollars taïwanais en espèces à chaque salarié basé à Taïwan et arrivé au plus tard le 29 août 2025, soit environ 31 650 dollars ou quelque 29 100 euros. Selon le Taipei Times, les ingénieurs se voient aussi proposer des actions.
Pour les ouvriers de production directe, les récompenses totales atteignent l’équivalent de 35 à 68 mois de salaire de base, une offre présentée comme record.
Rejet syndical à Taoyuan : la prime qualifiée de diversion
Le syndicat représentant l’usine de Taoyuan a rejeté formellement la proposition, la qualifiant de diversion face aux revendications structurelles. Les représentants demandent des mesures durables plutôt qu’une allocation ponctuelle.
La mobilisation s’appuie sur un soutien massif : les syndicats de Taoyuan et Taichung regroupent près de 10 000 adhérents sur environ 15 000 salariés, et plus de 80 % des sondés se déclarent prêts à la grève.
Demande syndicale : 15 % du bénéfice d’exploitation, versé chaque trimestre
Les syndicats exigent un partage permanent des résultats avec l’attribution directe de 15 % du bénéfice d’exploitation aux salariés, versé chaque trimestre. Ce modèle viserait à lier les rémunérations aux performances réelles de l’entreprise.
Il réclame aussi un versement exceptionnel plus élevé, équivalant à environ 83 mois de salaire, au titre de l’exercice 2026.
Ce dispositif se rapprocherait de l’accord conclu par SK hynix en septembre dernier, qui alloue 10 % du bénéfice d’exploitation aux salariés sur dix ans, sans plafond de primes.
Risque de grève et impact opérationnel à Taoyuan et Taichung
Avec plus de 80 % des adhérents interrogés favorables à une grève, la menace pèse sur les sites de Taoyuan et de Taichung, qui emploient ensemble quelque 15 000 personnes, dont près de 10 000 syndiqués.
Une grève prolongée pourrait perturber la production de ces deux sites, dans un marché de la mémoire déjà tendu par la demande liée à l’intelligence artificielle.
La direction doit désormais décider si elle maintient l’offre ponctuelle ou engage des négociations sur un mécanisme permanent, sous la pression d’un mouvement syndical fortement mobilisé.
