30 % de risque d’une seconde négative en 2035 : la CGPM supprime la seconde intercalaire dès le 20 mai 2027, sans attendre l’échéance prévue

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La 28e Conférence générale des poids et mesures, réunie du 13 au 15 octobre 2026 au Palais des Congrès de Versailles, a décidé que « l’UTC continu prendra effet le 20 mai 2027 ». La seconde intercalaire disparaît donc huit ans plus tôt que l’échéance de 2035 fixée en 2022, et le texte chiffre l’effort d’adaptation à un montant « similaire » aux préparatifs du bogue de l’an 2000.

Une date ferme et un écart astronomique porté à une heure

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La Résolution 5 (2026), intitulée « Sur les actions techniques nécessaires pour assurer la continuité de l’UTC », fixe deux paramètres. Le premier est une date d’effet, le 20 mai 2027. Le second est une tolérance: l’écart maximal admis entre le temps universel astronomique UT1, lié à la rotation de la Terre, et le temps UTC distribué aux utilisateurs passe à « 3 600 secondes (1 heure) ». Autrement dit, l’heure de référence mondiale cesse d’être recalée seconde par seconde sur la Terre, et sa dérive sera tolérée pendant plusieurs siècles. La même session a adopté la Résolution 4 (2026) sur la future définition de la seconde.

Pourquoi la suppression est avancée de huit ans

La CGPM avait déjà décidé en 2022 d’en finir avec la seconde intercalaire, mais à l’horizon 2035. Le texte de 2026 justifie l’accélération par une statistique: les experts « ont estimé que la probabilité d’une seconde intercalaire négative augmentera rapidement dans un proche avenir, pour atteindre une probabilité de 30 % en 2035 ». La rotation de la Terre n’est pas régulière, et une correction en sens inverse de celles pratiquées jusqu’ici devient envisageable. Depuis 1972, 27 secondes intercalaires ont été insérées, toutes positives, la dernière le 31 décembre 2016, ce qui porte l’écart entre le temps atomique TAI et l’UTC à 37 secondes.

Une seconde négative jamais appliquée, sur des systèmes « largement mal préparés »

C’est l’argument central de la résolution. Le texte rappelle qu’« une seconde intercalaire négative n’a jamais été appliquée auparavant, et elle est considérée comme présentant un risque élevé d’anomalies et de perturbations pour des infrastructures critiques largement mal préparées ». Le BIPM cite les transports, la distribution d’énergie, les télécommunications et les projets spatiaux. Les insertions positives ont déjà laissé des traces: selon Tom’s Hardware, qui a rapporté la décision le 17 octobre 2026, Reddit est tombé en panne après l’ajout de 2012, et les développeurs ne peuvent pas anticiper ces corrections, puisqu’elles ne suivent aucun rythme fixe, contrairement aux années bissextiles.

Un coût d’adaptation comparé au passage à l’an 2000

La résolution ne donne pas de facture en euros, mais une comparaison: l’investissement nécessaire pour préparer une seconde négative est « estimé comme similaire à leurs préparatifs pour le bogue du millénaire ». Plutôt que de faire financer cette campagne par les exploitants d’infrastructures, la conférence a préféré supprimer le mécanisme. Le texte avance un second risque, institutionnel: faute de décision, des organisations pourraient abandonner l’UTC au profit du temps des systèmes de navigation par satellite, ce qui « compromettrait gravement le concept de normalisation internationale en métrologie ».

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Ce que la résolution confie au BIPM, à l’UIT et à l’IERS

Le Bureau international des poids et mesures est chargé de travailler avec l’Union internationale des télécommunications, l’Union astronomique internationale, l’Union géodésique et géophysique internationale et l’IERS pour informer les utilisateurs et accompagner la mise en oeuvre. Il doit aussi continuer à surveiller la valeur de UT1-UTC telle qu’établie par l’IERS et en rendre compte régulièrement au CIPM. À très longue échéance, le remplacement évoqué est une correction d’une heure. Le BIPM relativise: « dans de nombreux pays, il existe des différences de plus d’une heure entre le temps solaire apparent local et le temps civil en raison du choix du fuseau horaire », et « des changements d’une heure sont régulièrement introduits lorsque l’heure d’été est utilisée ».

ParamètreAvant le 20 mai 2027Après le 20 mai 2027
Secondes intercalairesInsertions ponctuelles, 27 depuis 1972Supprimées
Écart UT1-UTC toléré0,9 seconde3 600 secondes
Échéance décidée2035 (CGPM 2022)20 mai 2027 (CGPM 2026)
Dernière insertion31 décembre 2016Aucune prévue

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