Pales d’éoliennes en bois plutôt qu’en plastique : Voodin Blade Technology mise 100 millions d’euros sur sa première usine mondiale en Navarre

Pales d’éoliennes en bois plutôt qu’en plastique : Voodin Blade Technology mise 100 millions d’euros sur sa première usine mondiale en Navarre

Voodin Blade Technology va ériger en Navarre la première usine au monde dédiée aux pales d’éoliennes en bois lamellé, pour plus de 100 millions d’euros. Le site vise une production commerciale de pales recyclables et une mise en service prévue en 2031.

Un projet industriel de 100 millions d’euros soutenu par l’UE

Le montage financier repose sur un investissement privé supérieur à 100 millions d’euros, complété par une subvention de 48,18 millions accordée par le Fonds pour l’Innovation de l’Union européenne. Ce soutien est géré par CINEA, l’agence chargée d’aligner les projets sur le Green Deal et REPowerEU.

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Les promoteurs présentent une feuille de route menant à une mise en service commerciale en 2031. La construction prévoit des lignes automatisées sans moule qui, d’après l’entreprise, réduisent le besoin de main-d’œuvre sur certaines étapes de fabrication.

Localement, l’implantation en Navarre répond à des critères d’accès aux matières premières et aux infrastructures logistiques. Les autorités régionales ont participé aux discussions pour sécuriser les permis et l’accès aux transports lourds.

Sur le plan industriel, le pari financier mise sur la montée en gamme de l’offre éolienne: réduire les coûts et aligner la filière sur des exigences circulaires tout en restant compétitif face aux pales en composite traditionnelles.

Technique: des pales en lamibois issues de forêts européennes certifiées

La matière première est du lamibois, fabriqué en collant des feuilles minces d’épicéa nordique. Le processus utilise des bois certifiés issus de forêts européennes gérées durablement, ce qui permet de contrôler l’empreinte carbone de la matière première.

Les pales prévues mesureront plusieurs dizaines de mètres et seront assemblées à partir d’éléments lamellés collés, technique qui vise à conserver la résistance mécanique tout en facilitant la valorisation en fin de vie.

Voodin communique sur une fabrication sans moules et une automatisation poussée, ce qui réduit les temps d’outillage et les déchets de production. Des prototypes de pales de près de 20 mètres ont déjà été testés en Allemagne, selon les responsables.

L’utilisation du lamibois ouvre des pistes de seconde vie: sciage pour usages structurels, valorisation énergétique contrôlée ou transformation en panneaux techniques, contrairement aux pales en fibre de verre difficiles à recycler.

Impact environnemental et gestion des déchets: 2,4 Mt CO2 évitées en dix ans

Les porteurs du projet estiment qu’entre 2,4 millions de tonnes d’équivalent CO2 pourront être évitées lors de la première décennie d’exploitation, en combinant stockage biogénique du carbone et réduction des émissions liées aux matériaux composites.

Le principal enjeu identifié reste la fin de vie des pales: aujourd’hui, environ 78 % des pales composites finissent enfouies ou incinérées, faute de filières de recyclage économiques. Le lamibois offre une alternative plus circulaire, avec des valorisations organiques ou industrielles possibles.

Des études de cycle de vie comparatives montrent que les pales en bois abaissent les postes d’émission liés à la production des résines et fibres, mais nécessitent une gestion forestière rigoureuse pour éviter toute déforestation indirecte.

Les partenaires techniques travaillent à des protocoles de démontage et de collecte pour maximiser la réutilisation des éléments boisés et réduire le recours aux décharges, avec des objectifs chiffrés pour les premières années d’exploitation.

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Emploi local et capacité de production: 450 postes et 160 jeux de pales par an

La capacité annoncée pour le site de Navarre est de 160 jeux de pales par an, chiffre qui correspond à la fabrication de centaines d’unités individuelles selon les dimensions finales des pales. La montée en cadence est prévue sur plusieurs années.

Sur le plan social, le projet promet la création d’environ 450 emplois locaux directs, auxquels s’ajouteront des emplois indirects dans la chaîne d’approvisionnement, la logistique et la maintenance.

Les profils recherchés mêleront opérateurs automatisation, techniciens bois et ingénieurs matériaux. L’entreprise a annoncé des programmes de formation partenariale avec des centres techniques régionaux pour sécuriser ces recrutements.

Enfin, la localisation en Navarre vise aussi à stimuler des filières régionales de transformation du bois, en créant une demande structurante pour l’épicéa certifié et des prestataires spécialisés.

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