La Maritime Administration (MARAD) et l’entreprise CORE POWER ont signé un mémorandum de coopération pour préparer la construction d’une flotte marchande américaine de 50 navires à propulsion nucléaire, ciblant un démarrage des chantiers en 2028. Ce partenariat vise à établir les règles commerciales, industrielles et réglementaires nécessaires avant toute exploitation commerciale.
MARAD et CORE POWER signent un MOC pour 50 navires nucléaires
Le mémorandum de coopération signé lie la MARAD et CORE POWER sur une période de sept ans pour définir les étapes préalables à la mise en service de navires marchands nucléaires. Il s’agit d’un accord de cadrage, non d’une commande ferme, destiné à réduire les incertitudes réglementaires et industrielles.
Le dossier couvre la réglementation des petits réacteurs modulaires (SMR), les opérations portuaires, la formation et la certification des équipages, ainsi que la gestion du combustible et la logistique tout au long de la vie du navire. L’objectif affiché est d’offrir un chemin opérationnel et financier clair aux investisseurs privés et aux chantiers navals américains.
La MARAD motive le projet par la nécessité de renforcer la souveraineté industrielle des États-Unis face à la domination chinoise dans la construction navale commerciale. Le calendrier vise un début de constructions potentielles en 2028, sous réserve des validations réglementaires et des engagements financiers.
Pourquoi 700 millions par navire contre 250 millions pour du classique
Le coût unitaire estimé à 700 M$ contraste avec les ~250 M$ d’un navire conventionnel équivalent. Ce surcoût s’explique par l’intégration d’un SMR, les installations de sûreté radiologique, l’infrastructure de manutention du combustible et les exigences de certification.
Les promoteurs estiment compenser cette prime par des économies opérationnelles : réduction des dépenses carburant, augmentation du temps en mer grâce à l’autonomie énergique, et vitesses de croisière supérieures permettant un meilleur taux d’utilisation. Ces paramètres sont présentés comme améliorant la rentabilité nette sur la durée de vie du navire.
Autre argument chiffré : l’absence d’émissions de soufre et la diminution des émissions de CO2 en opération, ce qui peut réduire les coûts liés aux contraintes environnementales et à la conformité aux zones SECA. Les porteurs de projet tablent aussi sur des économies de maintenance moteur liées à la nature stable de la production électrique nucléaire.
Obstacles techniques et réglementaires à régler avant mise en service
Le MOC répertorie des points pratiques à résoudre : homologation des SMR, compatibilité avec les opérations portuaires, mécanismes d’assurance, et règles de financement adaptées à un actif au profil atypique. Chacun impose des adaptations légales et opérationnelles substantielles.
La formation et la certification des équipages figurent parmi les enjeux majeurs. Les normes existantes pour les équipages civils ne couvrent pas l’exploitation d’un réacteur embarqué ; il faudra définir des référentiels nationaux, des cursus spécifiques et des procédures d’inspection indépendantes.
Au chapitre financier, l’assurance et les garanties gouvernementales jouent un rôle central pour attirer le capital privé. Les assureurs devront évaluer des risques nouveaux liés au combustible, aux opérations portuaires et à la responsabilité nucléaire en mer.
Capacités industrielles, chantiers et calendrier visé pour 2028
CORE POWER évoque la création d’un chantier naval nucléaire dédié capable d’assumer l’installation, le premier combustible, les essais, la mise en service, le ravitaillement et le support tout au long de la vie. Ce modèle vise à concentrer les compétences nucléaires et maritimes nécessaires.
La montée en capacité industrielle réclamera un renforcement des fournisseurs qualifiés et une montée en compétences d’une main-d’œuvre nucléaire-qualifiée. Les porteurs du projet mettent en avant des synergies possibles avec les industries navales existantes pour accélérer la chaîne d’approvisionnement.
Le calendrier 2028 reste conditionnel : il dépendra des validations réglementaires, des accords d’assurance et d’un engagement financier significatif, public ou privé. Dans l’immédiat, le MOC vise à clarifier ces points et à préparer la décision d’investissement qui déclenchera les premières commandes.
