La plateforme Douglas CCS a été posée en baie de Liverpool le 8 octobre 2026, pour stocker 109 millions de tonnes de CO2 dans trois gisements de gaz épuisés. Le Royaume-Uni a réservé jusqu’à 21,7 milliards de livres sur vingt-cinq ans pour ses projets de captage, mais aucune tonne ne sera injectée avant 2028.
4 370 tonnes posées par 29 mètres de fond en mer d’Irlande
Selon Interesting Engineering, qui cite l’opérateur Liverpool Bay CCS, la plateforme Douglas CCS a été installée le 8 octobre 2026 en baie de Liverpool, en mer d’Irlande. L’ouvrage pèse 4 370 tonnes au total : 1 885 tonnes pour les superstructures, 1 755 tonnes pour la structure porteuse, et 730 tonnes pour les huit pieux de fondation, ancrés par 29 mètres de fond. Les superstructures avaient été chargées au chantier italien de Piombino le 29 août 2026, étape que l’opérateur présentait comme la fin de la phase à terre.
L’opérateur décrit l’ouvrage comme « la première plateforme offshore au monde construite spécifiquement pour le captage et le stockage de carbone (CCS) destiné à la décarbonation industrielle ». Il revendique une livraison en moins de dix-huit mois après l’attribution du contrat, plus de 2 000 emplois mobilisés pendant la construction, 300 postes d’exploitation sur plus de vingt-cinq ans et 60 % des dépenses passées auprès de fournisseurs britanniques. Ces chiffres ne sont annoncés que par l’entreprise. Celle-ci précise que le projet n’est qu’à 50 % d’avancement.
109 millions de tonnes réparties entre Hamilton, Hamilton North et Lennox
Le chiffre central du projet est le volume que les réservoirs doivent accepter sur la durée de vie de la première phase : 109 millions de tonnes de CO2, répartis entre trois gisements d’hydrocarbures épuisés de la mer d’Irlande, Hamilton Main pour 53 millions de tonnes, Hamilton North pour 18 millions et Lennox pour 38 millions. L’injection démarrera à 4,5 millions de tonnes par an, avec un objectif de 10 millions de tonnes par an après 2030. Le CO2 arrivera du terminal gazier de Point of Ayr, dans le Flintshire, au nord du pays de Galles.
Plus de 120 kilomètres de canalisations de gaz recyclées en tuyaux à CO2
Liverpool Bay CCS est le premier projet britannique de captage à réutiliser des infrastructures existantes. Plus de 120 kilomètres de canalisations, trois structures offshore et une usine de traitement à terre sont repris, auxquels s’ajoutent environ 34 kilomètres de conduites neuves. La canalisation qui importait du gaz vers Point of Ayr change de sens et de contenu pour exporter du CO2 vers la plateforme. Dans ce chantier, Saipem a obtenu environ 520 millions d’euros pour la conversion des installations et Baker Hughes fournit la compression du CO2.
L’ensemble constitue la pièce centrale du cluster HyNet, qui vise à réduire les émissions de sites industriels du nord-ouest de l’Angleterre et du nord du pays de Galles : cimenteries, production d’hydrogène bas carbone et usines de valorisation énergétique des déchets. La capacité initiale de 4,5 millions de tonnes par an fixe mécaniquement la quantité d’émissions que ces sites pourront confier au stockage avant la montée en puissance annoncée pour l’après-2030.
Eni, BlackRock et 21,7 milliards de livres d’argent public
L’infrastructure est gérée par Liverpool Bay Carbon Capture and Storage Limited, filiale du groupe italien Eni, dont la branche Eni CCUS Holding est désormais détenue conjointement avec Global Infrastructure Partners, filiale de BlackRock, après une opération de financement d’environ 500 millions d’euros annoncée en mai 2026. Du côté public, le gouvernement britannique a réservé jusqu’à 21,7 milliards de livres sur vingt-cinq ans pour soutenir les projets de captage et de stockage au Royaume-Uni.
Eni a obtenu le financement de la ligne Liverpool Bay en octobre 2024 et la clôture financière est intervenue en avril 2025. Deux ans après ce premier engagement, la plateforme posée en octobre 2026 reste une étape de chantier : la mise en service est visée en 2028, et aucune tonne de CO2 n’aura été stockée d’ici là. Le projet accumule donc des jalons industriels vérifiables, pendant que la contrepartie climatique reste à venir.
Les chiffres du projet, étape par étape
| Élément | Valeur annoncée par l’opérateur |
|---|---|
| Installation de la plateforme | 8 octobre 2026, baie de Liverpool |
| Poids total de l’ouvrage | 4 370 tonnes, par 29 mètres de fond |
| Stockage sur la phase 1 | 109 millions de tonnes de CO2 |
| Injection annuelle | 4,5 millions de tonnes, puis 10 millions après 2030 |
| Infrastructures réutilisées | plus de 120 kilomètres de canalisations, trois structures offshore |
| Mise en service visée | 2028 |
