Antora Energy annonce le 1er octobre 2026 une batterie thermique de 5,8 GWh pour une bioraffinerie d’éthanol du Kansas, financée par des tiers menés par Copenhagen Infrastructure Partners. La capacité en gigawattheures est mise en avant, mais aucune puissance en mégawatts n’est communiquée, et l’énergie n’est pas attendue avant 2027.
5,8 GWh de carbone chaud pour une bioraffinerie d’éthanol du Kansas
L’accord porte sur l’installation d’un stockage thermique à la bioraffinerie de Pratt Energy, à Pratt, dans le Kansas, qui produit de l’éthanol pour carburant. La technologie d’Antora stocke l’électricité sous forme de chaleur dans des blocs de carbone solide isolés, et la restitue sur plusieurs jours. Le communiqué de l’entreprise parle d’un « projet de batterie thermique de près de 6 gigawattheures pour fournir une énergie abordable et renforcer l’économie du Kansas ». Pratt Energy dit viser à terme un éthanol à intensité carbone nulle, ce qui pourrait lui ouvrir de nouveaux marchés pour son carburant.
Une capacité annoncée, une puissance absente de l’annonce
C’est le trou du dossier : les gigawattheures sont mis en avant, pas les mégawatts. Or une capacité sans puissance ne dit rien du débit que l’installation pourra tenir, donc de ce qu’elle remplace réellement dans le procédé industriel. La comparaison est possible avec le précédent chantier d’Antora : le projet Big Stone, mis en service en mai 2026 à Big Stone City, dans le Dakota du Sud, pour le producteur de biocarburants POET, est dimensionné à 50 MW pour 5 GWh, soit environ cent heures de décharge à pleine puissance. Aucun chiffre équivalent, aucun coût d’investissement et aucun prix de l’énergie n’ont été publiés pour Pratt.
| Projet Antora | Big Stone, Dakota du Sud | Pratt, Kansas |
|---|---|---|
| Client | POET | Pratt Energy |
| Capacité annoncée | 5 GWh | 5,8 GWh |
| Puissance annoncée | 50 MW | Non communiquée |
| Durée à pleine puissance | Environ cent heures | Non calculable |
| État | En service depuis mai 2026 | Énergie attendue en 2027 |
Copenhagen Infrastructure Partners met l’argent, Pratt Energy garde l’usine
Le financement en fonds propres est apporté par des tiers, mené par le gestionnaire de fonds Copenhagen Infrastructure Partners, avec la société d’investissement australienne Grok Ventures et le University Pension Plan Ontario. Reiner Boehning, associé chez Copenhagen Infrastructure Partners, déclare selon ESS News : « Antora a démontré quelque chose de rare : une technologie solide, des fondamentaux économiques convaincants et une voie claire vers un déploiement reproductible à grande échelle. » Le montage évite donc au raffineur de porter la dépense d’investissement, mais la répartition exacte entre fonds propres et dette n’est pas détaillée dans l’annonce.
Cent emplois, douze bourses, et un fonds qui ne démarre qu’en 2027
Le projet doit créer plus de cent emplois de construction et d’exploitation. Il prévoit un partenariat de stages avec le Pratt Community College, des bourses attribuées via la South Central Community Foundation, jusqu’à douze bénéficiaires sur trois ans, et des subventions d’un fonds d’impact communautaire à partir de 2027. Ces contreparties locales sont annoncées par les entreprises et n’ont pas été évaluées par un tiers. La consommation d’eau est seulement présentée comme minime au-delà des opérations existantes de la bioraffinerie, sans volume chiffré.
Deuxième gros chantier de l’année, après 506 millions d’euros levés
C’est le deuxième grand projet de batterie thermique annoncé par Antora en 2026. L’entreprise avait annoncé le 30 juillet la clôture d’une série C de 550 millions de dollars, soit 506 millions d’euros, co-menée par G2 Venture Partners et Eclipse, pour passer ses déploiements américains à l’échelle. Son usine de San Jose, en Californie, a vu sa capacité de production doubler au printemps 2026 avec deux bâtiments supplémentaires, et un partenariat autour du carbone destiné à l’industrie américaine a été annoncé le 10 septembre avec GrafTech. Les gains environnementaux avancés pour Pratt reposent, selon les sources, sur des « conditions d’exploitation anticipées » et non sur des résultats mesurés.
