78,1 milliards d’euros par an pour bâtir des data centers américains, mais le Census ne compte ni les serveurs ni les baies

Façade extérieure d'un bâtiment de centre de données, avec ses grilles de ventilation et ses panneaux métalliques, sous un ciel dégagé

La construction privée de data centers aux États-Unis a atteint en août 2026 un rythme annualisé de 78,1 milliards d’euros, en hausse de plus de 73 % sur douze mois, selon le Census Bureau. Hors data centers, le reste de la construction privée non résidentielle recule de 5,9 %. Et ces chiffres ne comptent ni les serveurs ni les baies installés dans les bâtiments.

78,1 milliards d’euros en rythme annualisé, neuf fois le niveau de 2021

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Les tables détaillées de la dépense de construction publiées le 1er octobre 2026 par le Census Bureau placent la construction privée de data centers à 84,95 milliards de dollars en rythme annualisé pour le mois d’août, soit 78,1 milliards d’euros, contre 49,05 milliards de dollars un an plus tôt, soit 45,1 milliards d’euros. La hausse atteint plus de 73 % sur douze mois et 7,5 % sur le seul mois d’août. C’est un record pour la série, et la progression annuelle la plus rapide depuis avril 2025, où elle dépassait 88 %. En janvier 2021, le même poste valait 8,5 milliards d’euros, soit plus de neuf fois moins.

Les bureaux ordinaires décrochés de 36 milliards d’euros

Les data centers pèsent désormais environ 63 % de toute la construction de bureaux privés, contre 47 % un an plus tôt, le Census les classant comme une sous-catégorie de ce poste. Ils dépassent les bureaux généraux chaque mois depuis septembre 2025, et l’écart entre les deux atteint 36,0 milliards d’euros, le plus large depuis le début de la série en janvier 2014. Les bureaux généraux sont à 42,1 milliards d’euros, en baisse de 9,7 % sur un an et de 34,8 % depuis janvier 2023. La même catégorie statistique abrite ainsi un effondrement et un record.

Sans les data centers, la construction privée non résidentielle perd 5,9 %

La construction privée non résidentielle ressort à 711,2 milliards d’euros en rythme annualisé, en baisse de 1,0 % sur un an. Retirez les data centers et elle tombe à 633,1 milliards d’euros, en baisse de 5,9 %. Sur les 7,4 milliards d’euros de hausse mensuelle du non résidentiel privé, 5,4 milliards, soit 74 %, viennent des data centers. L’industrie manufacturière recule de 19,8 % sur un an, et la construction de data centers vaut maintenant environ la moitié de sa taille. Seule la catégorie électricité suit, avec 9,7 % de hausse sur un an.

Poste, rythme annualisé d’août 2026Montant convertiVariation sur douze mois
Data centers privés78,1 milliards d’eurosPlus de 73 %
Bureaux généraux privés42,1 milliards d’eurosMoins 9,7 %
Non résidentiel privé total711,2 milliards d’eurosMoins 1,0 %
Non résidentiel privé hors data centers633,1 milliards d’eurosMoins 5,9 %

« Difficile de remettre en perspective la taille et la vitesse de ce boom »

Anirban Basu, économiste en chef de l’Associated Builders and Contractors, déclare dans l’analyse de son organisation : « Franchement, il devient difficile de remettre en perspective la taille et la vitesse de ce boom. » L’organisation calcule un rythme annualisé de 149 % depuis mars 2026. Le même économiste prévient : « Malgré cette amélioration générale, la dynamique restera probablement confinée aux catégories des data centers et de l’électricité dans les mois à venir. L’escalade des coûts des matériaux et de la main-d’œuvre est réapparue au second semestre 2026, et la récente flambée des rendements des bons du Trésor continuera d’exercer une pression à la hausse sur les coûts d’emprunt. » Dans un communiqué du 1er septembre, il jugeait déjà le gain de juillet « entièrement dû aux data centers ».

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Ce que le Census ne compte pas, et qui change la lecture

Les définitions du Census excluent explicitement de ces montants la valeur des « baies ou serveurs dans les data centers », et les centrales et lignes de transport construites pour leur demande électrique sont rangées dans la catégorie électricité, séparée. Le rapport ne se prononce pas sur les causes de la hausse. Autrement dit, le chiffre record ne mesure que le bâtiment, au moment où les prix du matériel montent. Sur des données de juin, l’ABC relevait des carnets de commandes de 11,0 mois chez les entreprises engagées sur ces chantiers contre 8,5 mois ailleurs, ces premières ne représentant que 13 % de ses membres. Les données de septembre sont attendues le 2 novembre 2026.

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