Le centre de données de Loughton, dans l’Essex, devait accueillir ce que Nscale présente comme le plus grand supercalculateur d’IA du Royaume-Uni, avec jusqu’à 45 000 processeurs graphiques Nvidia GB200 et une mise en service annoncée pour le quatrième trimestre 2026. Selon Euronews, le gestionnaire UK Power Networks a prévenu la start-up que le réseau ne pourrait pas lui fournir assez d’électricité avant le début ou le milieu des années 2030. Derrière ce site, 315 projets de centres de données réclament 73 GW en Grande-Bretagne, pour un pic de demande national estimé à 45 GW.
Un raccordement renvoyé au début ou au milieu des années 2030
Selon Euronews, qui a publié l’information le 29 septembre 2026, UK Power Networks a indiqué à Nscale que le réseau ne pourra pas fournir assez d’électricité au site de Loughton avant « le début ou le milieu des années 2030 ». Le gestionnaire de réseau de distribution invoque des travaux nécessaires sur le réseau de transport national, et non une limite propre au site. Cette déclaration a été faite à la lettre professionnelle The Morning Intelligence. L’échéance initiale était tout autre : le communiqué de Nscale du 13 janvier 2025 annonçait une installation en service au quatrième trimestre 2026, et TechRadar évoquait encore le 3 octobre 2026 une ouverture prévue en 2027.
Ce que le communiqué de janvier 2025 promettait
Nscale, start-up britannique qui compte Nvidia parmi ses investisseurs, annonçait en janvier 2025 un investissement de 2,5 milliards de dollars (environ 2,3 milliards d’euros) sur trois ans au Royaume-Uni. Le site de Loughton était décrit comme une installation de 50 MW extensible à 90 MW, pouvant accueillir jusqu’à 45 000 processeurs graphiques Nvidia GB200, avec 500 emplois pendant la construction et 250 emplois d’exploitation sur trois ans. Josh Payne, directeur général de Nscale, déclarait alors : « Notre investissement au Royaume-Uni marque une étape importante dans la construction d’infrastructures d’IA de nouvelle génération. » Peter Kyle, alors secrétaire d’Etat à la Science, à l’Innovation et à la Technologie, ajoutait : « L’investissement de Nscale renforce la position du Royaume-Uni comme leader mondial de l’IA. »
| Elément | Annonce de Nscale, janvier 2025 | Etat constaté en 2026 |
|---|---|---|
| Mise en service | Quatrième trimestre 2026 | Electricité suffisante pas avant le début ou le milieu des années 2030, selon UK Power Networks |
| Puissance | 50 MW extensibles à 90 MW | Les 90 MW équivalent à la consommation annuelle d’environ 315 000 foyers britanniques types |
| Matériel | Jusqu’à 45 000 GPU Nvidia GB200 | Environ 23 000 puces d’IA annoncées en 2025 pour le supercalculateur, selon Euronews |
| Emplois | 500 en construction, 250 en exploitation sur trois ans | Aucun bilan publié |
Microsoft Azure attendait la puissance de calcul
Le supercalculateur de Loughton n’était pas destiné au seul usage de Nscale. En 2025, l’entreprise annonçait l’installation d’environ 23 000 puces d’IA Nvidia reliées entre elles, une capacité destinée à soutenir les services cloud Azure de Microsoft, selon Euronews. Les 90 MW visés représentent, en fonctionnement continu, l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 315 000 foyers britanniques types. Nscale dit rester engagée dans le projet et étudier une production d’électricité sur site ainsi que des moyens d’accélérer son raccordement. Aucun calendrier de remplacement n’a été communiqué par l’entreprise.
315 projets et 73 GW demandés pour un pays qui pointe à 45 GW
Le cas n’est pas isolé. Selon The Stack, plus de 315 projets de centres de données attendent un raccordement en Grande-Bretagne, pour 73 GW cumulés, soit près de 1,6 fois le pic de demande électrique du pays, estimé à 45 GW pour 2025-2026. Quarante de ces projets, d’une puissance comprise entre 500 MW et 1,5 GW, totalisent à eux seuls 31 408 MW ; 166 projets de 100 à 500 MW en totalisent 36 632. La file de demande de raccordement, tous usages confondus, est passée de 41 GW en novembre 2024 à 125 GW en juin 2025. Adhum Carter Wolde-Luhl, du cabinet Prism Power Group, déclare à The Stack à propos de cette file : « Personne dans ce secteur ne croit que tout cela est réel. »
Ofgem veut faire payer jusqu’à 712 500 livres par mégawatt
Le régulateur Ofgem a mis en consultation, jusqu’au 16 septembre 2026, des frais de raccordement payables d’avance de 237 000 à 712 500 livres par mégawatt pour les projets de plus de 40 MW, soit 23,7 à 71,25 millions de livres pour un site de 100 MW. Ces frais seraient remboursés à la mise en service et perdus en cas d’abandon, le but affiché étant de filtrer les demandes spéculatives. Ailleurs, les restrictions sont déjà en place : l’Ecosse a suspendu en septembre 2026 les autorisations de nouveaux centres de données hyperscale d’IA, Amsterdam a restreint les nouveaux centres et leurs extensions, et le Danemark a proposé une loi donnant aux gros consommateurs d’électricité une priorité de raccordement moindre, rapporte Euronews. Selon le centre de réflexion Ember, cité par le même média, la consommation électrique des centres de données européens passerait de 96 TWh en 2024 à 236 TWh en 2035.
