1 milliard de dollars sur cinq ans aux communes voisines, mais le même milliard avait été versé en trois ans : 0,1 % du budget 2026

Vue aérienne d'un centre de données d'Amazon Web Services : de longs bâtiments blancs alignés, couverts d'unités de refroidissement en toiture, au milieu d'un terrain nu.

Amazon a annoncé le 2 octobre 2026 un programme de plus de 1 milliard de dollars (environ 920 millions d’euros) sur cinq ans pour les communes voisines de ses centres de données. Le même communiqué rappelle que l’entreprise avait déjà versé ce montant en trois ans : le rythme annoncé tombe d’environ 333 à 200 millions de dollars par an. Rapportée aux 220 milliards de dollars d’investissements prévus pour 2026, l’enveloppe pèse 0,1 %, selon le calcul de Tom’s Hardware et de l’association Stand.Earth.

Ce que promet « Built Together », annoncé le 2 octobre 2026

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Le programme porte un nom, Built Together, et une signature, celle de Matt Garman, directeur général d’Amazon Web Services. « Avec Built Together, Amazon ajoutera plus de 1 milliard de dollars sur les cinq prochaines années à ce que nous faisons déjà, les communautés étant aux commandes pour déterminer ce qui leur est le plus utile », écrit-il, citant l’éducation, la formation professionnelle, l’accessibilité de l’énergie et l’eau. Selon Tom’s Hardware, qui a détaillé le 3 octobre 2026 le billet de blog de l’entreprise, trois volets sont prévus : des diplômes sans reste à charge, avec un objectif de plus de 300 000 étudiants, des centres de formation visant jusqu’à 100 000 travailleurs par an, et des subventions pour pompes à chaleur, isolation, batteries et panneaux solaires.

Un milliard sur cinq ans, après un milliard sur trois ans

C’est le communiqué lui-même qui fournit l’élément de comparaison le plus gênant : selon Ars Technica, Matt Garman y indique qu’Amazon a déjà versé « le même montant », plus de 1 milliard de dollars, aux communes de centres de données au cours des trois dernières années. Le nouvel engagement étale la même somme sur cinq ans, soit environ 200 millions de dollars par an (environ 184 millions d’euros) contre 333 millions auparavant. Les gains promis aux foyers, une facture d’électricité réduite de 20 à 40 % et jusqu’à 700 dollars (environ 644 euros) d’économies annuelles, sont annoncés par l’entreprise seule, sans évaluation indépendante.

« Une goutte d’eau », répond l’association Stand.Earth

Stand.Earth, association internationale active dans les communes hôtes de centres de données, a déclaré à Ars Technica que c’est Amazon qui est « trompeuse » et diffuse de la « propagande d’entreprise ». Ces dons représentent selon elle « une tentative désespérée de limiter les dégâts déjà causés par son déploiement de centres de données ». Son calcul est net : « Comparé aux 220 milliards de dollars que l’entreprise investit dans les centres de données pour la seule année 2026, l’engagement d’Amazon de 1 milliard de dollars sur cinq ans pour le soutien aux communautés est une goutte d’eau. » Ce montant de 220 milliards est celui avancé par l’association et par Tom’s Hardware ; d’autres recensements retiennent 200 milliards, et le communiqué ne publie aucun chiffre consolidé.

La centrale de Pecos, au Texas, absente du communiqué

Le reproche principal porte sur ce qui n’est pas écrit. « Malgré toutes les déclarations d’Amazon sur ses investissements dans l’énergie décarbonée, l’entreprise omet commodément qu’elle construit à Pecos, au Texas, la plus grande source unique d’émissions climatiques des Etats-Unis », affirme Stand.Earth, qui ajoute : « les communautés subiront 33 millions de tonnes de pollution atmosphérique nocive chaque année, la centrale consommant autant d’énergie qu’il en faut pour alimenter plus de 1,9 million de foyers. » Ce chiffre de 33 millions de tonnes est avancé par l’association, pas par un organisme public. Sur les groupes de secours, Amazon soutient qu’ils ne tournent qu’« environ 10 heures par an » ; l’association cite des cas où des sites ont fonctionné au diesel plusieurs jours d’affilée.

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Fin des accords de confidentialité, et ce qui reste sans réponse

Une mesure fait consensus : Amazon annonce renoncer aux accords de confidentialité lors de la construction de nouveaux sites, ce que Stand.Earth juge utile à la transparence. L’association estime en revanche que « beaucoup des préoccupations essentielles des communautés ne sont pas traitées », notamment l’empreinte en eau des infrastructures électriques qui alimentent les centres de données. L’entreprise promet de ne pas faire monter les factures, se dit « positive en eau » à l’horizon 2030 et affirme que 75 % de ses projets ont déjà atteint cet objectif. Matt Garman qualifie par ailleurs de « fausses » et « trompeuses » plusieurs inquiétudes des riverains, et dit que des rivaux cherchent à « nous duper pour nous faire ralentir ».

Contrepartie proposée à des communes américainesMontant ou avantage
Amazon, Built Together, 2 octobre 20261 milliard de dollars sur cinq ans, soit 200 millions par an
Amazon, trois années précédentes1 milliard de dollars, soit 333 millions par an
SpaceXAI, Memphis et SouthavenRemise de 50 % sur Starlink
Promoteur d’un site de 526 hectares10 000 dollars à 4 500 foyers
Site du Maryland110 millions de dollars (101 millions d’euros)
Etat de New York, recommandation1 million de dollars par mégawatt construit

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