1 emploi permanent par mégawatt, mais aucun chiffre complet transmis : trois sénateurs chiffrent la facture des data centers d’IA

Vue aérienne d'un vaste data center de plain-pied, entouré de terrains dégagés et d'un plan d'eau, au coucher du soleil

Environ un emploi permanent par mégawatt installé : c’est le ratio qui ressort du rapport de 27 pages publié le 9 octobre 2026 par les sénateurs américains Elizabeth Warren, Chris Van Hollen et Richard Blumenthal, au terme d’un an d’enquête sur les data centers d’intelligence artificielle. Sept entreprises ont été interrogées, et plusieurs ont refusé de transmettre des données complètes sur l’emploi une fois les sites en service. Les trois sénateurs affirment que la facture des réseaux électriques, elle, part chez les abonnés.

Un site de 100 MW, autant d’électricité que 100 000 foyers, une centaine d’emplois

Le rapport a été rendu public le 9 octobre 2026 et Time en avait rendu compte en exclusivité la veille. Les sept sociétés interrogées sont Amazon, Google, Meta, Microsoft, CoreWeave, Digital Realty et Equinix. Selon les sénateurs, les promoteurs mettent systématiquement en avant les emplois de chantier lorsqu’ils présentent un projet, mais plusieurs ont refusé de fournir des chiffres complets sur l’emploi permanent en exploitation. Les quelques données transmises aboutissent à un ratio d’environ un poste par mégawatt de puissance appelée : un site de 100 MW, qui consomme à peu près autant d’électricité que 100 000 foyers, n’emploierait donc qu’une centaine de personnes.

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39 % des dépenses en processeurs graphiques, et l’exonération qui compte vraiment

Le rapport estime que 39 % des dépenses d’un data center d’IA d’un gigawatt partent dans les processeurs graphiques. Cette concentration de la valeur dans le matériel déplace l’enjeu fiscal : les sénateurs jugent les exonérations de taxe sur les ventes portant sur les équipements informatiques plus avantageuses pour les entreprises que les abattements de taxe foncière, pourtant davantage scrutés lors de l’instruction des dossiers locaux. Le matériel étant entretenu, remplacé et mis à niveau en permanence, l’avantage se renouvelle. Selon le rapport, Microsoft a indiqué qu’elle continuerait à demander ces exonérations.

Le critère « but-for » rejeté par les sept entreprises

Le point le plus disputé concerne le réseau électrique. Les sept entreprises ont rejeté le critère dit « but-for », qui leur ferait payer les infrastructures construites uniquement à cause de leurs installations. Elles se disent prêtes à régler les coûts directs de raccordement, mais estiment ne pas devoir financer les investissements plus larges, centrales et lignes de transport, susceptibles de servir aussi à d’autres clients. Les sénateurs répondent que ces investissements sont d’abord tirés par la demande d’électricité des data centers eux-mêmes. Un engagement de protection des abonnés, signé par les développeurs plus tôt dans l’année, n’a pas été transformé en loi, des sénateurs l’ayant jugé sans mordant.

7,4 à 12 euros de plus par mois sur la facture, en Louisiane

Le rapport chiffre un cas précis : pour le site de Meta en Louisiane, l’effet projeté est une hausse de la facture moyenne des clients de 7,4 à 12 euros par mois (8 à 13 dollars). Côté opinion, environ la moitié des Américains jugent négativement la construction de data centers, selon Time. « Le Congrès doit tenir les géants de la tech pour responsables afin que ces entreprises paient leur juste part », déclare la sénatrice Elizabeth Warren. « Ce rapport met au jour ce que nous savions depuis longtemps : les travailleurs américains et les collectivités locales paient la facture de l’expansion massive des data centers des géants de la tech, tandis que ces entreprises continuent d’opérer sans transparence », déclare le sénateur Chris Van Hollen.

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Accords de confidentialité : deux engagements, deux refus

Le rapport relève que les entreprises ont « systématiquement cherché » à signer des accords de confidentialité avec les services publics, les propriétaires fonciers et les élus locaux pendant le développement des projets, ce qui limite l’information des habitants sur les coûts d’infrastructure et sur qui les paie. Microsoft et Amazon se sont engagées à y renoncer avec les collectivités locales, Microsoft continuant toutefois de les employer avec les Etats et les opérateurs de réseau. Google et Meta ont refusé de prendre cet engagement. Les auteurs reconnaissent que leurs constats recoupent largement ce que divers médias ont publié depuis un an.

Donnée du rapportValeur annoncée
Emploi permanent par mégawattenviron 1, soit 100 pour un site de 100 MW
Consommation d’un site de 100 MWéquivalent d’environ 100 000 foyers
Part des processeurs graphiques (site de 1 GW)39 % des dépenses
Effet sur la facture, site Meta en Louisiane7,4 à 12 euros de plus par mois
Entreprises interrogées7, dont 7 rejettent le critère « but-for »
Fin des accords de confidentialité avec les communes2 engagements (Microsoft, Amazon), 2 refus (Google, Meta)

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