704 MW déjà raccordés et 65 éoliennes posées, mais Washington demande le réexamen du permis : troisième tentative contre Revolution Wind

Sections de mâts d'éoliennes blanches et grues de levage alignées sur un terrain d'entreposage portuaire, sous un ciel bleu

Les 65 éoliennes sont posées, l’électricité part sur le réseau depuis le 13 mars 2026, et le ministère américain de la justice demande le réexamen du permis. C’est la troisième tentative de l’administration Trump contre Revolution Wind, parc de 704 mégawatts qui doit faire baisser la facture de gros en Nouvelle-Angleterre d’environ 460 millions d’euros par an.

Une requête déposée le 9 octobre sur un chantier déjà raccordé

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Le 9 octobre 2026, le ministère de la justice a déposé devant le tribunal fédéral du district de Columbia une requête demandant le renvoi pour réexamen de l’approbation du plan de construction et d’exploitation de Revolution Wind, délivrée en 2023 par le Bureau of Ocean Energy Management. Il ne s’agit pas d’un ordre d’arrêt des travaux, mais d’une demande de remise à plat de l’autorisation. Le calendrier est particulier : les 65 éoliennes du parc, développé par Orsted au large du Rhode Island, ont toutes été installées en septembre 2026, et l’installation injecte de l’électricité depuis le 13 mars 2026. La pleine exploitation commerciale est attendue avant la fin de l’année.

Troisième tentative, troisième argumentaire

En août 2025, l’administration avait tenté d’arrêter le chantier alors qu’il était réalisé à environ 80 %. En décembre 2025, elle avait émis un ordre d’arrêt des travaux au motif d’un risque pour la sécurité nationale, lié à d’éventuelles interférences radar. Les tribunaux ont rejeté les deux mesures et les travaux ont repris en janvier 2026. Pendant l’arrêt de 2025, Orsted avait chiffré ses pertes à 2 millions de dollars par jour, soit environ 1,84 million d’euros. La requête d’octobre abandonne la sécurité nationale et s’appuie cette fois sur le droit de l’environnement.

DateAction de l’administrationMotif invoquéIssue
Août 2025Arrêt du chantier, achevé à environ 80 %Réexamen du permisRejeté par la justice
Décembre 2025Ordre d’arrêt des travauxSécurité nationale, interférences radarRejeté, reprise en janvier 2026
9 octobre 2026Requête en renvoi pour réexamen du permisImpacts sur la pêche et les usages marinsEn attente devant le juge Lamberth

Ce que le ministère de l’intérieur reproche désormais à l’autorisation

Le ministère de l’intérieur soutient que l’alternative retenue en 2023 causerait, selon les termes du document, des « impacts majeurs sur la pêche commerciale et la pêche récréative commerciale ; les ressources culturelles ; les autres usages marins : la recherche scientifique et les relevés ; et les ressources visuelles ». La requête s’inscrit dans la procédure engagée en janvier 2024 par Green Oceans, association environnementale du Rhode Island qui reproche aux agences fédérales d’avoir violé le droit de l’environnement lors de l’instruction des permis. Interrogé, le ministère affirme qu’il « respecte un calendrier de procédure, sans annoncer de changement de politique » et que « notre position est restée constante tout au long de cette administration ».

460 millions d’euros par an attendus sur la facture de gros

L’électricité de Revolution Wind est vendue à des distributeurs du Connecticut et du Rhode Island sous contrats à prix fixe de vingt ans, pour l’équivalent de la consommation de plus de 350 000 foyers et entreprises. Le département de l’énergie et de la protection de l’environnement du Connecticut estime que le parc fera baisser le coût de gros de l’électricité en Nouvelle-Angleterre d’environ 500 millions de dollars par an, soit quelque 460 millions d’euros, à l’horizon 2028. L’investissement total atteint 6,2 milliards de dollars, environ 5,7 milliards d’euros. Hillary Bright, directrice exécutive de l’organisation Turn Forward, estime que la requête « injecte de l’incertitude dans un projet éolien en mer presque achevé, sur lequel comptent les planificateurs du réseau et les consommateurs du Nord-Est ».

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Le juge Lamberth tranchera, le compromis du Sénat en arrière-plan

Le dossier revient devant le juge fédéral Royce Lamberth, qui avait précédemment qualifié la conduite de l’administration d’« arbitraire et capricieuse ». Le gouverneur du Connecticut Ned Lamont et le procureur général de l’Etat William Tong ont annoncé qu’ils défendraient le projet, jugeant la démarche contradictoire avec les objectifs affichés de simplification des permis. Selon Canary Media, cette nouvelle offensive pourrait aussi fragiliser le compromis bipartisan en discussion au Sénat sur la réforme des procédures d’autorisation : les démocrates avaient conditionné leur soutien à l’arrêt des recours contre les projets renouvelables déjà autorisés.

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