Taïwan va lever au moins 3,68 milliards d’euros par sa fédération de l’électronique pour bâtir un parc industriel au Texas, destiné aux petits sous-traitants de TSMC, Foxconn et Wistron, selon Bloomberg. Un terrain aurait déjà été retenu, mais le ministère des Affaires économiques n’a publié ni localisation, ni surface, ni calendrier, et Washington ne s’est pas exprimé.
3,68 milliards d’euros levés par une fédération, pas par l’État
L’argent ne viendra pas directement du budget taïwanais. Selon Bloomberg, dont l’information a été reprise le 16 octobre 2026 par Tom’s Hardware, c’est la Taiwan Electrical and Electronic Manufacturers’ Association (TEEMA), l’association des industriels taïwanais de l’électrique et de l’électronique, qui doit réunir au moins 3,68 milliards d’euros, soit 4 milliards de dollars. Le projet n’est pas unique: le gouvernement évoque « plus d’un » site aux États-Unis, chacun chiffré entre 1,84 et 3,68 milliards d’euros, soit 2 à 4 milliards de dollars. Le premier parc est prévu au Texas.
Les sous-traitants qui ne peuvent pas suivre leurs clients
La raison invoquée est une asymétrie de trésorerie dans la chaîne d’approvisionnement. Les géants taïwanais financent seuls leur implantation américaine: TSMC a engagé 243,8 milliards d’euros, soit 265 milliards de dollars, pour ses usines d’Arizona selon Bloomberg. Les entreprises qui fabriquent les pièces dont ces usines dépendent, par exemple des substrats de boîtier ou des modules de refroidissement, n’ont pas cette capacité financière et ne peuvent pas s’étendre seules outre-Atlantique. Le parc vise précisément ces fournisseurs, dont dépendent aussi Foxconn et Wistron.
Garanties de prêt, visas et permis: ce que promet Taipei
L’aide annoncée ne s’arrête pas au terrain. Le gouvernement taïwanais indique qu’il offrira des garanties de prêt aux entreprises qui s’installeront sur le site, et qu’il les appuiera dans leurs échanges avec les autorités locales et fédérales américaines sur les visas, les permis et les autres formalités. Le ministre des Affaires économiques, Kung Ming-hsin, décrit l’objectif ainsi: « Nous allons établir là-bas une chaîne d’approvisionnement durable et de long terme, à laquelle pourront aussi se joindre des entreprises américaines et des travailleurs locaux, et pas seulement des entreprises taïwanaises. »
Un terrain au Texas, mais aucun détail publié
C’est la principale réserve. Taïwan aurait déjà sécurisé une parcelle au Texas, mais le ministère des Affaires économiques n’a communiqué aucun élément vérifiable et renvoie à plus tard la présentation du projet: ni adresse, ni superficie, ni date de mise en service, ni liste des entreprises candidates. Selon Tom’s Hardware, le gouvernement américain ne s’est pas exprimé sur ce plan. Tout ce qui est public à ce stade est donc un montant, un État et une intention portée par une fédération professionnelle.
Des engagements pris dans l’accord commercial avec Washington
Le contexte est celui des promesses d’investissement souscrites par Taipei dans son accord commercial avec les États-Unis, qui comprend selon Bloomberg 230 milliards d’euros, soit 250 milliards de dollars, de garanties de crédit, et d’une volonté de réduire l’exposition au risque géopolitique lié aux tensions avec la Chine. Tom’s Hardware rapporte un dernier point, qui dit la limite de l’ouverture annoncée: Kung Ming-hsin a cité Terafab, la société d’Elon Musk, comme cliente possible de cette future base de fournisseurs, tout en précisant que les industriels taïwanais ne transféreraient pas leurs technologies pour lui permettre une intégration verticale.
| Montant | Qui | Objet |
|---|---|---|
| 3,68 milliards d’euros au minimum | TEEMA, fédération professionnelle | Financement du parc texan |
| 1,84 à 3,68 milliards d’euros par site | Gouvernement taïwanais (estimation) | Coût de chaque parc, « plus d’un » prévu |
| 243,8 milliards d’euros | TSMC | Usines d’Arizona, selon Bloomberg |
| 230 milliards d’euros | Accord commercial Taïwan, États-Unis | Garanties de crédit, selon Bloomberg |
