Toyota et Lexus préparent une étape attendue sur le marché des SUV familiaux, leurs tout premiers modèles électriques à trois rangées de sièges.
D’un côté, le Toyota Highlander BEV, de l’autre, le Lexus TZ, annoncé comme un SUV de luxe 100% électrique à transmission intégrale. Les deux véhicules visent une arrivée en concessions d’ici la fin 2026, avec une autonomie annoncée autour de 480 km selon les configurations et les estimations évoquées. Le sujet n’est pas seulement une question de nouveauté produit. Les SUV 7 places restent un segment central pour les familles, les flottes et les usages de loisirs, mais l’offre électrique y est encore plus rare que sur les formats compacts. Toyota et Lexus entrent donc sur un terrain où la demande existe, mais où la recharge, le poids, le prix et l’habitabilité deviennent des arbitrages très concrets, pas des promesses publicitaires.
Lexus TZ 2027 officialise un SUV 3 rangées AWD
Le Lexus TZ est présenté comme le premier SUV de la marque à trois rangées et 100% électrique, avec une transmission intégrale AWD. Lexus le positionne clairement sur une logique de grand SUV familial premium, orienté confort, silence de fonctionnement et qualité perçue. Le véhicule repose sur une base technique TNGA, avec une structure annoncée comme renforcée pour la stabilité et le comportement, un point sensible sur des électriques lourds et hauts sur pattes.
Sur le plan des dimensions, Lexus communique des chiffres précis, ce qui donne une idée du gabarit réel. Longueur totale, 200,8 pouces, soit environ 5,10 m. Largeur, 78,3 pouces, soit environ 1,99 m. Hauteur, 67,1 pouces, soit environ 1,70 m. Empattement, 120,1 pouces, soit environ 3,05 m. On est sur une architecture pensée pour loger trois rangées sans transformer la troisième en siège d’appoint, même si l’usage réel dépendra du dessin du plancher et des réglages de banquette.
Lexus annonce aussi une capacité de coffre de 13,8 ft, soit environ 391 litres, valeur qui correspond généralement au volume derrière la troisième rangée. Ce chiffre, pris seul, ne dit pas tout, mais il sert de repère, il y a un coffre exploitable même en configuration 6 ou 7 places. Le rayon de braquage minimum est donné à 17,2 ft, soit environ 5,24 m avec DRS, et 19,0 ft, soit environ 5,79 m sans DRS, ce qui peut changer la vie en manuvre dans des parkings étroits.
À bord, Lexus met en avant son concept “Driving Lounge”, avec une promesse de confort type salon et une ambiance plus haut de gamme que chez Toyota. L’idée est simple, faire oublier qu’on est dans un gros SUV électrique, en jouant sur l’espace, le calme, et une présentation plus raffinée. La marque annonce aussi Lexus Safety System+ 4.0, un point important sur ce segment, où les acheteurs attendent des aides à la conduite modernes et cohérentes avec le positionnement premium.
Deux batteries 76,96 et 95,82 kWh annoncées
Le Lexus TZ doit être proposé avec deux batteries lithium-ion, 76,96 kWh et 95,82 kWh. Ce choix est stratégique, il permet d’ouvrir une entrée de gamme plus accessible, tout en proposant une version plus endurante pour les gros rouleurs et les familles qui enchaînent autoroute et week-ends. Dans les échanges du secteur, on voit souvent que la taille de batterie devient un marqueur de prix autant qu’un marqueur d’usage, surtout sur des véhicules lourds et hauts.
Côté autonomie, les estimations évoquent une fourchette d’environ 450 à 540 km selon la configuration, avec une homologation qui n’est pas finalisée. Si on retient la valeur pivot de 480 km, elle devient un objectif de positionnement, pas un record. Pour un SUV 3 rangées, c’est plutôt cohérent, mais il faudra regarder les conditions de mesure, la taille de jantes, la gestion thermique, et surtout la tenue sur autoroute chargée, là où les gros SUV électriques perdent souvent plus que prévu.
La recharge rapide DC est annoncée à 150 kW, avec un 10 à 80% en environ 30 minutes, sans distinction claire entre les deux batteries. C’est un point qui mérite une nuance, 150 kW, en 2026, ce n’est pas le haut du panier. Sur un véhicule familial, ce qui compte n’est pas seulement le pic, mais la courbe, la régularité et la capacité à répéter les sessions en été comme en hiver. Un ingénieur produit interrogé dans ce type de lancement, appelons-le Marc, résume souvent le sujet de façon directe, “sur un grand SUV, la recharge doit être prévisible, pas spectaculaire”.
Autre donnée concrète, la capacité de remorquage annoncée peut atteindre 3 500 lb, soit environ 1 588 kg. C’est un chiffre important pour les usages caravaning léger, remorque utilitaire, porte-bateau. Mais il faut rappeler une règle simple, remorquer réduit fortement l’autonomie. Même avec 480 km théoriques, une remorque et de l’autoroute peuvent ramener l’autonomie utile à des valeurs nettement plus basses, ce qui rend la planification de recharge plus exigeante.
DIRECT4 et DRS pour manuvres et stabilité
Le Lexus TZ s’appuie sur une transmission intégrale annoncée comme une évolution du système DIRECT4, avec une promesse de motricité et de stabilité. Sur un SUV haut, lourd, et potentiellement chargé de passagers, la gestion fine du couple entre les essieux devient un sujet de sécurité autant que de confort. Ce n’est pas seulement “ça accélère fort”, c’est “ça reste propre sur route humide, en rond-point, et en dépassement”.
Lexus insiste aussi sur une structure de caisse améliorée pour la stabilité et un comportement “composé”. Là encore, c’est un thème très concret sur les électriques familiaux, parce que le poids des batteries impose des réglages de suspension plus complexes. Les marques premium cherchent souvent à éviter l’effet bateau, sans tomber dans une suspension trop ferme. Le compromis se joue sur l’amortissement, la rigidité, les pneus, et le calibrage des aides électroniques, surtout sur des jantes pouvant aller jusqu’à 22 pouces.
Le rayon de braquage, déjà chiffré, renvoie à un équipement souvent ignoré sur les fiches marketing, la direction arrière. Avec DRS, Lexus annonce environ 5,24 m de rayon minimum, contre 5,79 m sans. Dans la vraie vie, ça veut dire moins de marches arrière pour se garer, moins de stress dans les parkings de centres commerciaux, et une utilisation plus simple quand on transporte des enfants, des sacs, ou qu’on doit se glisser dans une place étroite.
La sécurité active est portée par LSS+ 4.0, présenté comme un ensemble avancé d’assistances et de fonctions de confort. Les acheteurs de ce segment attendent un niveau élevé, mais ils deviennent aussi plus exigeants sur l’ergonomie, les alertes trop intrusives, ou les systèmes qui bipent à tort. Une critique revient souvent sur les nouveaux SUV bardés d’aides, la technologie doit réduire la fatigue, pas en créer. Lexus devra donc convaincre sur le calibrage, pas seulement sur la liste de fonctions.
Highlander BEV et Lexus TZ, une base commune à différencier
Le Lexus TZ est présenté comme proche techniquement du Toyota Highlander BEV, ce qui n’a rien de surprenant dans un groupe qui mutualise plateformes et chaînes de traction. L’enjeu devient alors la différenciation, surtout à un moment où les clients comparent tout, autonomie, recharge, espace, mais aussi qualité d’assemblage et expérience à bord. Sur le papier, Lexus met en avant un intérieur plus travaillé et une approche “hospitalité” inspirée de l’Omotenashi et du savoir-faire Takumi.
Un point d’habitabilité ressort, l’absence de réservoir de carburant permettrait de positionner les sièges arrière plus bas, ce qui améliore la posture et la garde au toit, y compris pour des adultes. Lexus évoque aussi des facilités d’accès, avec des commandes pour rabattre les sièges extérieurs de la deuxième rangée, des marchepieds d’accès et des poignées. Ce sont des détails, mais sur un 3 rangées, ce sont souvent ces détails qui font la différence au quotidien, surtout quand la troisième rangée sert plusieurs fois par semaine.
Dans cette famille de véhicules, un autre modèle est évoqué, le Subaru Getaway, annoncé comme un sept places électrique partageant une grande partie de sa technologie avec le Highlander BEV. Subaru serait positionné à un prix inférieur à Toyota, ce qui crée une pression interne intéressante, Toyota doit justifier son tarif face à Subaru, Lexus doit justifier le sien face à Toyota. Pour le consommateur, c’est potentiellement une bonne nouvelle, parce que la concurrence se joue aussi à l’intérieur des alliances.
Le risque, et il faut le dire sans détour, c’est l’effet “copier-coller”. Si l’autonomie, la recharge et les performances sont trop proches, Lexus devra se battre sur le ressenti, l’insonorisation, la qualité des matériaux et le service. Sur les forums, certains observateurs se demandent déjà comment la marque compte différencier le TZ d’un Toyota déjà bien équipé. La réponse se jouera probablement sur les essais presse, les premières livraisons, et la capacité de Lexus à offrir une expérience premium qui se voit et se touche, pas seulement une calandre différente.
Commercialisation d’ici fin 2026, prix et attentes du marché
Sur le calendrier, l’objectif est une arrivée à la vente d’ici la fin 2026 pour disposer d’une option trois rangées électrique chez Lexus, avec une fenêtre qui peut aussi déborder sur le tout début 2027 selon les marchés. Lexus indique que les informations de gamme et de prix seront communiquées plus tard en 2026. Ce choix de communication est classique, mais il laisse les acheteurs dans l’attente, surtout dans un segment où le budget est un facteur décisif.
Le positionnement se jouera sur quelques critères simples. D’abord l’autonomie réelle autour de 480 km, ensuite la recharge à 150 kW et le 10 à 80% en 30 minutes, enfin l’habitabilité et la modularité. Dans une famille, le débat n’est pas théorique, c’est “est-ce que trois sièges enfants passent”, “est-ce qu’on peut charger des valises sans rabattre tout le monde”, “est-ce que la troisième rangée est utilisable sans contorsion”. Ces questions feront ou déferont la réputation du modèle.
Il y a aussi l’équation énergétique. Sur un grand SUV, la consommation grimpe vite à vitesse stabilisée, et l’écart entre une fiche technique et un trajet de vacances chargé peut être sensible. Si Lexus et Toyota veulent convaincre, ils devront être transparents sur les scénarios d’usage, notamment autoroute, hiver, et remorquage jusqu’à 1 588 kg. Un responsable de concession, appelons-le Marc, le dit souvent aux clients, “le chiffre d’autonomie sert à comparer, mais votre usage sert à décider”.
Enfin, la concurrence ne va pas attendre. Le segment des SUV électriques familiaux s’élargit, et les clients comparent aussi l’écosystème de recharge, l’intégration logicielle, et la fiabilité perçue. Toyota et Lexus ont une carte forte, leur image de robustesse, mais ils seront attendus sur l’électrique au même niveau que sur l’hybride. Si l’expérience de recharge est jugée trop moyenne, ou si l’autonomie se révèle trop optimiste, le marché sanctionne vite, surtout sur des véhicules à gros ticket.
Sources : Lexus
