Waymo s’apprête à démarrer, dès avril 2026, un pilote de service de transport à la demande autonome à Londres, sans conducteur humain derrière le volant.
L’objectif affiché est clair, tester en conditions réelles avant une ouverture commerciale au public visée dès septembre 2026, sous réserve d’un feu vert réglementaire. La capitale britannique n’est pas un terrain neutre. Plan de rues irrégulier, flux de bus et de vélos, carrefours denses, météo changeante, la ville va servir de banc d’essai européen à une technologie déjà déployée sur plusieurs marchés américains. Pour les Londoniens, la promesse est celle d’un trajet réservé via une application, avec une question qui revient déjà, qui surveille vraiment quand il n’y a personne au volant?
Waymo vise avril 2026 pour le pilote, septembre pour l’ouverture
Le calendrier repose sur deux jalons. D’abord un pilote en avril 2026, conçu comme une phase de validation sur route, puis une mise en service élargie dès septembre 2026 si l’encadrement administratif suit. Le gouvernement britannique a annoncé travailler à des règles pro-innovation pour permettre des taxis sans conducteur dans la seconde moitié de 2026, sans donner de date précise, ce flou compte beaucoup dans la suite. Sur le terrain, la préparation est déjà visible. Une flotte d’environ 24 véhicules circule actuellement dans Londres avec un conducteur de sécurité, le temps de cartographier, collecter des données et apprendre les comportements locaux. Ce point est central, la phase actuelle n’est pas du transport de clients, c’est une montée en compétence progressive, avec des trajets répétés, des scénarios réels, et une accumulation de situations typiquement londoniennes. Pour Alphabet, maison mère de Waymo, Londres a une valeur de vitrine, première ville européenne visée pour un service commercial. La comparaison avec les États-Unis est tentante, Waymo revendique plus de 10 millions de courses payantes depuis 2020 et plus de 100 millions de miles parcourus en conduite entièrement autonome sur ses opérations américaines. Mais transposer ces acquis à une métropole britannique ne se fait pas en copiant-collant, et l’échéance de septembre dépend d’un facteur externe, l’aval réglementaire.
Le Jaguar I-Pace de Waymo combine lidar, caméras, radar et microphones
La voiture présentée à Londres, un Jaguar I-Pace modifié, illustre l’approche multi-capteurs de la marque. Waymo décrit quatre systèmes qui alimentent sa perception, lidar, vision par caméras, radar et microphones. L’ensemble sert à construire une compréhension à 360 degrés de l’environnement, y compris dans des conditions difficiles, avec une portée annoncée allant jusqu’à l’équivalent de trois terrains de football. Le traitement se fait à bord, via un ordinateur installé dans le coffre, qui agrège les signaux et calcule les décisions en temps réel. C’est cette architecture qui doit permettre de se passer d’un conducteur humain. Sur une scène londonienne, cela se traduit par des cas concrets, gestion de véhicules qui se rabattent tard, anticipation d’un bus qui quitte son arrêt, ou lecture d’une intersection encombrée où piétons et vélos se croisent, parfois sans contact visuel clair. La nuance, et elle est de taille, tient à la capacité d’un système entraîné majoritairement sur des routes américaines à généraliser. La professeure Missy Cummings, spécialiste de robotique et d’autonomie, a publiquement exprimé des doutes sur la transférabilité de la vision artificielle d’un pays à l’autre. Dit autrement, ce n’est pas le capteur qui pose question, c’est la compréhension des usages locaux. Un habitué de Londres le sait, certains comportements ne sont pas écrits dans le code de la route, ils se lisent dans la dynamique du trafic.
Le Royaume-Uni prépare des règles, Transport for London sera un acteur clé
Le lancement commercial dépend d’un cadre en cours d’écriture. Les autorités britanniques disent vouloir adapter la réglementation au second semestre 2026 pour rendre possible l’exploitation de taxis sans conducteur. Dans l’intervalle, Waymo indique travailler étroitement avec le Department for Transport et Transport for London pour obtenir les autorisations nécessaires. Dans un système urbain déjà très régulé, l’intégration opérationnelle comptera autant que la prouesse technique. La question de la supervision humaine à distance revient aussi, car un service autonome ne signifie pas forcément absence totale d’intervention humaine. Le débat porte sur le niveau d’assistance, quand un véhicule se retrouve face à une situation ambiguë, travaux, déviation, incident sur la chaussée. Pour l’usager, la promesse est simple, réserver via une application comme pour un VTC, monter à bord, et partir. Mais pour la ville, l’enjeu est de savoir qui répond, et comment, en cas d’aléa. Les responsables politiques mettent en avant l’impact économique, emplois, investissement, et options de transport plus accessibles. Mais il y a aussi un test de confiance. Un ancien cadre de la mobilité urbaine à Londres, Marc, résume ce que beaucoup pensent tout bas, si la voiture sait rouler, très bien, mais je veux savoir qui est responsable quand ça coince, l’opérateur, la ville, ou le fabricant. Le pilote d’avril va servir à répondre par des faits, pas par des slogans, et c’est là que Londres peut devenir une référence, ou un avertissement.
À retenir
- Waymo prévoit un pilote à Londres en avril 2026, avec une ouverture visée dès septembre sous réserve d’autorisations
- Une flotte d’environ 24 véhicules circule déjà avec conducteurs de sécurité pour cartographier et apprendre la ville
- Le système repose sur lidar, caméras, radar et microphones, avec calcul embarqué en temps réel
- Le calendrier dépend du cadre réglementaire britannique attendu au second semestre 2026
- La question de la supervision humaine et de la responsabilité reste centrale pour l’acceptation du public
Questions fréquentes
- Quand Waymo démarre-t-il son pilote de robotaxis à Londres ?
- Waymo annonce un démarrage du pilote en avril 2026. L’entreprise vise ensuite une ouverture commerciale au public dès septembre 2026, mais uniquement si les autorisations et règles nécessaires sont validées.
- Y aura-t-il un conducteur dans les véhicules Waymo pendant le pilote ?
- La préparation actuelle se fait avec des conducteurs de sécurité qui circulent dans Londres pour cartographier et collecter des données. L’objectif annoncé pour le service final est une exploitation sans conducteur humain derrière le volant, dans le cadre autorisé par les autorités.
- Quelle technologie utilise Waymo pour conduire sans humain ?
- Waymo décrit une combinaison de lidar, caméras, radar et microphones, couvrant l’environnement à 360 degrés. Un ordinateur embarqué traite ces données et décide des actions du véhicule en temps réel.
- Pourquoi Londres est-elle un test difficile pour un robotaxi ?
- Londres cumule un plan de rues complexe, un trafic dense, des interactions fréquentes avec bus, vélos et piétons, et une météo changeante. Des experts soulignent aussi l’incertitude sur la capacité de systèmes entraînés ailleurs à s’adapter pleinement aux spécificités locales.
Sources
- Further details provided on autonomous vehicle pilot in London
- How Will Waymo’s Robotaxis Master London’s Streets? | EV Magazine
- Waymo sets sights on London robotaxi launch in 2026 pilot
- Waymo’s Driverless Taxis Could Hit London Streets Later This Year
- Waymo plans September London launch as remote operations …

