3,9 milliards de dollars d’impôts en moins en 2025, mais 18,74 milliards provisionnés : Meta classe des data centers d’IA en expérimentaux

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Meta a réduit sa facture fiscale de 3,9 milliards de dollars (environ 3,59 milliards d’euros) en 2025 grâce au crédit d’impôt recherche, en traitant une partie de ses data centers d’IA comme des installations expérimentales susceptibles d’échouer, selon une enquête du New York Times. Dans le même temps, l’entreprise a porté à 18,74 milliards de dollars (environ 17,24 milliards d’euros) la provision couvrant les positions fiscales que l’administration pourrait lui refuser.

Des data centers d’IA traités comme des « pilot models » devant le fisc

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Selon l’enquête du New York Times, reprise le 1er octobre 2026 par The Next Web et The Decoder puis le 2 octobre par TechRadar, le groupe aurait mis en place une double désignation interne. D’un côté les data centers classiques, dédiés au cloud et au stockage. De l’autre les sites d’intelligence artificielle, qualifiés fiscalement de « pilot models », des modèles pilotes présentés comme pouvant échouer, les puces qui y sont expédiées étant étiquetées différemment de celles envoyées vers les sites ordinaires. Cette qualification ouvre l’accès au crédit d’impôt fédéral pour la recherche et l’expérimentation, créé en 1981, sur les puces d’IA achetées par l’entreprise.

700 millions de dollars en 2023, 3,9 milliards en 2025 : la courbe du crédit

Les montants proviennent des documents financiers publiés par Meta elle-même. Le crédit a réduit sa facture d’impôt de 700 millions de dollars (environ 644 millions d’euros) en 2023, de 2 milliards de dollars (environ 1,84 milliard d’euros) en 2024 et de 3,9 milliards de dollars (environ 3,59 milliards d’euros) en 2025. TechRadar totalise près de 6 milliards de dollars (environ 5,52 milliards d’euros) sur les deux derniers exercices. Le groupe est devenu le premier bénéficiaire de ce crédit d’impôt parmi les sociétés cotées. La Joint Committee on Taxation, commission fiscale du Congrès américain, estimait le coût du dispositif à 32,1 milliards de dollars (environ 29,5 milliards d’euros) pour 2025 : Meta en capterait plus de 10 %, calcule The Next Web.

ExerciceRéduction d’impôt liée au crédit rechercheEquivalent en euros
2023700 millions de dollarsenviron 644 millions d’euros
20242 milliards de dollarsenviron 1,84 milliard d’euros
20253,9 milliards de dollarsenviron 3,59 milliards d’euros
Coût total du crédit en 2025 (Joint Committee on Taxation)32,1 milliards de dollarsenviron 29,5 milliards d’euros

Une provision passée de 12,9 à 18,74 milliards de dollars en deux ans

La tension est inscrite dans les comptes. La provision de Meta pour positions fiscales incertaines est passée de 12,9 milliards de dollars (environ 11,87 milliards d’euros) à 18,74 milliards de dollars (environ 17,24 milliards d’euros) en deux ans, une hausse de 45 %. Les crédits d’impôt recherche y figurent comme première source d’incertitude susceptible d’être contestée par l’Internal Revenue Service, l’administration fiscale américaine. Lisa De Simone, que TechRadar présente comme ancienne conseillère fiscale d’EY, résume : « Meta réclame des milliards de dollars d’avantages fiscaux dont ses propres comptables disent aux investisseurs qu’ils risquent d’être annulés par l’IRS. » Gizmodo, qui reprend l’enquête, précise que quatre sources non nommées ont parlé au New York Times et que les comptables de l’entreprise jugeraient le classement situé dans une « zone très grise ».

L’auditeur EY a validé le montage et le propose à d’autres entreprises

Selon le New York Times, le cabinet EY, auditeur de Meta, a validé le dispositif, a aidé à le construire, et propose désormais la même approche à d’autres entreprises pour amortir leurs dépenses de puces d’IA. C’est ce qui fait sortir l’affaire du cas isolé : le schéma est commercialisé. Le porte-parole de Meta, Andy Stone, répond : « Comme d’autres entreprises qui investissent à cette échelle, nous utilisons les incitations fiscales que le Congrès a établies il y a des décennies. » James Shannon, ancien membre du Congrès et auteur du crédit d’impôt de 1981, rappelle que celui-ci visait « la force de travail, le savoir, l’information », et juge : « C’est allé très, très au-delà de ce que quiconque pouvait imaginer. »

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Le discours public contredit la qualification fiscale

La contradiction est documentée par les annonces du groupe. En janvier 2025, Mark Zuckerberg présentait un data center « si grand qu’il couvrirait une partie significative de Manhattan » et décrivait cette infrastructure comme devant alimenter les produits et l’activité principale de l’entreprise. Gizmodo rappelle que Meta exploite 28 data centers aux Etats-Unis. Deux réserves importantes subsistent : l’IRS n’a à ce stade pas publiquement contesté ce traitement fiscal et aucun redressement n’a été annoncé ; et les montants de crédit d’impôt cités sont ceux que Meta déclare elle-même dans ses documents financiers, non des chiffres établis par l’administration.

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