45 000 plaquettes par mois selon Nikkei, aucune capacité dans le communiqué : Tower engage 4 milliards de dollars au Japon

Deux modules émetteurs-récepteurs optiques SFP posés côte à côte, avec leurs étiquettes de référence et leurs ports de fibre

Tower Semiconductor engage environ 3 milliards de dollars (2,76 milliards d’euros) au Japon, complétés par environ 1 milliard de dollars (920 millions d’euros) de subventions publiques, pour faire de deux usines japonaises sa principale base de puces de communication optique. Le communiqué officiel ne chiffre aucune capacité : les 45 000 plaquettes par mois et le facteur 40 viennent de Nikkei Asia, pas du fondeur.

Une usine à l’arrêt rouverte pour la photonique sur silicium

36 000 dollars au catalogue américain, 1 000 dollars cotés en Chine : un analyste réclame une enquête contre AMD, qui nie toute vente directe

Selon le communiqué de Tower Semiconductor du 14 juillet 2026, le premier volet du plan, appelé « Track One », convertit l’usine d’Arai (ex-Fab 6, 200 mm, à l’arrêt), dans la préfecture de Niigata, en site 300 mm de photonique sur silicium et d’assemblage optique avancé. En parallèle, Tower monte en cadence la Fab 7 de 300 mm à Uozu, préfecture de Toyama, déjà qualifiée et en production de masse de circuits électroniques SiGe de classe 65 nm, dont le nœud TPS65SG, et de circuits photoniques de classe 45 nm TPS45PHD. La pleine capacité de production est visée au quatrième trimestre 2027.

Le second volet, « Track Two », démarre en parallèle et non plus tard : il consiste à construire une seconde usine 300 mm à côté de la Fab 7. C’est sa contribution aux comptes que Tower attend seulement à partir de 2029.

Ce que le communiqué ne chiffre pas, et que Nikkei chiffre

Le communiqué du fondeur ne donne aucun volume de production, se bornant à évoquer des « multiples significatifs ». Les chiffres repris depuis par Tom’s Hardware le 25 septembre 2026 proviennent de Nikkei Asia : une capacité japonaise portée à l’équivalent de 45 000 plaquettes de 300 mm par mois en 2029, soit environ 40 fois le niveau de 2025, et environ 200 embauches. Toujours selon Nikkei, Tower détient plus de 80 % du marché de la production sous contrat de semi-conducteurs de communication optique destinés aux serveurs, et compte Marvell parmi ses clients.

ÉlémentCommuniqué Tower du 14 juillet 2026Nikkei Asia, septembre 2026
Capacité japonaise« multiples significatifs », aucun volume45 000 plaquettes 300 mm par mois en 2029
Comparaison avec 2025non préciséeenviron 40 fois
Embauchesnon préciséesenviron 200
Part de marchénon préciséeplus de 80 % de la production sous contrat

Un rythme de 2 milliards de dollars pour un objectif de 3,6 milliards

L’écart entre l’ambition et les comptes actuels est l’élément le plus concret du dossier. Le communiqué de juillet fixe deux cibles pour 2028 : 3,6 milliards de dollars (3,31 milliards d’euros) de chiffre d’affaires et 1,2 milliard de dollars (1,10 milliard d’euros) de bénéfice net. Or Tower annonçait le 4 août 2026 un chiffre d’affaires trimestriel record de 460 millions de dollars (423 millions d’euros), en hausse de 24 % sur un an, et un bénéfice net record de 91 millions de dollars (84 millions d’euros) hors éléments non récurrents, soit 20 % de marge nette. La prévision pour le troisième trimestre 2026 est de 520 millions de dollars (478 millions d’euros), à plus ou moins 5 %. Le rythme annualisé tourne donc autour de 2 milliards de dollars : atteindre la cible 2028 suppose de presque doubler les ventes et de plus que tripler le bénéfice net en deux ans.

L’optique co-packagée, le retard que Tower reconnaît

Selon Tom’s Hardware, Tower admet qu’Intel, TSMC et GlobalFoundries sont actuellement en avance sur l’optique co-packagée, la technique qui rapproche l’optique du silicium de calcul, et le fondeur n’a publié aucun calendrier sur ce point. Ce que Tower peut opposer relève du volume déjà livré : un communiqué du 18 juin 2026 annonce plus de 5 millions de circuits photoniques cohérents produits dans le cadre de sa collaboration avec Marvell pour les réseaux d’interconnexion de data centers.

Plus de 100 % de hausse au premier semestre sur les mémoires qui font démarrer un routeur, mais aucune usine n’est prévue pour y répondre

Le démontage de la coentreprise héritée de Panasonic

L’expansion s’accompagne d’une remise à plat du montage japonais. Tower s’était implanté en 2014 en créant TowerJazz Panasonic Semiconductor (TPSCo) avec Panasonic, en détenant 51 % contre 49 %, l’industriel japonais apportant ses usines d’Uozu, Tonami et Arai. Après la sortie de Panasonic du semi-conducteur en 2020, sa part est passée à Nuvoton Technology Corporation Japan. Un accord annoncé en mars 2026, dont la clôture est attendue en avril 2027, donnera à Tower la pleine propriété de la Fab 7 et de l’activité fonderie 300 mm, et à Nuvoton celle de TPSCo et de la Fab 5 de Tonami. « En associant le leadership technologique spécialisé de Tower à l’expertise manufacturière du Japon, à ses instituts de recherche de classe mondiale et à sa main-d’oeuvre engagée, nous construisons une plateforme stratégique qui portera l’innovation », déclare Russell Ellwanger, directeur général de Tower, dans le communiqué de juillet.

Laisser un commentaire