Quatre concurrents ont obtenu la dérogation de la FCC, mais pas TP-Link : ses mises à jour américaines garanties jusqu’au 1er mars 2027

Routeur Wi-Fi TP-Link noir posé sur une table, doté de trois antennes externes dressées, avec le logo de la marque et la référence du modèle sur la façade

TP-Link a ouvert le 30 septembre 2026 les précommandes de son premier routeur Wi-Fi 8 au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie et ailleurs, mais pas aux Etats-Unis. Depuis le 23 mars 2026, les routeurs grand public fabriqués à l’étranger figurent sur la liste noire de la FCC, et la dérogation qui autorise encore les mises à jour de sécurité expire le 1er mars 2027. Asus, Netgear, Adtran et eero ont obtenu le laissez-passer ; TP-Link, non.

Une liste noire qui vise une catégorie de produits, pas une marque

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Le 23 mars 2026, la Federal Communications Commission a publié le document DA 26-286, qui ajoute à sa Covered List, en application du Secure and Trusted Communications Networks Act de 2019, les routeurs grand public produits à l’étranger. L’effet pratique est une interdiction de vendre aux Etats-Unis tout nouveau matériel sans fil qui n’était pas déjà homologué par la FCC. Les modèles Wi-Fi 7 de TP-Link déjà certifiés restent vendables ; tout nouveau produit Wi-Fi 7 ou Wi-Fi 8 est bloqué. Seule porte de sortie : une Conditional Approval, une approbation conditionnelle accordée au cas par cas.

Le 1er mars 2027, la date qui concerne les routeurs déjà installés

C’est le point qui touche les possesseurs actuels, pas les acheteurs. Le texte de la FCC prévoit que « tous les routeurs homologués pour une utilisation aux Etats-Unis peuvent continuer à recevoir des mises à jour logicielles et micrologicielles qui atténuent les dommages pour les consommateurs américains au moins jusqu’au 1er mars 2027 ». Sont visées les mises à jour qui corrigent des vulnérabilités et assurent la compatibilité avec les systèmes d’exploitation. Sans cette dérogation, les révisions réglementaires d’octobre 2025 interdisaient, pour les équipements couverts, jusqu’aux « mises à jour logicielles, micrologicielles et de sécurité destinées à atténuer les dommages pour les consommateurs américains », et auraient même bloqué les « Class I permissive changes » sur du matériel déjà homologué.

Le prix d’entrée : un plan d’usine américaine et la nationalité des dirigeants

Pour obtenir une approbation conditionnelle, un fabricant doit fournir « un plan détaillé et assorti d’échéances visant à établir ou étendre la fabrication aux Etats-Unis du routeur pour lequel il demande une Conditional Approval », puis « une description des dépenses d’investissement engagées et prévues, des financements ou autres investissements consacrés à la fabrication et à l’assemblage aux Etats-Unis au cours des un à cinq prochaines années ». S’y ajoutent un inventaire détaillé des composants et de leur origine, ainsi que des informations sur la structure de l’entreprise, son siège, ses implantations clés et la nationalité de ses dirigeants. Netgear a obtenu une approbation pour une vingtaine de produits, Adtran pour ses passerelles Service Delivery Gateway.

TP-Link fabrique au Vietnam et conteste les parts de marché qu’on lui prête

TP-Link fabrique au Vietnam les routeurs destinés au marché américain. L’entreprise indique investir « des centaines de millions de dollars » pour rapatrier fabrication et recherche aux Etats-Unis, déclare y employer plus de 550 personnes dont plusieurs centaines d’ingénieurs en Californie, et s’être séparée de sa maison mère chinoise en 2024. Elle a créé TP-Link Systems en Californie pour se présenter comme une société américaine, démarche contestée dans des dossiers judiciaires. Sur son poids réel, les chiffres divergent : dans un communiqué du 5 mars 2025, TP-Link cite le cabinet Circana pour revendiquer 36,6 % du marché américain des routeurs grand public en volume et 31 % en valeur en 2024, et affirme que « la part de TP-Link sur le marché américain a été faussement gonflée et mal rapportée ». Un profil publié par The Wire China évoque de son côté une progression de 10 % à plus de 60 % entre 2019 et 2025. Les deux estimations n’ont pas été réconciliées.

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L’Archer 8 Ultra existe, mais ses gains ne sont annoncés que par le constructeur

Le routeur embarque une puce Wi-Fi 8 de Broadcom. TP-Link annonce jusqu’à 33 % de débit réel supplémentaire par rapport à son propre matériel Wi-Fi 7 et 24 % de débit plus régulier en environnement très perturbé : ces mesures sont celles du fabricant, aucune vérification indépendante n’a été publiée. La fiche technique indique deux ports WAN/LAN auto-détectés à 10 Gbit/s, quatre ports LAN à 2,5 Gbit/s, une couverture annoncée d’environ 334 m² et 200 appareils pris en charge. La gamme doit s’étoffer au premier trimestre 2027 avec le Deco 8 Ultra, puis au deuxième avec le Roam 8. Aucun signe clair n’indique une levée du gel américain.

FabricantStatut auprès de la FCCPortée connue
NetgearApprobation conditionnelle obtenueEnviron 20 produits
AdtranApprobation conditionnelle obtenuePasserelles Service Delivery Gateway
AsusApprobation conditionnelle obtenueNon détaillée
eero (Amazon)Approbation conditionnelle obtenueNon détaillée
TP-LinkAucune approbation à ce jourNouveaux Wi-Fi 7 et Wi-Fi 8 bloqués

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