Amazon engage 20 millions de dollars, soit environ 18,4 millions d’euros, dans une coalition d’entreprises qui veut lever 100 millions de dollars (environ 92 millions d’euros) en deux ans pour économiser l’eau du fleuve Colorado. Interrogée le même mois sur ce qu’elle prélève dans ce bassin, l’entreprise n’a fourni aucune donnée nouvelle, selon TechRadar. Son seul chiffre absolu remonte à juin 2026 : 2,5 milliards de gallons, environ 9,5 millions de mètres cubes, pour ses data centers dans le monde entier.
Deux projets nommés, tous les deux dans le bassin inférieur
L’annonce, publiée le 21 septembre 2026, porte le nom de Colorado River Basin Collaborative. Selon le communiqué diffusé par l’entreprise, les sociétés participantes ont engagé 32 millions de dollars (environ 29,4 millions d’euros) au lancement, aux côtés de la Water Resilience Coalition. Deux projets seulement sont nommés : 2,2 millions de dollars (environ 2 millions d’euros) sur trois ans avec le Municipal Water District of Orange County, pour de la détection et de la réparation de fuites au bénéfice de 3,2 millions d’habitants, et 2,4 millions de dollars (environ 2,2 millions d’euros) pour la société Arable, chargée d’installer des capteurs d’humidité des sols sur des terres agricoles tribales alimentées par le lac Mead.
Des économies annoncées par les porteurs de projets, pas mesurées
Le premier projet doit permettre d’économiser plus de 189 millions de gallons par an, soit environ 715 000 mètres cubes ; le second, environ 238 millions de gallons par an, soit près de 900 000 mètres cubes. Ces deux valeurs sont des projections de l’entreprise et de ses partenaires, non des relevés. Kara Hurst, directrice du développement durable d’Amazon, met en avant le calendrier dans le communiqué : « Ce qui distingue cette démarche, c’est aussi la rapidité d’action : dès maintenant et jusqu’en 2028, la coalition déploiera des financements sur des projets déjà instruits et prêts à démarrer. » Elle relie l’opération au Climate Pledge en affirmant que « l’eau et le climat sont profondément liés ».
Ce que l’entreprise publie sur son eau, et ce qu’elle ne publie pas
La question posée par TechRadar le 29 septembre 2026 portait sur les prélèvements effectués par le groupe dans ce même bassin. La réponse n’a apporté aucun élément au-delà des publications antérieures. Le seul chiffre absolu rendu public l’a été en juin 2026 : 2,5 milliards de gallons prélevés en 2025 par les data centers du groupe dans le monde, une première pour l’entreprise. Aucune ventilation par bassin, par site logistique ni par État ne l’accompagne. L’entreprise revendique par ailleurs 0,12 litre d’eau par kilowattheure pour ses data centers en 2025, contre une moyenne sectorielle qu’elle situe elle-même à 0,84 litre par kilowattheure, et annonce avoir atteint 75 % de son objectif « water positive » fixé à 2030, avec plus de 50 projets censés restituer à terme plus de 5,8 milliards de gallons par an, soit environ 22 millions de mètres cubes.
Des sites refroidis à l’air, une consommation d’eau déportée vers les centrales
AWS indique fournir à ses clients payants des données d’eau au niveau régional, et précise que ses installations du bassin sont refroidies à l’air. Ce choix technique réduit le prélèvement direct sur place, mais déplace la consommation vers les centrales électriques qui alimentent ces sites, dont l’eau n’entre dans aucun des chiffres publiés.
Un lac Powell à 22 % de capacité et 1,54 milliard de mètres cubes retirés au bassin inférieur
Le fleuve alimente environ 40 millions de personnes, près de 2,2 millions d’hectares de terres agricoles et 30 nations tribales. L’écart entre l’offre et la demande atteint environ 1 000 milliards de gallons par an, près de 3,8 milliards de mètres cubes. En août 2026, le lac Powell est descendu à son plus bas niveau depuis 1963, à environ 1 072,7 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit 22 % de sa capacité utile, selon Moab Sun News. Des lignes directrices fédérales publiées le 21 août 2026 imposent au bassin inférieur des réductions de livraison de 1,25 million d’acre-pieds par an, environ 1,54 milliard de mètres cubes, pendant deux ans. Le même journal relève que l’annonce ne mentionne ni l’Utah, ni le bassin supérieur, ni le lac Powell.
| Engagement ou prélèvement | Montant | Volume annoncé par an |
|---|---|---|
| Amazon dans la coalition | 20 millions de dollars (18,4 millions d’euros) | non chiffré |
| Total engagé au lancement | 32 millions de dollars (29,4 millions d’euros) | non chiffré |
| Fuites, Orange County | 2,2 millions de dollars (2 millions d’euros) | 715 000 m³ projetés |
| Capteurs Arable, lac Mead | 2,4 millions de dollars (2,2 millions d’euros) | 900 000 m³ projetés |
| Data centers du groupe, 2025 | non communiqué | 9,5 millions de m³ prélevés |
