Google remet les lunettes connectées sur le devant de la scène, et cette fois le moteur, c’est Gemini.
À la conférence I/O, la firme a montré un premier aperçu d’une gamme baptisée intelligent eyewear, annoncée pour l’automne dans certains marchés. Deux familles sont évoquées, des modèles centrés sur l’audio et d’autres avec un affichage dans le verre, avec une promesse simple, obtenir de l’aide sans sortir le téléphone. Le casting est parlant, Samsung pour le matériel et l’écosystème Android, et des partenaires lunettes grand public comme Gentle Monster et Warby Parker. Les prix et les fiches techniques détaillées ne sont pas encore communiqués, ce qui laisse une zone grise, mais les démonstrations donnent déjà une idée des usages visés, navigation, messages, agenda, commandes et traduction.
Shahram Izadi présente deux designs prévus cet automne
Sur scène, Shahram Izadi, responsable des produits et de la plateforme Android XR, a cadré l’ambition, les premiers modèles sont présentés comme les deux premiers designs d’une collection plus large attendue cet automne. Le point clé, c’est l’assistant qui parle dans l’oreille de façon privée, plutôt que d’imposer un écran en permanence. Dit autrement, Google vise le quotidien, pas un casque de réalité mixte.
Google met en avant une compatibilité avec Android et iOS. C’est un détail qui compte, parce que des lunettes qui ne marchent qu’avec un seul camp se privent d’une partie du marché. Dans les faits, cela suggère une logique d’accessoire, connecté en Bluetooth et via des applis, plutôt qu’un appareil autonome. Le lancement est annoncé dans certains marchés, sans liste, ce qui laisse entendre une disponibilité progressive.
Il y a aussi un angle style et distribution. En s’adossant à Gentle Monster et Warby Parker, Google cherche des montures portables au quotidien, pas un prototype. Un analyste mobile me disait récemment, si ça ressemble à un gadget, ça reste au tiroir. Là, l’objectif est clair, faire oublier la technologie. Mais sans prix, difficile de juger si la promesse tient, surtout quand le souvenir de Google Glass renvoie à des produits chers et clivants.

Nishtha Bhatia montre Gemini, DoorDash, messages et agenda
La démo la plus concrète vient de Nishtha Bhatia, cheffe de produit, avec des lunettes audio capables de lancer Gemini à la voix. Elle a montré un scénario très “journée normale”, connecter un service comme DoorDash pour commander un café, puis demander un résumé des messages non lus et ajouter un rendez-vous au calendrier. L’idée, c’est une suite d’actions en mains libres, sans jongler entre applis.
Google cite aussi la navigation, avec des indications pas à pas, et la possibilité de questionner Gemini sur ce que vous voyez. Là, on touche au cur des lunettes, une caméra sert d’entrée visuelle, et l’assistant transforme la scène en informations utiles. Sur le papier, ça peut aider en déplacement, repérer une adresse, comprendre une affiche, ou obtenir un contexte rapide sur un objet. Dans la vraie vie, tout dépendra de la latence, de la précision, et du confort audio.
Autre fonction mise en avant, la photo, et la transformation d’images via Nano Banana, le générateur d’images de Google. Exemple donné, prendre une photo et demander de mettre des chapeaux drôles à tout le monde. C’est séduisant, mais il y a un point qui fâche, une caméra sur des lunettes, ça relance immédiatement les questions de vie privée. Google n’a pas détaillé ici les garde-fous, ni la signalétique, ni les règles de stockage, et c’est un sujet que les concurrents ont déjà dû gérer.

Google et Samsung ciblent Meta Ray-Ban sur un marché en hausse
Le lancement s’inscrit dans une compétition directe avec les lunettes de Meta, notamment les Ray-Ban, qui ont trouvé leur public. Google et Samsung semblent reprendre une recette proche, une approche d’abord audio, avec caméra pour “voir”, mais sans forcément afficher en permanence. Certaines informations évoquent aussi des modèles avec affichage dans le verre, pour des éléments comme la navigation et la traduction, ce qui élargit la gamme.
Le socle logiciel, c’est Android XR, pensé comme une plateforme, du casque aux lunettes. L’avantage pour Google, c’est son écosystème, Maps, Translate, services, et l’intégration de Gemini comme couche d’assistance. Mais il y a une critique à faire, l’utilité dépendra du catalogue d’applications compatibles, pas d’une promesse. Et sur ce point, Google n’a pas donné de liste complète, ni de calendrier d’ouverture aux développeurs au-delà des annonces.
Reste la question qui décide souvent, le prix. Rien d’officiel à ce stade, et c’est volontaire, Google teste l’intérêt sans s’enfermer. Dans les couloirs, un revendeur me glissait, si ça dépasse le prix d’un bon smartphone de milieu de gamme, ça devient un achat de niche. Entre l’audio discret et les modèles à affichage, l’écart peut être important. L’automne donnera la première réponse, la seconde viendra avec la disponibilité réelle, pays par pays, et les usages qui survivront à la nouveauté.
À retenir
- Google annonce des lunettes « intelligent eyewear » dopées à Gemini pour l’automne, dans certains marchés.
- Deux approches se dessinent, modèles audio discrets et variantes avec affichage dans le verre.
- Samsung, Gentle Monster et Warby Parker font partie des partenaires cités, avec compatibilité Android et iOS.
- Les usages montrés visent la navigation, le résumé de messages, l’agenda, la commande et la traduction.
Sources
- Google gives first glimpse of new AI glasses ahead of fall launch
- Google & Samsung Reveal Smart Glasses for Fall Launch, Aiming to go Head-to-head with Meta
- Google to launch first of its AI glasses in 2026
- Everything We Know About Google’s Upcoming Smart Glasses Ahead of I/O – CNET
- Google I/O 2026: The Smart Glasses Reveals Everyone’s Waiting For
