115 milliards de yens pour la moitié d’un équipementier, mais sans les puces de puissance : Foxconn entre chez Mitsubishi Electric Mobility

Façade de l'usine Dingpu de Hon Hai Precision Industry à Taïwan, bâtiment blanc de plusieurs étages vu depuis la rue

Hon Hai Precision Industry, maison mère de Foxconn, a signé un accord définitif annoncé le 16 octobre 2026 pour prendre 50 % de Mitsubishi Electric Mobility contre 115 milliards de yens, soit 646,3 millions d’euros selon Evertiq. Les deux groupes visent plus de 1 000 milliards de yens de chiffre d’affaires en 2030, mais l’opération ne sera pas conclue avant le 1er octobre 2027 et laisse de côté les semi-conducteurs de puissance.

646,3 millions d’euros pour la moitié d’un équipementier

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L’acquisition est portée par Lin Yin International Investment, la filiale d’investissement de Hon Hai, et donnera lieu à une coentreprise à parts égales entre le groupe taïwanais et Mitsubishi Electric, qui exploiteront ensemble la filiale d’équipements automobiles. Selon Evertiq, l’opération valorise l’activité à 320 milliards de yens en valeur d’entreprise et 230 milliards de yens en valeur des capitaux propres, soit respectivement 1,8 et 1,3 milliard d’euros. Le prix payé pour la moitié du capital, 115 milliards de yens, est converti par le même média en 646,3 millions d’euros.

Elément de l’accordMontant ou dateEquivalent en euros
Prix pour 50 % du capital115 milliards de yens646,3 millions d’euros, selon Evertiq
Valeur d’entreprise retenue320 milliards de yens1,8 milliard d’euros, selon Evertiq
Valeur des capitaux propres230 milliards de yens1,3 milliard d’euros, selon Evertiq
Objectif de chiffre d’affaires, exercice ouvert en avril 2030Plus de 1 000 milliards de yensEnviron 5,6 milliards d’euros au taux retenu par Evertiq
Clôture attendue de l’opération1er octobre 2027Sous réserve des autorisations de concurrence

Rien ne bouge avant le 1er octobre 2027

L’accord est définitif, mais il n’est pas exécuté. Le Taipei Times et Evertiq indiquent que la clôture est attendue le 1er octobre 2027, sous réserve des autorisations des autorités de concurrence et des autres autorisations réglementaires : près d’un an sépare donc la signature de la prise de contrôle conjointe. Dans le communiqué commun repris par le Taipei Times, les deux groupes annoncent vouloir combiner les capacités de Mitsubishi Electric Mobility, « en particulier dans les groupes motopropulseurs électriques, le logiciel et le contrôle du véhicule », avec « la rapidité, l’échelle et les autres forces de Hon Hai Precision Industry dans le déploiement commercial ».

Des alternateurs et des démarreurs, pas une plateforme complète

Le contenu réel de l’actif racheté est plus classique que l’ambition affichée. Selon Digital Today et Electrek, Mitsubishi Electric Mobility fabrique surtout des composants automobiles traditionnels : alternateurs, démarreurs, capteurs radar, moteurs de direction assistée électrique, unités de gestion de batterie et systèmes de contrôle pour véhicules électriques. L’entreprise ne produit pas de plateformes complètes de voitures électriques, celles que les deux partenaires disent précisément vouloir développer au Japon, d’abord pour les constructeurs japonais, puis à l’international à moyen et long terme.

Les semi-conducteurs de puissance restent chez Mitsubishi Electric

La limite la plus nette tient au périmètre. Digital Today et Electrek indiquent que l’opération exclut les activités de semi-conducteurs de puissance de Mitsubishi Electric, carbure de silicium et transistors IGBT, qui sont les composants critiques des onduleurs de voitures électriques. Autrement dit, la coentreprise récupère le contrôle électronique et les moteurs, pas les puces qui commandent le courant. Digital Today ajoute que Mitsubishi Electric n’a pas précisé quelle part du chiffre d’affaires de la filiale provient de produits spécifiques aux véhicules électriques, ce qui empêche de mesurer ce que la coentreprise part exactement vendre. Le quotidien sud-coréen Seoul Economic Daily présente l’accord comme une réponse à la concurrence chinoise sur les composants pour véhicules électriques.

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Après les 10 % promis en 2020, un objectif à 2030

L’objectif commun est public : plus de 1 000 milliards de yens de revenus pour l’exercice qui s’ouvre en avril 2030, chiffre confirmé par Evertiq, Electrek et Digital Today. Ce dernier rappelle l’antécédent qui pèse sur cette promesse : Foxconn s’était fixé en 2020 de fournir des composants pour 10 % des véhicules électriques mondiaux, et plusieurs de ses projets automobiles n’ont pas atteint la production en série. Selon Electrek, Jun Seki, directeur de la stratégie pour les véhicules électriques chez Foxconn et ancien dirigeant de Nissan, désigne la « technologie de contrôle électronique » comme « la chose la plus attirante » de cette acquisition. Taiwan News rapportait, lorsque l’opération était encore à l’étude, que le président de Foxconn, Young Liu, considérait « tous les grands constructeurs automobiles japonais comme des clients potentiels » pour la plateforme du groupe, qui a déjà signé avec Mitsubishi Motors pour des véhicules électriques lancés en Océanie au milieu de 2026 et avec Mitsubishi Fuso Truck and Bus pour des autobus électriques au Japon, en janvier 2026.

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