69,2 % des terres rares extraites en Chine, mais rien de déployé : TSMC interroge ses fournisseurs sur des moteurs sans aimants

Gros plan sur des billes aimantées en néodyme, serrées les unes contre les autres

TSMC a sondé ses fournisseurs sur des moteurs sans terres rares pour ses équipements d’automatisation, révèle Reuters le 22 octobre 2026. La Chine a produit 270 000 des 390 000 tonnes de terres rares extraites dans le monde en 2025, soit 69,2 %, et la suspension de ses contrôles les plus durs expire le 10 novembre 2026. Mais deux sources de l’agence précisent que les discussions en sont à un stade précoce et n’ont encore produit aucun déploiement.

Une démarche encore au stade de l’enquête auprès des fournisseurs

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Selon une information exclusive signée Wen-Yee Lee, à Taipei, et Fanny Potkin, à Singapour, le fondeur taïwanais explore des solutions de remplacement aux composants en terres rares présents dans ses équipements d’usine. Reuters s’appuie sur trois personnes au fait du dossier, et précise que TSMC a interrogé ses fournisseurs sur l’emploi de moteurs sans terres rares dans les équipements d’automatisation, selon trois cadres du secteur informés par l’entreprise. L’un d’eux attribue la démarche à la crainte de ruptures d’approvisionnement venues de Chine. La réserve est explicite : deux des sources indiquent que les discussions restent à un stade précoce et n’ont débouché sur aucun déploiement large. Le département d’Etat américain n’a pas répondu immédiatement à la demande de commentaire de l’agence.

Pourquoi un aimant de moteur peut arrêter une ligne de production de puces

Les aimants permanents en terres rares équipent les moteurs qui animent les pièces mobiles des machines industrielles, y compris dans des usines très automatisées comme celles de TSMC, rappelle Reuters. Une pénurie de ces pièces spécialisées pourrait perturber la production de puces destinées aux chaînes du smartphone, des systèmes d’IA, des data centers et de la défense. Tom’s Hardware précise que les aimants concernés reposent sur des éléments comme le néodyme, le dysprosium et le terbium, et que le risque porte autant sur la maintenance et la réparation des équipements existants que sur l’extension des usines.

Le 10 novembre 2026, une échéance réglementaire à trois semaines

La Chine a placé en avril 2025 sept terres rares moyennes et lourdes, ainsi que les aimants qui en sont issus, sous contrôle à l’exportation, avec licences au cas par cas. Le 9 octobre 2025, Pékin a étendu le dispositif à cinq terres rares supplémentaires, l’holmium, l’erbium, le thulium, l’europium et l’ytterbium, aux technologies et équipements de transformation, et même aux produits fabriqués hors de Chine contenant plus de 0,1 % de terres rares d’origine chinoise. L’annonce n° 70 du ministère chinois du Commerce et de l’administration des douanes, du 7 novembre 2025, a suspendu ces textes jusqu’au 10 novembre 2026. Les contrôles d’avril 2025, eux, n’ont jamais été levés.

Des moteurs de substitution existent, au prix de compromis techniques

Plusieurs familles techniques permettent de se passer d’aimants de terres rares, énumère Tom’s Hardware : moteurs à induction classiques, qui produisent leur couple par induction électromagnétique plutôt que par aimants permanents, moteurs à reluctance commutée, ou aimants en ferrite substitués aux aimants de terres rares. Le site précise que ces technologies impliquent des arbitrages différents en matière de rendement, de taille, de densité de puissance, de précision et d’exigences de commande. Aucun chiffre public ne quantifie à ce jour le coût d’une telle conversion dans une usine de TSMC.

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Taïwan vise 50 % de sa demande, mais pas avant trois ans

Le ministre taïwanais de l’Economie Kung Ming-hsin a déclaré en février que le gouvernement soutiendrait l’Industrial Technology Research Institute (ITRI) pour développer des technologies de terres rares, avec une ligne pilote sous trois ans couvrant environ 50 % de la demande intérieure de l’île. Interrogé par Reuters, l’ITRI indique travailler avec le département de la technologie industrielle du ministère à la planification d’un projet, sans autre commentaire. En juin, Raymond F. Greene, directeur de l’American Institute in Taiwan, avait déclaré que les Etats-Unis travaillaient avec Taïwan et d’autres partenaires pour développer des sources alternatives et étendre les capacités de transformation. Six mois après la mise en pause des contrôles chinois, Mining Technology estimait en avril 2026 que les progrès restaient limités, et citait Bloomberg Intelligence qui anticipe un déficit mondial de 36 % d’ici 2030, malgré une production de néodyme-praséodyme hors de Chine multipliée par 4,4 entre 2024 et 2030.

Maillon de la chaînePart de la ChineSource
Extraction, 2025270 000 t sur 390 000 t, soit 69,2 %Mining Technology, 27 avril 2026
RaffinageJusqu’à 90 %Mining Technology
ExtractionEnviron 70 %USGS, cité par Tom’s Hardware
Aimants permanents finisEnviron 95 %AIE, citée par Tom’s Hardware

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