1 mégawatt pour une base de munitions de l’Indiana, mais ni coût ni calendrier communiqués : la Marine retient un réacteur jamais divergé

Bâtiment moderne du Center for Advanced Energy Studies, rattaché à l'Idaho National Laboratory, vu depuis une colline couverte d'armoise.

La Marine américaine a annoncé le 21 octobre 2026 avoir retenu Radiant Industries pour livrer un prototype de microréacteur nucléaire sur la Naval Weapons Station Crane, dans l’Indiana. Elle n’a communiqué ni coût, ni puissance, ni calendrier de déploiement. Le Pentagone doit pourtant disposer d’un réacteur en service sur une base américaine au plus tard le 30 septembre 2028, en application d’un décret de mai 2025.

Une base de munitions, une seule machine, et pas pour tout le site

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Le site retenu n’est pas anodin : la Naval Weapons Station Crane, dans le sud de l’Indiana, abrite la Crane Army Ammunition Activity, qui produit et distribue des munitions conventionnelles, ainsi que le Naval Surface Warfare Center, Crane Division, spécialisé dans le développement d’armes, la guerre électromagnétique et la fabrication avancée. Selon TechRadar, l’unité installée alimentera des charges critiques, pas l’ensemble de la base. Le projet serait le premier réacteur nucléaire producteur d’électricité de l’État de l’Indiana et le premier microréacteur avancé à terre de la Marine américaine.

Ce que la Marine n’a pas dit le jour de son annonce

Le contraste entre la portée symbolique de l’annonce et la minceur des données publiées mérite d’être relevé. Selon defence-industry.eu, la Marine n’a communiqué ni le coût du prototype, ni la puissance de production, ni le calendrier de déploiement. Les chiffres techniques qui circulent proviennent donc du constructeur et non du client militaire. Restent à mener, toujours selon la même source, les revues environnementales finales, la conception propre au site, la coordination réglementaire, l’affinage de la conception, les essais de prototype et la préparation du site.

Le Kaleidos tel que Radiant le décrit, et ce qui reste à démontrer

Radiant, société établie à El Segundo en Californie, présente le Kaleidos comme un microréacteur de 1 mégawatt à haute température refroidi au gaz, construit en usine et transportable par route, mer ou air. L’entreprise annonce une autonomie allant jusqu’à cinq ans avant rechargement sur une durée de vie de vingt ans, et affirme que la machine ne demande ni eau de refroidissement, ni terrassement majeur, ni chantier important sur site. Ces caractéristiques sont annoncées par le constructeur. Le point dur est ailleurs : selon TechRadar, le Kaleidos n’a pas encore divergé publiquement. Le réacteur est testé à l’Idaho National Laboratory, dans l’installation DOME (Demonstration of Microreactor Experiments), dont Radiant a obtenu l’accès exclusif après une sélection concurrentielle du département de l’Énergie.

PointCe qui est publicQui l’annonce
Puissance1 mégawattRadiant, relayé par World Nuclear News
Autonomie avant rechargementjusqu’à 5 ans, sur 20 ans de durée de vieRadiant
Coût du prototypenon communiquéMarine américaine
Calendrier de déploiementnon communiqué par la MarineMarine américaine
Échéance imposée au Pentagone30 septembre 2028décret de mai 2025
Première divergence du réacteurpas encore réalisée publiquementTechRadar

Programme Janus : un des vingt microréacteurs, pas un de plus

Le projet passe par le programme Janus de l’armée de Terre, en partenariat avec la Defense Innovation Unit. Précision utile donnée par defence-industry.eu : l’installation de Crane fait partie de l’objectif annoncé de plus de 20 microréacteurs sur des sites militaires, elle ne s’y ajoute pas. Radiant se présente désormais comme la seule société du nucléaire retenue par l’armée de Terre, la Marine et l’armée de l’Air américaines, et sa présidente et directrice des opérations, Tori Shivanandan, affirme qu’il n’existe « aucune organisation au monde ayant plus d’expérience de l’énergie nucléaire » que la Marine.

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Un impératif de sécurité nationale, sous contrainte de calendrier

Brendan Rogers, secrétaire adjoint de la Marine chargé de l’énergie, des installations et de l’environnement, justifie l’opération en ces termes : « Sécuriser ces opérations avec une alimentation dédiée et locale par microréacteur est un impératif de sécurité nationale. » Selon TechRadar, il ajoute que grâce à une source nucléaire dédiée, « nos systèmes de soutien naval critiques ne seront jamais privés d’électricité ». Jeff Waksman, principal adjoint du secrétaire adjoint de l’armée de Terre, indique de son côté que le programme vise à « livrer du matériel et des systèmes réels et fiables » pour répondre aux problèmes de résilience énergétique. Le Naval Nuclear Propulsion Program, la Nuclear Regulatory Commission et d’autres partenaires assurent l’appui technique. Il reste moins de deux ans pour franchir l’ensemble des étapes réglementaires séparant une sélection industrielle d’un réacteur raccordé.

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