Sunrun annonce le 3 novembre 2026 avoir doublé en un an la participation à sa centrale électrique distribuée de Porto Rico : plus de 60 000 clients, près de 70 000 batteries domestiques et 45 mégawatts injectés pendant quatre heures d’affilée. En octobre, le gestionnaire du réseau a eu besoin de ces batteries dix-huit jours de suite. Le chiffre de puissance est annoncé par l’entreprise, pas mesuré par un tiers.
De 4 000 à plus de 60 000 foyers raccordés en deux ans
Selon le communiqué de Sunrun, le dispositif portoricain comptait environ 4 000 clients inscrits en 2024, plus de 30 000 en 2025 et plus de 60 000 en 2026, pour près de 70 000 batteries domestiques raccordées. L’installateur américain précise que ses clients gardent la main sur la part de leur batterie mise à disposition, afin de conserver une réserve pour leur propre secours, et qu’ils sont rémunérés pour l’électricité cédée, l’entreprise en tirant de son côté un revenu récurrent. Mary Powell, directrice générale de Sunrun, déclare : « Ce qui a commencé à Porto Rico par nécessité, pour la résilience des familles, est devenu un modèle essentiel pour les Etats-Unis continentaux. »
Le programme s’appelle CBES et c’est LUMA qui appuie sur le bouton
Le mécanisme n’appartient pas à Sunrun. Il s’agit du Customer Battery Energy Sharing (CBES), piloté par LUMA, l’opérateur du réseau portoricain, qui décide des appels. Sunrun en est le plus gros agrégateur, mais pas le seul. Selon le rapport de LUMA cité par Electrek, le programme CBES dans son ensemble comptait plus de 90 000 clients et apportait en moyenne 75 mégawatts lors des déficits de production. Dans le communiqué de Sunrun, LUMA est citée pour dire que ces batteries « maintiennent la stabilité du système et évitent des coupures qui auraient touché des milliers de clients », en comblant des déficits de production et en évitant d’annoncer des délestages.
Dix-huit jours d’affilée à partir du 13 octobre
Sunrun indique avoir été sollicitée plus de 60 fois depuis avril 2026. Lors d’un épisode de chaleur inhabituelle pour la saison, l’entreprise affirme avoir injecté de l’électricité sur le réseau dix-huit jours consécutifs à partir du 13 octobre 2026, à raison de 45 mégawatts pendant quatre heures. Cette durée est l’information nouvelle : un parc résidentiel n’est plus mobilisé pour quelques pointes isolées, mais quotidiennement pendant près de trois semaines. La comparaison avec l’été précédent donne l’échelle : en juillet 2025, Utility Dive rapportait que 70 000 batteries du programme avaient été appelées le 9 juillet pour fournir 48 mégawatts face à un déficit de production de 50 mégawatts.
| Indicateur | Juillet 2025 (Utility Dive) | Novembre 2026 (communiqué Sunrun) |
|---|---|---|
| Batteries Sunrun déployées | Plus de 37 000 | Près de 70 000 |
| Clients Sunrun inscrits | Plus de 30 000 sur l’année 2025 | Plus de 60 000 |
| Puissance apportée | 48 MW le 9 juillet, avec 70 000 batteries de l’ensemble du programme | 45 MW sur quatre heures |
| Fréquence des appels | Plus de 75 déficits attendus d’ici octobre, selon LUMA | Plus de 60 appels depuis avril 2026 |
36 heures de coupure par an et 19 % de dégradation en un an
Ce recours répété au stockage des particuliers s’explique par l’état du réseau. Selon les chiffres repris par Sunrun et par Electrek, un Portoricain a subi en moyenne 36 heures de coupure en 2025 hors événements météorologiques majeurs, soit 19 % de plus que l’année précédente, auxquelles s’ajoutent 23 heures liées à ces événements majeurs. La moyenne des Etats-Unis continentaux est d’environ deux heures par an. Le réseau de l’île alimente près de trois millions d’habitants. L’électricité y est aussi plus chère : Electrek cite 26,36 cents le kilowattheure en moyenne au mois d’août à Porto Rico, soit environ 24,25 centimes d’euro, contre 18,16 cents, environ 16,71 centimes d’euro, pour la moyenne américaine.
Ce que le communiqué ne dit pas
Plusieurs réserves accompagnent ces chiffres. Les 45 mégawatts sur quatre heures sont une valeur annoncée par Sunrun et n’ont pas été établis par un relevé indépendant ; la déclaration attribuée à LUMA est relayée par le communiqué de l’agrégateur, et non publiée par l’opérateur dans ce document. Le texte ne précise ni la rémunération versée aux foyers, ni le revenu que Sunrun tire du dispositif, ni la part des batteries effectivement disponibles lors de chaque appel, puisque chaque client fixe lui-même le seuil qu’il réserve à son usage. Enfin, le dispositif ne crée aucune production nouvelle : il déplace dans le temps de l’électricité déjà produite, pour l’essentiel par les panneaux solaires des foyers équipés.
