La Samsung Galaxy Tab S11 Ultra vise clairement le haut de gamme, avec un grand écran pensé pour la vidéo, le jeu et le multitâche.
Sur le papier, la recette est simple, une dalle XXL, un stylet S Pen, jusqu’à 16 Go de RAM, et une batterie annoncée comme un vrai point fort. Le prix, lui, pique déjà, 1 200 $, soit environ 1 100 euros au taux courant. Mais quand on la prend en main et qu’on la pousse dans des usages concrets, un détail technique change l’ambiance, la tablette s’appuie sur une puce MediaTek Dimensity 9400+ gravée en 3 nm, pas un Snapdragon. Et c’est là que l’expérience se complique, parce que les performances brutes sont solides, mais la perception de fiabilité et surtout l’optimisation en jeu restent des sujets qui reviennent, y compris chez des utilisateurs habitués au Snapdragon.
MediaTek Dimensity 9400+: de bons scores, une confiance fragile
Sur les chiffres, la Dimensity 9400+ n’a rien d’un choix au rabais. Des mesures de performance donnent une base claire, autour de 2 699 points en single-core et 8 434 en multi-core sur Geekbench 6 dans un test, avec d’autres relevés qui montent plus haut selon les configurations. On parle d’un SoC en 3 nm, avec une logique d’efficacité énergétique qui colle bien à une tablette orientée écran géant.
Mais un bon benchmark ne règle pas tout, surtout sur Android. Ce que plusieurs retours mettent en avant, c’est une confiance moins automatique que sur un équivalent Snapdragon, en particulier pour les usages où l’écosystème compte, jeux exigeants, émulation, streaming local type Moonlight. Un utilisateur qui a gardé une génération précédente sur une longue période explique n’avoir pas vu de gros ralentissements, mais il reconnaît que la fiabilité reste une inquiétude dès qu’on sort du Snapdragon.
Le paradoxe, c’est que cette puce tient souvent la route dans les usages lourds, mais elle laisse planer un doute de positionnement. À ce tarif, on attend un choix qui fait l’unanimité, pas un composant qui oblige à se justifier. Et dans la communication produit, la puce est parfois moins mise en avant que le reste, ce qui alimente l’idée que Samsung teste surtout la réaction du public face à un haut de gamme sans Snapdragon.
Autonomie et charge: 11 600 mAh qui changent les longues sessions
Là où la Galaxy Tab S11 Ultra marque des points, c’est l’endurance. Un test vidéo en boucle la mesure à 17 h 21, contre 13 h 45 sur la génération précédente, un gain très net pour un appareil de cette taille. D’autres mesures, plus fragmentées, donnent aussi une idée des écarts selon l’usage, avec par exemple environ 11 h 26 en lecture vidéo et autour de 8 h 36 en jeu.
La batterie annoncée à 11 600 mAh s’accompagne d’une charge à 45 W. Dans des relevés de charge, on voit une montée à environ 38% en 30 min, puis un plein en approximativement 1 h 35. Ce n’est pas le record du marché, mais sur une tablette destinée à enchaîner séries, navigation et productivité légère, c’est un équilibre cohérent, on branche, on repart, sans devoir y penser toutes les deux heures.
Ce confort d’autonomie devient un argument central pour une machine multimédia. Typiquement, sur une journée hybride, un peu de streaming, de réseaux sociaux, quelques documents, un jeu le soir, la Tab S11 Ultra peut rester crédible sans charge intermédiaire. Et c’est justement ce qui rend la question du chipset plus frustrante, parce que l’appareil a le profil d’une bonne “console de canapé”, mais le débat sur l’optimisation graphique et la compatibilité des jeux vient casser l’élan.
Écran XXL, S Pen et limites Android: la tablette vise le salon
La Tab S11 Ultra joue la carte du grand écran très fin, un format qui impressionne en main et qui donne un rendu très confortable pour les films, les matchs, ou un jeu affiché en grand. Sur la partie stylet, le S Pen reste un atout maison, avec des retours qui mentionnent une évolution de forme et une sensation plus “crayon”, y compris avec des accessoires compatibles de type stylet alternative. Pour la prise de notes et le dessin, l’expérience est un vrai point fort.
Mais quand on bascule sur le jeu, il y a deux limites qui reviennent. D’abord, la question de l’optimisation, certains joueurs associent toujours Snapdragon à une meilleure compatibilité et à des performances plus régulières sur Android. Ensuite, un problème très concret, plusieurs gros jeux Android ne gèrent pas le clavier, même avec un clavier officiel ou un modèle tiers. Résultat, tu as un écran géant, tu as parfois un clavier, mais tu ne peux pas l’utiliser dans des titres populaires, ce qui coupe l’intérêt “PC-like”.
Ajoutez à ça le facteur physique, une Ultra, c’est grand, et sur des sessions longues, la tenue à bout de bras devient vite pénible. Sur table, avec une béquille et une manette, ça marche très bien. Dans le lit ou dans les transports, c’est moins évident. En clair, Samsung a une base matérielle très solide pour le multimédia, mais l’addition 1 100 environ, plus les accessoires éventuels, rend la moindre faiblesse plus visible, surtout quand des concurrents moins chers existent et que l’iPad reste la référence sur la puissance perçue.
À retenir
- La Galaxy Tab S11 Ultra adopte une puce MediaTek Dimensity 9400+ en 3 nm, performante mais contestée face à Snapdragon.
- L’autonomie progresse fortement, avec un test vidéo mesuré à 17 h 21.
- Le prix autour de 1 100 € rend les questions d’optimisation gaming et de compatibilités plus sensibles.
- Le grand écran et le S Pen restent les arguments les plus convaincants pour le multimédia.
