En 2025, les centrales nucléaires américaines ont chargé 40,9 millions de livres d’uranium, soit 15% de moins qu’en 2024. Ce volume comprenait 93% de matière d’origine étrangère, le Canada et le Kazakhstan figurant parmi les principaux fournisseurs.
Chiffres clés 2025 : 40,9 millions de livres et 93% d’importations
Les propriétaires et exploitants civils ont chargé 40,9 millions de livres d’U3O8e en 2025, contre 48,1 millions en 2024. La baisse de 15% reflète une gestion des stocks et des contrats d’approvisionnement moins volumineuse pour l’année.
Sur ce total, 93% provenaient de mines étrangères et seulement 7% de production nationale, un recul par rapport à 2024. Ces proportions exposent une dépendance accrue à des fournisseurs extérieurs.
Les prix ont aussi évolué : le prix moyen pondéré d’achat pour les livraisons en 2025 était de 58,46 $/lb, en hausse de 11% par rapport à 2024. Cela pèse sur les coûts d’exploitation des centrales.
Ces données proviennent du rapport 2025 de l’Energy Information Administration, document qui détaille volumes, origines et flux commerciaux pour le marché américain.
Origines détaillées : Canada 32%, Kazakhstan 28%, Australie 15%
Le rapport identifie le Canada comme premier fournisseur avec 32% des livraisons. Le Kazakhstan suit à 28%, puis l’Australie à 15%.
D’autres sources notables incluent l’Ouzbékistan (7%) et la Namibie (4%), tandis que des volumes en provenance de la Russie ont été masqués pour confidentialité.
La part des États-Unis dans les livraisons est tombée à 7%, contre 8% en 2024. Ce recul mine les ambitions affichées de relance industrielle de l’uranium national.
Ces répartitions ont des implications géopolitiques et logistiques, notamment sur la sécurité d’approvisionnement et la résilience face aux ruptures de chaîne.
Contrats, prix et stockage : qui achète quoi à quel coût
Les COOs ont acheté 46,9 millions de livres de livraisons en 2025, volume total inférieur de 16% à 2024. Les achats incluent des contrats au comptant et des accords à plus long terme.
Le prix moyen d’achat pour l’importation était proche de 56,80 $/lb, tandis que les ventes à l’étranger se négociaient autour de 75,05 $/lb. Ces écarts montrent des arbitrages commerciaux nets.
Les fournisseurs américains (courtiers, convertisseurs, enrichisseurs) jouent un rôle de pivot, achetant et revendant des kilos d’uranium sur les marchés mondiaux.
La baisse du volume chargé combine stratégies de gestion des stocks et fluctuations de la demande électrique, tout en rendant les centrales plus sensibles aux variations de prix internationaux.
Souveraineté énergétique remise en question par la dépendance
Les objectifs nationaux de relance nucléaire et de souveraineté énergétique se heurtent à la réalité du marché : la production domestique ne couvre que 7% des besoins en 2025.
Plusieurs projets miniers et initiatives industrielles sont en cours aux États-Unis, mais les mises en service prennent du temps et restent insuffisantes face à la demande immédiate.
La présence dominante du Canada et du Kazakhstan signifie que les États-Unis restent tributaires de partenaires étrangers pour un matériau stratégique.
Ce déséquilibre alimente les débats sur les politiques industrielles, les incitations fiscales et la sécurisation des approvisionnements à long terme pour la filière nucléaire civile.
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Pour réduire la dépendance, les leviers identifiés incluent l’accélération des projets miniers, la relocalisation des capacités d’enrichissement et l’optimisation des contrats d’achat à long terme.
Les analystes soulignent que le développement minier domestique nécessite des investissements, des permis et du temps, soit une fenêtre de plusieurs années avant d’impacter significativement les chiffres.
En attendant, les centrales restent vulnérables à des ruptures d’approvisionnement ou à des tensions géopolitiques affectant des fournisseurs clés comme le Kazakhstan ou le Canada.
Les décisions prises par régulateurs, opérateurs et législateurs dans les prochains mois détermineront la trajectoire de la sécurité d’approvisionnement nucléaire américaine.
| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Uranium chargé (lb U3O8e) | 48,1M | 40,9M |
| Part étrangère | 92% | 93% |
| Part nationale | 8% | 7% |
| Prix moyen ($/lb) | 52,71 | 58,46 |
Sources
- Pourquoi les Etats-Unis achètent encore un quart de leur uranium enrichi à la Russie de Vladimir Poutine – Les Echos
- Les États-Unis sont contraints par leur dépendance à l'uranium russe… et ils ne sont pas les seuls – Geo.fr
- US Nuclear Fuel Cycle
- US Uranium Mine Production Saw Significant Increase In 2025
- Uranium, Deposits, production and resources, market …
