L’EIA projette 86 GW de nouvelles capacités électriques pour 2026 : un bond que le réseau américain n’avait pas connu depuis 2002

L’EIA projette 86 GW de nouvelles capacités électriques pour 2026 : un bond que le réseau américain n’avait pas connu depuis 2002

Les États-Unis devraient raccorder un volume inédit de capacité électrique en 2026, porté par une montée en puissance du solaire et du stockage. L’Energy Information Administration chiffre cet ajout à 86 gigawatts, record depuis 2002.

EIA prévoit 86 GW en 2026, record depuis 2002

Le rapport de l’Energy Information Administration indique que les développeurs prévoient d’ajouter 86 GW de capacité utility-scale en 2026, contre 53 GW en 2025. Ce bond représente la plus forte progression annuelle observée depuis 2002, et traduit une accélération des projets annoncés sur l’ensemble du territoire fédéral.

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Les données proviennent de l’inventaire préliminaire des générateurs électriques de décembre 2025, compilé par l’Office of Energy Statistics. Les chiffres reflètent des annonces et des plans de mise en service, non des mises en service déjà réalisées, ce qui implique un niveau d’incertitude opérationnelle lié aux délais administratifs et aux raccordements réseau.

Sur le plan géographique, les projets se concentrent dans les régions où les interconnexions et les réseaux de transmission ont progressé récemment: les plaines centrales pour l’éolien, le Sud-Ouest et la Sun Belt pour le solaire, et des grappes de stockage près des grands centres de consommation.

Cette impulsion résulte d’une combinaison de politiques fiscales, d’avances technologiques et d’une dynamique d’investissement privé, qui favorise des projets à grande échelle et des chaines d’approvisionnement désormais plus matures.

Le solaire domine avec 43,4 GW prévus, plus de la moitié des ajouts

Le solaire photovoltaïque représente 51 % des ajouts projetés en 2026, soit 43,4 GW. Cette part entraîne une hausse de la capacité solaire installée dans le mix, qui passerait de 12,7 % à 15,5 % de la capacité totale.

Les projets incluent à la fois des parcs à grande échelle connectés aux réseaux HT, et des fermes solaires accompagnées de solutions de stockage intégrées pour lisser la production en pointe. Des développeurs majeurs ont annoncé des contrats d’achat d’électricité (PPA) pluriannuels sécurisant le financement de plusieurs gigawatts.

Le coût à la tonne de CO2 évitée et la durée des contrats expliquent l’appétence des investisseurs pour le solaire: coûts de module et balance-system réduits, filières d’installation rodées et calendrier de déploiement rapide.

Sur le terrain, des États comme le Texas, la Californie et l’Arizona concentrent des projets majeurs, où l’ensoleillement, la disponibilité foncière et l’accès aux corridors de transmission facilitent des mises en service rapides.

Stockage batteries: 24,3 GW et contraintes opérationnelles à prévoir

Le stockage par batteries représente 28 % des ajouts, soit 24,3 GW. Ces capacités sont majoritairement des systèmes lithium-ion destinés à la gestion de la demande et à la stabilisation du réseau sur de courtes durées.

Les batteries permettent de capter la production solaire en journée et de la restituer en soirée, réduisant le stress sur les centrales fossiles. Toutefois, la plupart des projets prévus sont dimensionnés pour des services d’appoint de quelques heures, ce qui influe sur leur contribution réelle à la couverture de longue durée.

De plus, l’intégration massive de stockage pose des défis de planification réseau et d’ordonnancement: opérateurs et régulateurs doivent actualiser les règles de marché pour rémunérer les services d’équilibrage, les réserves et la capacité de secours.

Sur le plan industriel, la chaîne d’approvisionnement des cellules, la reprise des capacités de recyclage et les approvisionnements en métaux critiques restent des points de vigilance pour assurer le rythme annoncé de déploiement.

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Éolien 11,8 GW et gaz limité à 6,3 GW, rééquilibrage du mix

L’éolien terrestre et offshore totalise environ 11,8 GW prévus pour 2026, soit 14 % des ajouts. Cette croissance modérée permet à l’éolien de porter sa part de capacité de 13,1 % à 13,6 % du total installé.

Les projets éoliens profitent de corridors terrestres et de la baisse du coût des turbines. Les fermes offshore, bien que plus coûteuses, commencent à entrer en phase opérationnelle et contribuent à la diversification de la production renouvelable.

En face, le gaz naturel progresse de façon limitée: 6,3 GW prévus, comprenant 3,3 GW de cycles combinés et 2,8 GW de turbines à combustion. La part du gaz dans la capacité totale retomberait sous 39 %.

Ce déplacement du mix vers solaire, éolien et stockage promet de réduire l’intensité carbone du parc, tout en posant des questions opérationnelles sur les services de flexibilité, la planification des réserves et les investissements réseau nécessaires pour absorber ces flux intermittents.

AnnéeCapacité ajoutée (GW)Solaire (GW)Stockage (GW)Éolien (GW)Gaz (GW)
202553
2026 (prévu)8643,424,311,86,3

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