33 mesures restrictives en tête ou adoptées sur 41 scrutins locaux, mais 81,65 % de « non » n’arrêtent pas le chantier d’Ashville

Les lumières d'un data center éclairent l'horizon la nuit, vues depuis un champ sombre au premier plan

Le 3 novembre 2026, les électeurs de dix Etats américains se sont prononcés sur 41 mesures locales encadrant les data centers, dont 28 visaient à les restreindre. Dans la nuit, 33 mesures restrictives étaient adoptées ou en tête du dépouillement, selon le site de suivi Data Centers on the Ballot. A Ashville, dans l’Ohio, 81,65 % des votants ont désavoué l’accord passé avec un promoteur, sans pour autant arrêter le chantier déjà entamé.

Dix Etats, 41 scrutins locaux, 28 textes pour freiner les projets

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Selon le décompte publié par Ballotpedia le 3 novembre, les 41 mesures soumises au vote ce jour-là se répartissaient entre 28 textes restreignant le développement des data centers et 13 le facilitant. L’Ohio en concentrait 21, réparties dans 18 juridictions, devant l’Illinois (7), le Maine (4) et le Kansas (3) ; la Californie, la Floride, le Nevada, le New Jersey, le Dakota du Nord et le Wisconsin en comptaient une chacun. Sur l’ensemble de l’année 2026, Ballotpedia suit 50 mesures locales de ce type dans 13 Etats, dont six déjà tranchées avant novembre : cinq d’entre elles avaient été approuvées et limitaient les implantations.

Ohio : dix chartes communales referment la porte au-delà de 25 mégawatts

D’après les résultats non officiels compilés le 4 novembre, dix communes de l’Ohio ont inscrit dans leur charte l’interdiction des sites tirant plus de 25 mégawatts : Conneaut, Defiance, Granville, Hubbard, Pataskala, Piqua, Sunbury, Trenton, Upper Sandusky et Urbana. Trenton a tranché à environ 80 % en faveur de l’interdiction. Quatre autres communes ont préféré des contraintes ciblées : Grove City impose avec 55 % des voix un vote public pour tout projet dépassant 20 mégawatts, Perry exige à plus de 87 % des garanties financières des promoteurs qui demandent des exonérations, et Wilmington a rejeté à environ 80 % quatre rezonages destinés à un même projet.

Commune de l’OhioDécision du 3 novembre 2026Résultat
TrentonInterdiction des sites de plus de 25 MW inscrite en charteEnviron 80 % pour
Grove CityVote public obligatoire au-delà de 20 MW55 % pour
PerryGaranties financières exigées en cas d’exonérationPlus de 87 % pour
WilmingtonQuatre rezonages soumis à référendumEnviron 80 % contre
AshvilleAbrogation de la résolution 06-202681,65 % contre l’accord

Ashville : 1 468 voix contre 330, mais le chantier se poursuit

Le cas le plus net se joue à Ashville, village du comté de Pickaway d’environ 5 000 habitants. Le référendum du 3 novembre a invalidé la résolution 06-2026 par 1 468 voix contre, soit 81,65 %, pour 330 voix, soit 18,35 %, sur quatre bureaux dépouillés, selon le Scioto Post. Cette résolution exemptait le promoteur EdgeConneX du moratoire local sur les data centers. Le projet porte sur deux bâtiments sur 195 acres, soit environ 78,9 hectares, pour plus de 100 millions de dollars (plus de 92 millions d’euros), avec production électrique sur site au gaz naturel et une demande de centrale dédiée de 800 mégawatts déposée devant l’Ohio Power Siting Board.

Le scrutin a été obtenu après la validation de 669 signatures réunies par le collectif Pickaway Strong Advocacy et un bref de mandamus de la Cour suprême de l’Ohio le 7 août 2026. Il n’interrompt pas les travaux déjà engagés : selon la presse locale, il met seulement fin aux avantages particuliers accordés à EdgeConneX et soumet le projet aux mêmes règles que les autres. Le 8 octobre, le promoteur avait versé 3,5 millions de dollars (environ 3,22 millions d’euros) au village, dont 1 million de dollars pour les parcs, 700 000 dollars pour les eaux usées et 1,8 million de dollars d’ingénierie.

Kansas, Floride, Californie : des interdictions sans projet à bloquer

Hors de l’Ohio, le magazine Reason relève des votes aux effets contrastés. El Dorado, au Kansas, prononce une interdiction de dix ans des « High Impact Data Centers », tandis qu’Emporia interdit ces installations et qu’Ottawa fixe son seuil à 25 mégawatts. En Illinois, Bloomington adopte un moratoire consultatif de six mois au-delà de 5 mégawatts et 79 % des votants de Joliet ont refusé la construction d’un data center d’IA. A Edgewater, en Floride, l’amendement de charte interdit tout nouveau data center alors qu’aucun n’y fonctionne ; à Alhambra, en Californie, l’interdiction couvre toutes les zones sans qu’aucune demande ait été déposée.

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Plus de 300 interdictions locales, 2,3 gigawatts retardés

La portée de cette vague reste à mesurer. Stateline écrit que dans au moins 38 juridictions les électeurs ont rejeté ou encadré les data centers, et une seule mesure s’est soldée par une victoire des partisans de l’industrie, dans le Dakota du Nord. Mais rien n’établit que ces votes atteignent les projets déjà engagés : selon la réserve relevée par Tom’s Hardware, sur plus de 300 interdictions locales déjà adoptées aux Etats-Unis, trois développements seulement, totalisant 2,3 gigawatts, ont été retardés, alors que 38 gigawatts sont attendus en service d’ici 2027.

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