24 mois pour un processeur graphique indien, mais aucun fabricant nommé alors que la seule usine du pays visera du 28 à 110 nanomètres

Carte de développement électronique verte équipée d'un processeur RISC-V, avec port USB, lecteur de carte microSD et composants soudés en surface

S. Krishnan, secrétaire du ministère indien de l’Electronique et des Technologies de l’information, donne 24 mois à son pays pour concevoir un processeur graphique national. Mais aucun fabricant n’est nommé, et l’unique usine commerciale de plaquettes du pays visera des noeuds de 28 à 110 nanomètres, impropres à un accélérateur moderne.

« Nous devons avoir notre propre puce GPU » : le délai de 24 mois posé par le MeitY

Dans un entretien publié par ETGovernment et daté du 4 novembre 2026, S. Krishnan, secrétaire du MeitY, fixe l’objectif en ces termes : « Dans le cadre de la mission Semi-conducteurs de l’Inde 2.0, nous entendons viser le développement d’une puce GPU indigène. Nous devons avoir notre propre puce GPU. Cela n’arrivera pas du jour au lendemain. C’est un projet qui demandera environ 24 mois, et nous entendons travailler dans ce sens. » Le responsable décrit cinq couches à bâtir : l’énergie, les puces accélératrices, l’infrastructure de calcul et les serveurs, les modèles d’IA et les applications. Certaines reprises de la presse indienne datent la déclaration du 3 novembre.

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Ni fabricant, ni fournisseur, ni maître d’oeuvre désigné

Selon Tom’s Hardware, qui a relayé l’entretien le 5 novembre 2026, Krishnan n’a identifié aucun fabricant, aucun fournisseur de puces et aucun maître d’oeuvre pour ce processeur, qui reste un objectif à un stade précoce. Ce n’est pas la première tentative : un kit de développement logiciel avait déjà été publié en 2019 par l’IIT Madras, afin que les développeurs puissent écrire des applications avant toute commercialisation des puces. Sept ans plus tard, le processeur graphique indien en est toujours au stade de l’objectif annoncé.

13,8 milliards d’euros sur douze ans, mais des noeuds de 28 à 110 nanomètres

La mission ISM 2.0 a été approuvée par le gouvernement indien le 30 juillet 2026, avec une enveloppe de 1 275 milliards de roupies, soit environ 15 milliards de dollars ou 13,8 milliards d’euros, répartie sur douze ans selon les reprises de presse. Le communiqué officiel relayé par Newsonair précise qu’elle continuera de soutenir les unités de fabrication, l’encapsulation avancée, les sites ATMP et OSAT, et qu’elle y ajoute les équipements, les matériaux ainsi que les gaz et produits chimiques spéciaux.

Le point de blocage est industriel. L’unique usine commerciale de plaquettes du pays, à Dholera dans le Gujarat, fait l’objet d’un protocole d’accord signé le 16 mai 2026 entre Tata Electronics et ASML : plaquettes de 300 mm, capacité visée jusqu’à 50 000 plaquettes par mois, circuits analogiques et logiques gravés en 28 à 110 nanomètres, pour un investissement annoncé de 11 milliards de dollars (10,1 milliards d’euros). Le gros oeuvre est achevé à environ 50 %.

32 bits, 100 MHz et 26 Ko de SRAM : ce que l’Inde grave aujourd’hui

SHAKTI et VEGA, les deux familles que le MeitY veut commercialiser, sont des coeurs de processeur fondés sur l’architecture libre RISC-V, donc des CPU distincts du GPU visé. La carte de développement Aries 3.0, introduite en 2024, embarque le VEGA ET301 du C-DAC : une puce 32 bits cadencée jusqu’à 100 MHz, dotée de 26 Ko de SRAM, destinée aux capteurs, aux objets portés et à l’internet des objets, et non aux PC de bureau ni aux charges graphiques, rapporte Tom’s Hardware. A l’événement SEMICOM India du 26 septembre 2026, le gouvernement a mis en avant un robot autonome de nettoyage de l’eau fondé sur SHAKTI, un télescope numérique et un projet de surveillance forestière fondés sur VEGA.

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L’an 2000 rejoué, avec 2 millions d’emplois dans la balance

Krishnan compare l’essor de l’IA au passage à l’an 2000, qui avait lancé les services informatiques indiens : « L’IA pourrait créer une opportunité similaire, bien que la nature du travail soit différente. » Le secteur emploie environ 6 millions de personnes. Un document de la NITI Aayog estime que près de 2 millions d’emplois existants pourraient devenir inutiles à mesure que l’IA se diffuse, et qu’environ 4 millions pourraient apparaître. Le marché indien des semi-conducteurs est évalué à environ 50 milliards de dollars (46 milliards d’euros) et devrait approcher 100 milliards de dollars (92 milliards d’euros) en 2030, selon l’IESA. Le MeitY indique enfin que 24 entreprises ont été aidées par son programme d’incitation à la conception, sur des microcontrôleurs, des contrôleurs de vol de drones, des puces de compteurs intelligents et des caméras de vidéosurveillance.

ElémentChiffre annoncéSource et date
Puce graphique indienneenviron 24 mois de développementS. Krishnan (MeitY), entretien du 4 novembre 2026
Mission ISM 2.01 275 milliards de roupies, soit 13,8 milliards d’euros, sur douze ansapprobation du 30 juillet 2026
Usine de Dholerajusqu’à 50 000 plaquettes de 300 mm par mois, en 28 à 110 nanomètresprotocole Tata Electronics et ASML du 16 mai 2026
Puce indienne existante VEGA ET30132 bits, 100 MHz, 26 Ko de SRAMcarte Aries 3.0, 2024
Marché local des semi-conducteurs46 milliards d’euros, puis environ 92 milliards en 2030IESA

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