150 à 200 interpellations sur un chantier d’Amsterdam, mais la Commission défend sa « propre capacité » d’IA : actions dans 16 pays

Bâtiment bas aux bardages verts d'un centre de données, derrière une vaste aire bétonnée vide, sous un ciel nuageux

La police néerlandaise a interpellé entre 150 et 200 personnes le 6 novembre 2026 sur le chantier d’un data center d’intelligence artificielle d’Amsterdam, selon l’agence Associated Press. Plus de cent militants avaient pénétré sur le site et grimpé sur les grues pour réclamer un moratoire européen. L’action ouvre deux journées coordonnées dans 16 pays, alors que la Commission européenne défend la construction de capacités d’IA en Europe.

Grues occupées à Westpoort, 150 à 200 interpellations

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Selon Reuters, plus de cent militants ont pénétré sur le chantier, dans la zone industrielle de Westpoort, à Amsterdam : ils ont défilé bras dessus bras dessous, grimpé sur des grues et accroché des ballons devant les policiers, avec des pancartes disant « Au diable votre data center ». Associated Press précise que la police néerlandaise a interpellé entre 150 et 200 personnes soupçonnées d’intrusion, que des manifestants ont allumé des fusées éclairantes et que des heurts ont eu lieu avec les forces de l’ordre, les agents évacuant le site en fin d’après-midi. « Ces data centers détruisent notre monde. Il devient inhabitable à cause de toutes les ressources qu’ils consomment », déclare à Reuters un manifestant, Sam van der Beek.

Un campus de 78 MW dont Microsoft serait l’unique occupant

Le chantier appartient au promoteur Pure Data Centres, adossé au fonds Oaktree, propriété de Brookfield, qui prévoit plus d’un milliard de dollars d’investissement, soit plus de 920 millions d’euros, selon Reuters. DataCenterDynamics décrit un campus de 78 MW, et les médias néerlandais présentent Microsoft comme l’unique occupant du site. Le promoteur a réagi en demandant « respectueusement aux personnes présentes sur le site de partir en sécurité et d’engager le dialogue avec nous sur ce projet ». Microsoft dit comprendre que « les gens ont des sentiments forts à propos du projet » et respecter « leur droit d’exprimer ces opinions pacifiquement », tout en ne tolérant « aucune action illégale ou qui mette en danger la sécurité des personnes ».

Seize pays en deux jours, et un moratoire pour seule demande

L’action d’Amsterdam ouvre deux journées coordonnées par la coalition Stop Dirty Data Centres dans 16 pays, les 6 et 7 novembre 2026, selon Reuters. Le site de la campagne revendique plus de 50 lieux d’action et un réseau de plus de cent organisations, et réclame « un moratoire immédiat sur les grands data centers en Europe » ; Tom’s Hardware évoque de son côté une carte affichant 85 lieux. La coalition dit ne pas demander la fermeture des sites existants, mais la suspension des nouvelles constructions jusqu’à ce que les règles soient clarifiées. Associated Press rapporte qu’environ 100 personnes ont manifesté devant le Parlement polonais à Varsovie, qu’une douzaine se sont rassemblées près de Berlin, et que des actions étaient prévues à Dublin et contre un autre site Microsoft au Danemark.

« Un gouffre » entre les élus et les riverains

Les porte-parole cités par Associated Press insistent moins sur le climat que sur la décision publique. « Il y a un gouffre entre la position des dirigeants élus, qui adhèrent au discours sur l’IA, et celle des gens », dit Owen Espley, coordinateur de StopDirtyDataCentres.eu. « Nous ne voulons pas qu’il soit construit. Personne n’en a besoin. La seule chose à laquelle cela servira, c’est de la bouillie produite par l’IA », déclare Nathan Timmer, du collectif néerlandais Geef Tegengas. Du côté de Bruxelles, Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, tient les deux bouts : « L’IA est bien sûr une technologie très importante et nous devons disposer de notre propre capacité », dit-elle à Reuters, avant d’ajouter qu’« il est très important pour les citoyens de pouvoir avoir confiance que leurs factures d’énergie ne s’envolent pas et qu’il n’y a pas de coupures d’électricité à cause des data centers ».

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Le Danemark a déjà fermé le robinet du raccordement

Les manifestants arrivent après plusieurs freins déjà posés, que rappelle Tom’s Hardware. Le gestionnaire public danois Energinet a suspendu les nouvelles demandes de raccordement au réseau, le total des demandes dépassant 60 GW, soit plus de huit fois la pointe de consommation du pays. La filiale finlandaise de Google, Tuike Finland Oy, fait l’objet d’une enquête pénale pour avoir détruit 816 acres, soit environ 330 hectares de forêt, sans permis. Un conseil municipal italien a instauré une taxe de 200 % sur les projets de data centers implantés en terres agricoles.

PaysMesure ou action documentée
Pays-Bas150 à 200 interpellations sur le chantier d’Amsterdam le 6 novembre 2026
DanemarkRaccordements suspendus par Energinet, plus de 60 GW de demandes
FinlandeEnquête pénale, 816 acres soit environ 330 hectares de forêt détruits sans permis
ItalieTaxe de 200 % votée par un conseil municipal sur les terres agricoles
PologneEnviron 100 manifestants devant le Parlement, à Varsovie

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