150 000 tonnes d’uranium visées en 2050, mais ni coût ni volumes publiés : le Kazakhstan prépare une réserve d’Etat pour la fin de 2027

Vue aérienne du site d'extraction d'uranium d'Inkai, au Kazakhstan : installations de forage et pistes dans un paysage désertique

Le Kazakhstan, qui a extrait environ 40 % de l’uranium mondial en 2025, veut constituer d’ici la fin de 2027 une réserve stratégique d’Etat et viser au moins 150 000 tonnes à l’horizon 2050. Mais le gouvernement n’a communiqué ni le coût, ni le financement, ni la répartition des volumes, et la réserve pourrait pour partie rester sous terre.

Une réserve annoncée pour fin 2027, sans montant ni financement

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Le vice-premier ministre et ministre de l’Economie nationale Serik Zhumangarin a annoncé le 3 novembre 2026 que le pays constituerait une réserve stratégique d’Etat d’uranium d’ici la fin de 2027, selon The Times of Central Asia. La stratégie de développement nucléaire du pays prévoit « au moins 150 000 tonnes d’uranium d’ici 2050 ». La veille, le président de l’Agence de l’énergie atomique Almassadam Satkaliyev indiquait que les discussions sur la composition et le prix de cette réserve étaient encore en cours. Ni le coût total, ni les sources de financement, ni la répartition des volumes n’ont été rendus publics.

Trois formes possibles, dont des gisements laissés sous terre

Devant la commission du Qurultay chargée de la politique économique, de l’industrie et de l’énergie, le 2 novembre, Almassadam Satkaliyev a décrit au moins trois formes envisagées : des gisements laissés sous terre, des stocks physiques d’uranium naturel et des réserves de combustible nucléaire prêt à l’emploi, auxquelles s’ajouteraient « d’autres mécanismes ». La nuance compte : une réserve constituée de ressources non extraites ne met aucune tonne à disposition immédiate. Le responsable a justifié la démarche en expliquant que son agence considère l’uranium « non pas simplement comme une matière première, mais aussi comme une ressource stratégique pour le développement économique de long terme du pays ».

150 000 tonnes, soit environ six années de production nationale

Le Kazakhstan est le premier producteur mondial d’uranium depuis 2009. Il a extrait environ 25 839 tonnes en 2025 sur une base de 100 %, parts des coentreprises comprises, soit près de 40 % du total mondial, selon la World Nuclear Association. La part attribuable à la compagnie nationale Kazatomprom se situe entre 13 000 et 14 000 tonnes, environ 20 % de la production primaire mondiale. L’objectif de 150 000 tonnes équivaut donc à quelque six années de la production nationale actuelle, calcul effectué à partir des chiffres de 2025. Le président Kassym-Jomart Tokaïev soutient une réserve dimensionnée pour couvrir cent ans de besoins des centrales du pays.

Des contrats signés avec la Chine et l’Inde pendant que le stock se prépare

La même année où il prépare sa réserve, le pays continue de vendre : en 2026, Kazatomprom a signé de nouveaux contrats d’approvisionnement avec des énergéticiens chinois et indiens, selon The Times of Central Asia. L’entreprise explore par ailleurs six sites couvrant plus de 1 000 kilomètres carrés et prévoit des travaux d’exploration sur le gisement de Kyzyltu. Une limite technique demeure : les gisements kazakhs fournissent de la matière première, mais l’enrichissement et la fabrication des assemblages de combustible exigent des partenariats internationaux, relève le même média.

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Trois centrales promises d’ici 2050, confiées à Rosatom et à la CNNC

La réserve est justifiée par un parc nucléaire qui n’existe pas encore. Le Kazakhstan vise au moins trois centrales en service d’ici 2050. La première, Balkhach, 2,4 gigawatts, près du village d’Oulken, est confiée au russe Rosatom, avec un démarrage de chantier en 2027 et une mise en service attendue entre 2037 et 2038, soit onze ans après l’annonce de la réserve. La deuxième, à Moyynkoum, revient à la China National Nuclear Corporation, avec un accord intergouvernemental prévu d’ici la fin de 2027. Le site de la troisième n’est pas arrêté, entre Kourtchatov, dans l’est du pays, et une localisation occidentale. Le système électrique kazakh reste à ce jour très majoritairement alimenté au charbon.

ProjetConstructeur retenuPuissanceCalendrier annoncé
Balkhach, près d’OulkenRosatom (Russie)2,4 GWChantier en 2027, service entre 2037 et 2038
MoyynkoumChina National Nuclear CorporationNon communiquéeAccord intergouvernemental d’ici fin 2027
Troisième centraleNon attribuéNon communiquéeSite non arrêté, Kourtchatov ou ouest du pays
Réserve stratégique d’EtatAgence de l’énergie atomiqueAu moins 150 000 t visées en 2050Constitution d’ici fin 2027

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