Le tribunal fédéral du district nord du Mississippi a rejeté le 30 octobre 2026 la demande de non-lieu de xAI dans la plainte Clean Air Act de la NAACP visant la centrale à gaz qui alimente le centre de données Colossus 2. Les turbines ne sont pas une « source mobile » et n’étaient donc pas exemptées de permis, juge le tribunal. Selon les plaignants, l’installation rejette plus de 5 000 tonnes d’oxydes d’azote par an.
L’exemption « source mobile » balayée par le tribunal
C’est le Southern Environmental Law Center (SELC), qui plaide aux côtés d’Earthjustice pour la NAACP, qui a annoncé la décision dans un communiqué daté du 30 octobre 2026. Le tribunal écarte l’argument central de l’entreprise sur les permis : « parce que l’installation n’est pas une source mobile au sens des réglementations fédérales, l’installation n’était pas et n’est pas exemptée des obligations de permis au titre du Clean Air Act. » La qualification importe parce que les groupes installés à Southaven sont montés sur remorques. Tant qu’ils étaient traités comme mobiles, ils échappaient aux procédures d’autorisation applicables à une centrale fixe.
Des turbines en service depuis août 2025 sans autorisation atmosphérique
La chronologie du site est documentée. Les turbines fonctionnent depuis août 2025 sans permis atmosphérique. Le Mississippi Free Press recensait 27 turbines non autorisées en février 2026, puis six de plus installées entre février et mai 2026, et rappelle qu’une audience publique du 17 février 2026 a réuni des centaines d’opposants avant que le régulateur de l’Etat n’approuve en mars 2026 un permis définitif portant sur 41 turbines. La plainte de la NAACP a été déposée en avril 2026, suivie le 6 mai 2026 d’une demande d’injonction préliminaire visant l’arrêt de l’installation. Le SELC précise que le tribunal ne s’est toujours pas prononcé sur cette injonction.
| Etape | Date | Ce qui est en jeu |
|---|---|---|
| Mise en service des turbines | Août 2025 | Sans permis atmosphérique |
| Audience publique | 17 février 2026 | Des centaines d’opposants |
| Permis d’Etat accordé | Mars 2026 | 41 turbines autorisées |
| Plainte de la NAACP | Avril 2026 | Recours citoyen Clean Air Act |
| Demande d’injonction | 6 mai 2026 | Toujours pendante |
5 000 tonnes d’oxydes d’azote, un chiffre avancé par les plaignants
Les émissions citées dans le dossier viennent des demandeurs, et non d’un relevé officiel : selon le SELC, la centrale non autorisée rejette chaque année plus de 5 000 tonnes d’oxydes d’azote, 400 tonnes de particules fines et 47 tonnes de formaldéhyde, un composé cancérogène. L’installation se trouve à Southaven, dans le Mississippi, à environ un mile de la frontière du Tennessee et de la zone de Memphis, ce qui place les rejets à proximité immédiate de quartiers habités. Le tribunal n’a pas statué sur ces volumes, qui restent à établir au fond : la décision du 30 octobre porte sur la recevabilité et sur le régime juridique applicable aux turbines.
Deux tentatives de non-lieu rejetées en dix jours
Le même tribunal avait écarté dix jours plus tôt la tentative du ministère de la Justice de mettre fin au dossier, en jugeant qu’il n’existe « aucune interprétation raisonnablement possible du Clean Air Act qui donnerait aux Etats-Unis le droit de rejeter unilatéralement un recours citoyen ». Le 30 octobre, le tribunal a aussi refusé de déclarer ces recours inconstitutionnels : « parce que les plaignants des recours citoyens agissent pour leur propre compte, en leur propre nom, et demandent des sanctions qui réparent le préjudice qu’ils subissent, ils n’exercent pas le pouvoir exécutif du gouvernement fédéral. » « Cette décision est une nouvelle victoire importante dans notre effort pour tenir xAI responsable », déclare Abre’ Conner, directrice de la justice environnementale et climatique de la NAACP, qui ajoute : « xAI ne peut pas exploiter des turbines à gaz sans les permis requis. » « Ce droit ne peut pas être écarté simplement parce qu’une immense entreprise le juge gênant », dit Kym Meyer, directrice du contentieux au SELC.
Une centrale de remplacement promise, mais pas avant un an
Selon Tom’s Hardware, qui s’appuie sur CNBC et sur les pièces du dossier le 2 novembre 2026, xAI appartient désormais à SpaceX et est exploité par elle, et 59 turbines à gaz ont été installées pour Colossus 2 en juillet. L’entreprise avait déclaré en août qu’elle retirerait ses turbines non autorisées pour les remplacer par une centrale plus grande et dûment autorisée, une opération qui prendrait au moins un an selon ses propres indications. xAI n’a pas commenté la décision du 30 octobre. Du côté des plaignants, Laura Thoms, directrice chez Earthjustice, estime qu’« il n’existe aucune faille béante dans le Clean Air Act qui permettrait à l’entreprise d’Elon Musk d’échapper à sa responsabilité ».
