130 centraux téléphoniques pour 1 gigawatt d’inférence, mais le chiffre vient de Nvidia et ni Apollo ni Brightspeed ne confirment

Bâtiment de plusieurs étages presque sans fenêtres abritant un centre de commutation téléphonique américain, à l'angle d'une rue bordée de poteaux électriques

Selon The Information, Nvidia propose de convertir environ 130 centraux téléphoniques de l’opérateur américain Brightspeed en très petits data centers, pour environ 1 gigawatt de capacité de calcul. Le chiffre vient du fabricant lui-même, aucune des parties ne l’a confirmé, et les permis locaux resteraient à obtenir.

130 bâtiments et 2 200 baies : le plan remis par écrit à Apollo

D’après The Information, rapporté le 6 novembre 2026 par Tom’s Hardware et plusieurs autres médias, Nvidia a présenté le projet aux dirigeants d’Apollo Global Management, maison mère de Brightspeed. Apollo a demandé que le plan soit soumis par écrit à l’opérateur ; le fabricant s’est exécuté, puis a réclamé des informations et des données supplémentaires ainsi que des visites de sites existants. Le périmètre couvre environ 130 bâtiments répartis aux Etats-Unis. Nvidia estime qu’ils pourraient fournir ensemble environ 1 gigawatt de capacité de calcul, de quoi accueillir plus de 2 200 baies Supermicro Vera Rubin NVL72, chacune dotée de 72 processeurs graphiques Rubin et de 36 processeurs Vera.

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Un gigawatt avancé par le fabricant, et rien de signé

Cette capacité est une estimation de Nvidia relayée par des sources anonymes, et non une mesure ou un engagement contractuel. Ni le fabricant, ni Apollo, ni Brightspeed n’ont confirmé publiquement la moindre négociation. La reconversion ne serait pas prête à l’emploi : il faudrait installer des systèmes de refroidissement et l’architecture de support associée, des travaux qui exigeraient toujours des permis et l’accord des collectivités locales, même si l’obstacle administratif serait vraisemblablement plus faible que pour un data center construit de zéro, note Tom’s Hardware. Autre inconnue : on ne sait pas qui détiendrait les puces installées dans ces locaux.

Des centraux déjà proposés entre 1,75 et 5,7 millions d’euros

L’intérêt de ce parc tient à ce qu’il est déjà bâti pour acheminer du trafic de voix et de données et qu’il dispose de l’infrastructure électrique nécessaire pour alimenter des serveurs. Brightspeed a été formellement créé en octobre 2022, après le rachat par Apollo des actifs haut débit et télécoms de Lumen Technologies, c’est-à-dire l’activité d’opérateur local historique de l’ancien CenturyLink dans 20 Etats. Le fonds souverain abou-dabien Mubadala Investment Company en est également investisseur.

Ces murs ont une valeur de marché connue. Selon DataCenterDynamics, l’opérateur cède une partie de son parc en cession-bail : six centraux de l’Ohio, à Lima, Sidney, Lebanon, Mansfield, Warren et Loraine, sont proposés via Crexi par Dzugan Real Estate entre 1,9 et 6,2 millions de dollars pièce, soit 1,75 à 5,70 millions d’euros, et 20,7 millions de dollars (19 millions d’euros) pour les six, avec des baux triple net de vingt ans. Leurs surfaces vont d’un peu moins de 2 787 mètres carrés à plus de 8 361 mètres carrés.

360 000 puces à loger, plus de 300 moratoires à éviter

Apollo est déjà partie à un accord de 40 milliards de dollars (36,8 milliards d’euros) avec SpaceX, qui lui donnerait environ 360 000 processeurs Vera Rubin répartis sur 5 000 baies NVL72 : il faut donc des locaux, et vite. En face, plus de 300 interdictions ou moratoires locaux visant les data centers ont été adoptés aux Etats-Unis ; ils n’ont retardé que trois projets existants, mais compliquent le lancement de nouveaux chantiers. Des représentants de Nvidia décrivent ces petits sites travaillant ensemble comme un « réseau d’inférence », destiné à exécuter des modèles déjà entraînés plutôt qu’à en entraîner de nouveaux.

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L’inférence déplace la demande vers des raccordements existants

Selon Tom’s Hardware, les agents d’IA consomment cinq à dix fois plus de jetons que des utilisateurs humains, ce qui déplace la charge vers l’exécution des modèles. Le même média indique qu’OpenAI et Anthropic étudient aussi des architectures faites de plusieurs petits sites, alors que les grandes installations accumulent retards et oppositions locales, un grand bloc homogène restant préférable pour l’entraînement. La capacité annoncée ici repose entièrement sur des raccordements électriques déjà en place, dont l’ampleur réelle n’a été chiffrée que par le fabricant.

ElémentCe qu’annonce NvidiaCe que montrent les éléments publics
Nombre de sitesenviron 130 bâtiments Brightspeedsix centraux de l’Ohio mis en vente, selon DataCenterDynamics
Capacitéenviron 1 gigawatt au totalinfrastructure électrique existante, jamais chiffrée publiquement
Matériel viséplus de 2 200 baies NVL72environ 360 000 puces Vera Rubin liées à l’accord Apollo et SpaceX
Prix des mursnon communiqué1,75 à 5,70 millions d’euros par central en Ohio
Etat du dossierplans écrits remis, visites demandéesaucune confirmation de Nvidia, d’Apollo ni de Brightspeed

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