Entre avril et juin 2026, 45 projets de data centers représentant 68 milliards de dollars, soit environ 62,6 milliards d’euros, ont été bloqués ou retardés aux États-Unis par des oppositions locales, selon le rapport trimestriel du groupe de recherche Data Center Watch publié le 21 septembre 2026 et relayé par Bloomberg. Le total recule par rapport au trimestre précédent, mais le nombre de groupes d’opposition recensés atteint 843, répartis dans tous les États sauf Hawaï.
45 projets et 62,6 milliards d’euros arrêtés en trois mois
Le décompte de Data Center Watch porte sur la période d’avril à juin 2026 et sur les projets annoncés qui ont été bloqués ou retardés. Il aboutit à 45 dossiers, pour une valeur cumulée de 68 milliards de dollars, environ 62,6 milliards d’euros. Ce montant correspond à la valeur des projets telle que l’annoncent leurs promoteurs, pas à des dépenses déjà engagées. Le groupe de recherche indique par ailleurs que 49 États ont engagé un examen réglementaire des projets de centres de données, autrement dit la quasi-totalité du pays.
Un recul par rapport au premier trimestre, pas une accalmie
Le trimestre précédent avait été plus lourd encore : Data Center Watch avait recensé 75 dossiers contestés, pour environ 130 milliards de dollars, soit près de 119,6 milliards d’euros. La baisse d’un trimestre à l’autre ne signifie pas que la contestation reflue, selon l’analyse du groupe, qui décrit une opposition devenue « plus locale et spécifique à chaque projet » et déplacée vers « les permis, les infrastructures et les décisions de politique publique prises une par une ».
| Indicateur | 1er trimestre 2026 | 2e trimestre 2026 |
|---|---|---|
| Dossiers contestés | 75 | 45 |
| Valeur annoncée des projets | environ 130 milliards de dollars (119,6 milliards d’euros) | 68 milliards de dollars (62,6 milliards d’euros) |
| Groupes d’opposition recensés | non communiqué | 843 |
Des moratoires votés avant qu’un promoteur se manifeste
Le rapport décrit un basculement de méthode. Des communes adoptent désormais des moratoires « de façon préventive, avant même qu’un promoteur ait manifesté un intérêt », ce qui ferme la procédure administrative en amont plutôt que de la contester une fois le permis déposé. Miquel Vila, analyste principal de Data Center Watch, déclare selon Bloomberg : « De nouveaux groupes continuent d’apparaître, l’opposition se manifeste dans un large éventail d’États et de juridictions, et le nombre de signatures des pétitions en ligne continue d’augmenter. » Une pétition mise en ligne sur Change.org contre un projet situé dans le Tennessee a rassemblé plus de 500 000 signatures sur le trimestre, soit plus d’un tiers de l’ensemble des signatures enregistrées sur la plateforme pendant la période, toujours selon Bloomberg.
Trente parlements d’État s’emparent de l’eau, du courant et de la facture des réseaux
Data Center Watch dénombre 30 parlements d’État ayant introduit ou adopté des textes, des résolutions ou des décisions de l’exécutif visant les centres de données. Trois sujets reviennent : le lieu d’implantation, la consommation d’électricité et d’eau, et le partage du coût des infrastructures, c’est-à-dire la question de savoir qui paie les lignes et les raccordements construits pour un seul client. Tom’s Hardware, qui a repris ces données le 21 septembre 2026, rappelle qu’en juillet 2026, 142 manifestations contre des projets de data centers d’intelligence artificielle s’étaient tenues le même week-end dans 42 États.
Ce que le décompte ne permet pas de dire
La réserve est importante pour interpréter les 62,6 milliards d’euros. Ni Data Center Watch ni Bloomberg ne ventilent, projet par projet, ce qui relève de l’abandon définitif et ce qui relève d’un simple report. Un projet retardé de dix-huit mois et un projet enterré pèsent ici le même poids dans le total. Le chiffre mesure donc une friction, pas une perte sèche pour la filière : il indique le volume d’investissements annoncés qui ne suit pas le calendrier prévu par ses promoteurs, dans un pays où l’implantation d’un centre de données se décide désormais devant un conseil municipal autant que devant un opérateur de réseau.
