Huawei a avancé de trois trimestres l’arrivée de son accélérateur d’intelligence artificielle Ascend 960DT, mais a annoncé dans le même temps qu’elle ne le vendrait pas largement hors de Chine, faute de capacité. Le SuperPoD présenté à Shanghai contient 4 096 processeurs, contre les 15 488 puces décrites auparavant, et le prix de la génération actuelle a déjà grimpé d’environ 60 %.
« Nous n’avons même pas assez de capacité pour la Chine »
À la conférence Huawei Connect 2026, tenue à Shanghai à la mi-septembre, Eric Xu, président tournant de Huawei, a déclaré à des journalistes, selon Reuters : « Comme nous n’avons même pas assez de capacité pour satisfaire la demande en Chine, nous n’avons pas de plan pour nous étendre au marché international de manière complète. » Il a précisé que l’entreprise continue de fournir des volumes limités à « certains pays où la demande est particulièrement forte », sans les nommer, et qu’elle donne la priorité à ses clients chinois. Il situe à 2030 le moment où la production chinoise rattraperait la demande intérieure en matériel.
Une feuille de route accélérée sur quatre générations
Selon la présentation de David Wang, également président tournant, l’Ascend 960DT est avancé au premier trimestre 2027, soit trois trimestres plus tôt que la feuille de route précédente. La déclinaison d’inférence 960PR suit au troisième trimestre 2027, puis viennent un Ascend 970 en 2028 et un Ascend 980 en 2029. Selon The Register, le 960DT plafonne à 288 Go de mémoire et quatre pétaFLOPS en FP4, soit environ la moitié de la performance FP8 et un tiers de la performance FP4 de la B300 de Nvidia, que Nvidia ne peut de toute façon pas vendre en Chine.
| Accélérateur Ascend | Arrivée annoncée par Huawei |
|---|---|
| Ascend 960DT (entraînement) | Premier trimestre 2027, trois trimestres plus tôt que prévu |
| Ascend 960PR (inférence) | Troisième trimestre 2027 |
| Ascend 970 | 2028 |
| Ascend 980 | 2029 |
Le SuperPoD annoncé est presque quatre fois plus petit que le précédent
Contrepoint relevé par l’analyste Rui Ma et rapporté par TechCrunch : le SuperPoD Atlas 960E présenté cette semaine contient 4 096 NPU, alors que Huawei avait auparavant décrit un Atlas 960 montant à 15 488 puces Ascend 960. « La puce elle-même arrive BEAUCOUP plus tôt, mais le SuperPoD qu’ils ont annoncé est bien plus petit que ce qu’ils avaient présenté à l’origine », écrit Rui Ma. Huawei annonce pour ce pod 8 EFLOPS en précision FP8 et un pétaoctet de mémoire HBM, et revendique une optique en quasi-boîtier avec son moteur Hi-ONE à 7,2 Tbit/s l’unité : 5 500 unités remplaceraient 48 000 modules optiques enfichables 800G, pour plus de 550 kilowatts de consommation en moins et une disponibilité portée à 99,8 %. Ces chiffres sont annoncés par l’entreprise et n’ont pas été validés par un tiers.
La mémoire fixe le prix : environ 60 % de hausse sur l’Ascend 950DT
Le goulet d’étranglement est la mémoire à haute bande passante. Huawei a relevé d’environ 60 % le prix indicatif de sa carte Ascend 950DT, portée au-dessus de 250 000 yuans, soit environ 37 255 dollars ou 34 300 euros, en invoquant auprès de ses clients la tension sur les composants. Côté fabrication, Huawei désigne la capacité de SMIC à monter en cadence sur les nœuds 7 nm et 6 nm comme le facteur qui limite ses volumes.
DeepSeek a commandé 160 000 puces que Huawei ne peut pas livrer
Le décalage entre carnet de commandes et production se mesure sur un client. DeepSeek a commandé 160 000 Ascend 950DT, soit environ 17,76 milliards de yuans, près de 2,64 milliards de dollars ou 2,43 milliards d’euros, pour un data center d’un gigawatt en Mongolie intérieure. Or les pénuries de composants limiteraient la production 2026 du 950DT à 200 000 à 300 000 unités : une seule commande absorberait donc la majorité de l’année. Quant à la configuration à un million de NPU décrite par Huawei autour de son interconnexion UnifiedBus, elle n’a jamais été construite. The Register la qualifie de théorique.
