Le comté de Fort Bend, au Texas, a voté le 22 octobre 2026 quatre accords qui peuvent dispenser de taxes locales pendant trente-cinq ans une usine solaire de 10 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros). Le comté ne s’assure qu’un plancher de 2 millions de dollars par an, et Tesla n’a toujours pas confirmé qu’elle construirait au Texas.
Quatre accords votés 4 à 0, un juge qui s’abstient
Selon Electrek, qui a lu les textes, et selon la chaîne ABC13 Houston, la commissioners court du comté a approuvé le 22 octobre 2026 les points 25A à 25D de son ordre du jour : une exonération dite Chapter 312, un accord d’incitation Chapter 381, un accord de zone franche rattaché à la Foreign-Trade Zone n° 149 de Port Freeport, et un accord dit « true up ». Le vote a été acquis par 4 voix contre 0, Daniel Wong, juge de comté par intérim, s’étant abstenu car son cabinet d’ingénierie a déjà travaillé pour l’industriel. Le projet, nommé « Project Crystal Sun », prévoit une usine intégrée près de Richmond, de l’ingot de silicium au module fini, pour une production visée au premier trimestre 2029.
Dix ans sans taxe de comté sur les équipements
L’accord Chapter 312 exonère 100 % des taxes foncières du comté sur les équipements et biens meubles de l’usine pendant dix exercices fiscaux. Le compteur démarre en 2029 par défaut, mais l’entreprise peut le repousser jusqu’en 2031 sans nouvel accord du comté. Les terrains et bâtiments restent « entièrement imposables à tout moment », selon le texte cité par Electrek, et les paiements en lieu de taxes sur les stocks sont fixés à « zéro dollar ou 0 % ». La demande déposée au titre du programme d’État JETI répartit les 10,1 milliards de dollars en 1,52 milliard d’immobilier et 8,6 milliards d’équipements (environ 7,9 milliards d’euros), soit l’assiette exonérée.
Vingt ans de reversement à 90 %, puis un bonus à 12 000 emplois
De la onzième à la trentième année, l’accord Chapter 381 prend le relais : l’entreprise paie ses taxes d’équipement, le comté lui en reverse 90 % en subvention annuelle et conserve 10 %. Si l’effectif atteint en moyenne au moins 12 000 salariés sur deux années consécutives de la première décennie, les cinq premières années de reversement passent à 100 % et la période s’étire de vingt à vingt-cinq ans, soit la trente-cinquième année de projet. Ce seuil dépasse de 2 288 postes les 9 712 emplois annoncés par l’entreprise, rémunérés 55 dollars de l’heure en moyenne (environ 50,60 euros). L’avantage reste acquis dès 90 % de la cible, soit environ 8 741 personnes.
Des pénalités faibles et un plancher de 2 millions de dollars
Manquer une cible d’emploi une année ne coûte que l’avantage de cette année ; deux manquements consécutifs permettent au comté de résilier. La reprise des taxes exonérées, avec une pénalité possible de 15 %, est réservée aux « manquements substantiels », comme un site abandonné douze mois. Les travaux doivent démarrer avant le 30 juin 2027 et la production régulière de cellules avant le 31 décembre 2030, sauf force majeure ou « retard ERCOT ». L’accord « true up » ne garantit que 2 millions de dollars par an au comté (environ 1,84 million d’euros). Le cabinet Kroll, consultant du constructeur, estime que le projet aurait rapporté 276,5 millions de dollars sur 38 ans sans incitations, avec un pic à 16,2 millions en 2030.
Aucune capacité annoncée, et un État concurrent masqué
Le dossier affirme que l’économie du site n’est « pas compétitive » face à un site d’un autre État sans ces avantages, mais cet État est masqué dans un supplément confidentiel. Aucun document ne donne de capacité de production : le seul grand chiffre est une déclaration d’Elon Musk à Davos en janvier, citée dans la demande, selon laquelle les équipes de SpaceX et de Tesla travaillent « à construire jusqu’à 100 GW par an de solaire aux États-Unis, de solaire fabriqué ». Carlos Guzman, directeur du développement économique du comté, a déclaré à ABC13 que Fort Bend « aurait été écarté de la sélection » sans ces accords. Le volet scolaire, validé en septembre par le district Lamar CISD, attend l’aval du Texas Comptroller.
| Période du projet | Ce que paie l’usine au comté |
|---|---|
| Années 1 à 10 | 0 % sur les équipements, 0 % sur les stocks |
| Années 11 à 30 | 10 % conservés, 90 % reversés en subvention |
| Années 31 à 35 (si 12 000 emplois) | Reversement prolongé, dont cinq ans à 100 % |
| Plancher garanti | 2 millions de dollars par an, environ 1,84 million d’euros |
