99,4 millions d’euros levés pour une usine de 4 GWh par an, mais plus de 6 GWh déjà promis : GM finance des cellules qui n’iront pas en voiture

Conteneurs de stockage par batteries installés en extérieur le long d'une clôture, avec portes d'accès et grilles de ventilation sur la façade.

Peak Energy a bouclé le 21 octobre 2026 une série B de 99,4 millions d’euros menée par GM Ventures, le fonds de General Motors. L’entreprise revendique plus de 920 millions d’euros de commandes et 6 GWh d’engagements clients, pour une seule usine de 4 GWh par an qui n’a pas encore livré sa première cellule.

Le fonds d’un constructeur automobile mise sur le stockage fixe

Le tour, décrit comme sursouscrit par l’entreprise, porte sur 108 millions de dollars, soit environ 99,4 millions d’euros. Il est mené par GM Ventures, avec Maverick Silicon, Infinite Capital, Eclipse, Xora Innovation et LG Technology Ventures. Selon Peak Energy, les fonds doivent servir à étendre la production aux Etats-Unis, à honorer un carnet de commandes supérieur à un milliard de dollars (environ 920 millions d’euros) et à porter la technologie vers les data centers. Kevin McCabe, président de GM Ventures, justifie l’investissement par la perspective d’un stockage sûr et peu coûteux fondé sur des matériaux abondants et approvisionnés sur le territoire américain.

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Ces cellules sodium-ion n’iront pas dans les voitures de General Motors

Le partenariat entre les deux sociétés, annoncé le 23 juin 2026, prévoit que les cellules sodium-ion de nouvelle génération soient développées dans les laboratoires batteries de General Motors, dans le Michigan, que le constructeur en conserve les droits exclusifs de fabrication, et que Peak Energy les intègre dans ses systèmes de stockage. Kurt Kelty, vice-président batteries et développement durable de General Motors, déclarait alors : « Ensemble, nous travaillons à pousser ces avantages encore plus loin avec notre cellule de nouvelle génération. » Selon Electrek, la densité énergétique du sodium-ion reste insuffisante pour un usage automobile et GM ne prévoit pas d’en équiper ses véhicules : un constructeur finance donc une filière qui ne roulera pas.

Une usine de 4 GWh pour plus de 6 GWh déjà promis

L’outil industriel reste à démarrer. L’usine de Sacramento, en Californie, annoncée en juillet 2026, couvre 183 000 pieds carrés, soit environ 17 000 m², pour un investissement d’environ 71 millions de dollars (65,3 millions d’euros) et une capacité annoncée de 4 GWh par an. Les premières livraisons sont attendues au premier trimestre 2027. L’entreprise a obtenu en mai 2026 un crédit d’impôt californien de 10,5 millions de dollars, environ 9,7 millions d’euros, pour soutenir cette extension.

En face, Peak Energy revendique plus de 6 GWh d’engagements clients jusqu’en 2030, dont 4,75 GWh avec Jupiter Power, 1,5 GWh avec Energy Vault et un accord avec RWE Americas. Soit plus d’une année et demie de production de Sacramento déjà réservée avant la première cellule sortie de ligne. Le seul système de grande taille déployé à ce jour par l’entreprise se trouve à Watkins, dans le Colorado, et affiche 3,5 MWh, mille fois moins que la capacité annuelle visée.

Les 20 % d’économie ne sont annoncés que par le fabricant

L’argument commercial repose sur le refroidissement passif : les systèmes de Peak Energy se passent de la climatisation active qu’exigent les batteries lithium-fer-phosphate. L’entreprise revendique une réduction de 20 % du coût de l’énergie stockée par rapport aux systèmes conventionnels, une disponibilité garantie supérieure à 99 % et la suppression de la maintenance programmée. Elle avance aussi un gain théorique pouvant atteindre 2 TWh par an d’énergie aujourd’hui consommée par le refroidissement des parcs de batteries. Aucun de ces chiffres n’est issu d’une mesure indépendante publiée : ils sont annoncés par le fabricant.

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La demande des data centers, moteur affiché de l’opération

Kenneth Safar, directeur général de Maverick Silicon, cite la montée des besoins électriques des infrastructures d’intelligence artificielle comme élément déterminant de l’investissement. Landon Mossburg, PDG et cofondateur de Peak Energy, indique que ce capital doit accélérer le passage à l’échelle. Pour un exploitant de data center, l’intérêt du sodium-ion tient moins à la densité énergétique, secondaire quand les batteries sont posées au sol, qu’au coût d’exploitation et à la sécurité. Reste que la démonstration industrielle ne commencera qu’en 2027 et que les économies annoncées devront être constatées en exploitation.

ElémentValeur annoncée
Série B, 21 octobre 2026108 millions de dollars, soit 99,4 millions d’euros
Carnet de commandes revendiquéplus d’un milliard de dollars, soit environ 920 millions d’euros
Engagements clients jusqu’en 2030plus de 6 GWh
Capacité de l’usine de Sacramento4 GWh par an
Investissement usine71 millions de dollars, soit 65,3 millions d’euros
Premières livraisonspremier trimestre 2027
Plus gros système déjà déployé3,5 MWh à Watkins, Colorado

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